Archives pour la catégorie Eric Rochant

Anna Oz – Eric Rochant – 1996

29. Anna Oz - Eric Rochant - 1996« Nous vivons ses rêves »

   5.7   Chouette film. Tantôt léger et ludique, tantôt déroutant et distingué. Comique et thriller s’immiscent élégamment dans ce curieux labyrinthe onirique, mais sans pleinement s’offrir, au point qu’on ne sait parfois pas ce qui tient du rêve ou du réel, si Paris rêve de Venise ou l’inverse. Le rêve parfois semble plus réel que le réel. Les dimensions se chevauchent mais sans épate, twist ou climax particulier. C’est très étrange. Et Venise (terre de l’insondable, au cinéma) y tient une place majeure, quasi aussi énigmatique que dans Don’t look now, de Nicolas Roeg. Anna de Paris rêve donc chaque nuit d’Anna de Venise. Et bientôt ce double va tenter de la tuer. Ramifications, convergences, échos en tout genre, le film joue constamment avec toutes les possibilités que lui offre le récit. Un œil en convoque un autre, puis une tâche de sang, un doigt, un couteau, une tarte aux quetsches, un personnage, une situation. Délire stimulant mais ça manque un peu d’émotion en ce qui me concerne.

Le bureau des légendes – Saison 1 – Canal+ – 2015

11407036_10152962216222106_1525682781981198622_nDans l’œil du cyclone.

   7.5   C’est un grand récit d’espionnage, à raison d’agents doubles, de missions secrètes internationales, de recrutement poussé, de test d’intégrité, d’infiltrations, de surveillances en tout genre. C’est d’une telle richesse, d’une telle complexité, ça frise parfois l’hermétisme, avec ces tunnels de dialogues qui succèdent aux longs entretiens en trompe l’œil. Et la construction est étonnante, variant les points de vue, les fonctionnements narratifs, les ellipses. Clairement ce que Rochant a fait de mieux depuis Les patriotes. Au-delà de cette impression positive je n’oublie pas aussi m’être régulièrement désintéressé du récit à de nombreuses reprises, sans doute car format aidant, j’ai la sensation qu’elle se disperse trop ;  c’est assez inégal, surtout au début, il faut réussir à y entrer.  Car paradoxalement je trouve que ça manque de grandes séquences, qui te restent, te collent à la peau. La série joue tellement peu la virtuosité et c’est tout à son honneur, qu’elle en devient parfois monotone. J’ai un peu pensé au Carlos de Assayas, qui lui justement se permettait ce grain de folie, se laissait gagner par l’étirement et l’énergie de sa mise en scène. Ça se regardait aisément d’une traite, Le bureau des légendes, moins, déjà. Mais je reste impressionné globalement par la densité de la chose, autant dans la caractérisation des personnages que dans l’écriture narrative. Tu sens le travail de fourmi en amont. Mais surtout, je trouve la série assez touchante, je pense que c’est là-dessus qu’elle est venue me cueillir. Moins par sa truculence et sa multiplicité donc que dans l’intimité qu’elle parvient à saisir de certains personnages, notamment Malotru (Mathieu Kassovitz) amoureux d’une libanaise (qui a est aussi pleine de secrets) sous son identité de légende, qu’il va revoir à Paris ce qui est formellement interdit dès que la mission est achevée. La série creuse aussi minutieusement ses rapports distants avec sa fille qu’il n’avait pas vue depuis six ans, pendant qu’il était en mission à Damas. Cette manière de tout resserrer sur l’intimité du personnage crée une identification forte. Il y a aussi Marina Loiseau (Sara Giraudeau) une jeune sortante de polytechnique, que l’on forme violement (à toute forme de résistance) avant de l’envoyer sur le terrain en Iran. Immense personnage. Et l’actrice est formidable, elle réussit merveilleusement à jouer la maîtrise et la candeur sans que l’on y décèle fausseté ou performance. C’est finalement cette part formatrice de la peinture de la DGSE qui me fascine vraiment dans Le bureau des légendes, moins ce qui tourne autour de Cyclone, un de leurs agents enlevé en Syrie. La fin est mortelle, surtout qu’elle annonce clairement le début d’autre chose ; La fin de l’affaire Cyclone, mais l’ouverture sur une infinité de possibles. Hâte de retrouver cette petite équipe secrète (Malotru, Pépé, Mémé, Moule à gaufres, Rim, Marie-Jeanne…) dans une prochaine saison.

Möbius – Eric Rochant – 2013

Möbius - Eric Rochant - 2013 dans Eric Rochant     5.4   La partie mélo est belle. La partie espionnage, moins. Curieux. Je suis probablement l’un des seuls mais j’ai trouvé ça pas mal. Alors évidemment juste pas mal, car on est bien loin du grand Rochant, croisé avec Les Patriotes, le film est parfois confus, un peu mal branlé, parsemé d’invraisemblances et mécanique, mais j’aime malgré tout son tempo, sa sensualité et la relecture libre du Notorious d’Hitchcock.


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silencio


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