Archives pour la catégorie Fargo

Fargo – Saison 3 – FX – 2017

20. Fargo - Saison 3 - FX - 2017Calculs meurtriers.

   5.5   Il y a des choses réjouissantes dans cette troisième saison, comme les présences de Mary Elizabeth Winstead et Carrie Coon, la féline et l’investigatrice (parfaites toutes les deux) mais aussi celle d’Ewan McGregor dans un double rôle puisqu’il campe deux frères jumeaux que tout oppose (L’un est un riche businessman faisant fortune dans les parkings quand son frère est une petite frappe pathétique pas même capable de voler un timbre) et qui vont être au croisement, macabre et improbable (La série joue trop à faire comme le film, dire que les faits se sont déroulés dans le Minnesota bla bla bla, c’est vite lassant) de chacune des storyline. A l’instar de l’imperturbable Lorne Malvo (Billy Bob Thornton, Saison 1) la série renoue avec le méchant ultime, ici un investisseur opportuniste aux relents nazis, qui use de grimaces, fausses gentillesses et menaces chelou (Curieuse façon de pisser dans une tasse de café, franchement) pour parvenir à ses fins, si fins il a. Il est un peu à l’image de cette saison : Grandiloquent, glacial, arrogant et finalement un peu vain. C’est un peu ce que Fargo a tendance à devenir, je trouve. Ça se le pète beaucoup pour pas grand-chose avec sa photo grisâtre et ses partis pris lourdingues – l’introduction de l’épisode 4 et les instruments pour chaque personnage, au secours. Ça pourrait être un très beau jeu de massacre (façon Banshee) mais ça veut tellement être au-dessus de la mêlée. On reste toutefois dans un show de qualité (qui se mate plus qu’agréablement) ne serait-ce que via certains personnages secondaires : Le bras droit de Vargas, l’homme à tout faire d’Emmit Stussy ou l’entrée tardive mais fracassante du personnage sourd et compagnon de cavale de Nikki. Mais pas sûr que j’en garde grand-chose.

Fargo – Saison 2 – FX – 2015

32L’indomptable langage.

   7.5   C’est une excellente saison, addictive, impressionnante. Et parfaite. Trop parfaite sans doute pour s’imposer durablement dans les mémoires et lui offrir un jour un deuxième visionnage. Je veux dire par là qu’il y a dans ce maelstrom de perfection une grande maitrise qui impose forcément une certaine froideur, une distance. Mais c’est un avis à froid, longtemps après avoir vu le très flottant épisode final, anti-spectaculaire au possible, mélancolique, funèbre.

     Avant cela la série aura tout de même provoqué la jubilation et la sidération. C’est une peinture du Minnesota 70’s bien puante, transpirant les règlements de compte imminents entre gangsters et comme c’est souvent le cas chez les Coen, ce sont deux mondes qui entrent en collision, et donc un boucher qui s’invite malgré lui, avec sa femme (incroyable Kirsten Dunst) dans une spirale infernale, violente et Camusienne.

     L’épisode 8 notamment me semble assez parfait en tant qu’apogée de ce à quoi la série tendait jusqu’ici. J’ai vraiment l’impression de voir un truc que les Coen ne feront plus. Quelque chose que certes ils ont déjà fait et souvent en mieux (Fargo, inutile de chercher plus loin) mais qui reprend le flambeau avec une élégance tonitruante. Et puis l’unité de lieu me fascine dans cet épisode parfait, en gros : la maison, le bar, la station-service, le chalet.

     En l’état, je préfère cette saison à la première tant il me semble qu’elle trouve une vraie cohésion dramatique et historique que n’avait pas l’autre, qui s’inscrivait dans le prolongement du film des Coen. Là on se laisse facilement emporter par l’enthousiasme. Alors certes on pourra toujours trouver que la série est parfois un peu trop consciente de sa virtuosité, chose qu’on ne ressentait pas chez les Coen qui jouaient moins sur une sensation de maitrise que de vertige, mais ce serait de refuser que virtuosité peut aussi rimer avec style.

     Là on voit bien que les créateurs se savent libres de ne pas trop en mettre puisque sur le peu qu’ils offrent ils le font à merveille. Mais j’aime bien cette épure. D’autant que ça ne l’est pas trop dans les enchainements, aussi délirants soient-ils comme ces brèves apparitions extra-terrestres, le carnage de l’épisode 9 ou Kirsten Dunst et son couteau de cuisine. Tout le passage où l’on entre, avec elle, dans le (faux?) film avec Reagan, même si l’on sait où ça va nous mener, c’est tellement fort. Ça résume assez bien ce que je pense de cette saison : On connait le chemin mais c’est fou ce qu’on l’aime. Et puis je suis fan de ces nombreuses friandises de bon goût comme ces délicieux et gratuits Split screen.

Fargo – Saison 1 – FX – 2014

28.-fargo-saison-1-1024x767Parasite murder.  

   7.0   Qu’allait être ce nouveau show FX produit par les Coen, arborant le titre du chef d’œuvre des frangins ? J’étais fébrile mais plutôt confiant, d’autant que j’en avais entendu beaucoup de bien. Et je savais Fargo capable d’aller plus loin, j’ai toujours trouvé que c’était un film qui en gardait sous la pédale, à bon escient. J’aime sa sécheresse, son caractère elliptique, ses mystères. Mais pourquoi pas. Un peu plus de folie, de cinglés, d’absurde, de neige (il m’en faut peu je me rends compte).  Sur bien des points, la série a comblé mes attentes. Pas haut la main, mais à l’aise, disons, par petites touches. Déjà il faut dire qu’on a là une création de qualité, soignée, post Breaking Bad, en somme. C’est ambiant, subtil et jouissif comme on aime. Avec en chef de file des bonnes idées, un méchant hallucinant, sorte de monstre doux, en roue libre. Tu voudrais soit changer de trottoir en regardant tes pieds ou lui faire un câlin tellement il est génial, c’est selon. Immense Billy Bob Thornton. A lui seul la série tient désormais une place de choix dans les polars dingo. Il y a d’ailleurs lui et les autres, c’est un constat un peu désarmant mais c’est ainsi. On le cherche beaucoup au début. Après, il y a surtout deux séquences marquantes : Une lente poursuite dans un brouillard bien épais et une fusillade hors champ. On peut trouver ça clinquant, moi j’adore. Je trouve que la série, dans ces instants violents et détachés (ajoutons-y la scène de l’ascenseur) s’extirpe parfaitement de la zone de confort que le film lui offre trop volontiers. Il y a aussi une discussion entre Lorne Malvo et le gérant du restaurant, Lou Solverson. L’écriture y est sublimée. Malgré la belle impression qu’elle me laisse, je trouve que la série avec ces éléments mis bout à bout, souffre de la comparaison avec un True Detective, autre anthologie sortie cette année, bien qu’une fois encore je me répète, je trouve ça largement qualitatif. Mais sans doute pas assez radicale à mon goût je pense, trop certain de son impact, manque de prise de risque, trop explicative aussi, cartésienne. True Detective était imprévisible et déceptif, c’était sa force. Fargo est imprévisible, certes, mais reste confortable. Pas suffisamment fou pour susciter la fascination. Je conseille néanmoins à tous d’y jeter un œil. Encore davantage à ceux qui n’adorent pas le film des Coen d’ailleurs.


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silencio


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