« Enfin je sais pas, enfin peut-être »
6.0 Toutes les habitudes et tous les tics chers au duo Toledano & Nakache se trouvent déjà dans ce film, très attachant, qui va bientôt avoir vingt ans. C’est un cinéma de vignettes. Mignon et complètement inconséquent. C’est drôle car on a souvent lu qu’il cartographiait bien une colonie de vacances. Mais c’est un peu comme le mariage dans Le sens de la fête ou les séances de psy dans En thérapie, c’est absolument tout sauf une chronique réaliste. On ne croit en rien. Ni en cette colo, ni en ces animateurs, ni en ces gamins, dressés la plupart du temps sur un trait de caractère ou personnalité (l’hyperactif, l’intellectuel, la malchanceuse…) ou sur un arc narratif grossier à l’image de Caroline, la timide qui va exploser ou de Guillaume, le gamin relou qui finira tombeur ou de Mr Pichavent, le père-psychiatre inquiet qui va s’improviser assistant sanitaire. C’est n’importe quoi. Franchement, comment croire, ne serait-ce qu’une seconde, à la véracité de cette sympathique caricature ? Pour moi la dernière scène, quatorze ans plus tard vient confirmer cette absurdité permanente. C’est une pure farce, jamais une chronique. Et je pense que c’est ce qui manque à ce duo, c’est de plonger dedans à fond, d’y mettre davantage de folie. Sans doute veulent-ils gagner sur tous les tableaux… à raison puisque ça marche ! C’est leur premier petit succès puisqu’ils réunissent un million et demi de personnes en salle, avant d’exploser avec le sirupeux Intouchables. Quoiqu’il en soit, ce qui est très réussi, à mon humble avis, dans Nos jours heureux (et peut-être plus encore dans Le sens de la fête) c’est le tempo du film, l’écriture alambiquée de chaque situation, le timing d’une scène à l’autre, ses enchaînements de saynètes. C’est vraiment très agréable à regarder, la mécanique est bien huilée. Et puis ça me fait régulièrement beaucoup rire, moi, notamment grâce à Rouve, Timothy et le chauffeur de bus.



4.