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Cigarettes et bas nylon – Fabrice Cazeneuve – 2011

Cigarettes et bas nylon – Fabrice Cazeneuve – 2011 dans Fabrice Cazeneuve 21.-Cigarettes-et-bas-nylon-Fabrice-Cazeneuve-2011-300x200

      5.1   Voilà un film où il manque clairement une mise en scène, ou plutôt un chef opérateur, un film bourré de défauts mais aussi de très bonnes intentions. C’est un téléfilm et tout de même, de fictions télés si soignées on en voit peu. Le problème réside peut-être dans la lumière, tant tout respire le studio alors que l’attention portée à l’environnement est paradoxalement intéressante. Le film est divisé en deux parties et comme souvent l’une d’elles est surprenante, la première, quand l’autre, bien qu’attachante, est plus attendue, plus mélancolique. Cigarettes et bas nylon semble avant tout raconter l’histoire de trois femmes françaises qui se côtoient dans une base militaire américaine en fin de seconde guerre mondiale, avant de s’envoler pour l’Amérique, parce qu’elles ont en commun de s’être mariées avec un soldat américain. La première partie raconte ces quatre jours dans un camp cigarettes en Normandie, où prêtent à conquérir l’american dream, ces filles se plient aux enseignements rapides de la langue, de l’hymne et des bonnes manières outre-atlantiques. Fabrice Cazeneuve réussit à filmer le groupe, même si l’on se dit qu’un Bonello (L’Apollonide) aurait fait quelque chose d’incroyable, vivant et ambiancé. Là, on exagère les bons mots bien écrits, l’humour, la vie circule dans l’image mais presque jamais hors-champ, c’est dommage. Malgré tout, j’y suis attaché à cette première partie. Même si au bout de quarante minutes, alors qu’elle s’achève et que le film choisit de quitter le groupe pour se concentrer uniquement sur cette femme dont on lui apprend qu’elle ne part plus puisque son américain est mort, je sais que le film va s’essouffler. Pourtant, il naît des liens très forts entre ces nouvelles mariées et la deuxième partie, beaucoup plus épistolaire, est plutôt réussie. Et j’aime beaucoup la fin, j’en avais pourtant peur. L’idée même de finir sous forme de happy end me terrifiait. Mais c’est un happy end contourné, où l’on ne dit pas que le rêve américain est impossible (il l’est si la femme est réduite à l’état d’objet, voire celles de 1918 qui ont « réussi ») mais qu’il est souvent modifié, qu’il peut fonctionner là où on ne l’attend pas. Il ne prend pas la forme d’une famille bourgeoise et d’un drapeau étoilé à la fenêtre mais d’un grand sourire arboré, balles de jonglages en main. Cette deuxième partie de film est passionnante dans la jalousie que la jeune femme au centre se voit affublé. Elle y croit encore à ce rêve américain, puisqu’il n’est encore qu’illusion, il n’est pas concret. Et lorsqu’elle quitte le sol français dans l’espoir de le conquérir directement là-bas, la réalité lui éclate à la figure. Le happy end ne sert pas à grand chose sinon à prouver que l’Amérique n’est pas plus une terre d’accueil qu’ailleurs, comme les femmes de 40 l’imaginaient, mais qu’elle recèle aussi, comme en France, comme partout, de rencontres, de surprises.

 


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Auteur:

silencio


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