Archives pour la catégorie Fatih Akin

In the fade (Aus dem nichts) – Fatih Akin – 2018

12. In the fade - Aus dem nichts - Fatih Akin - 2018Head off.

   4.5   J’étais assez curieux de voir le nouveau Fatih Akin, qu’on a beaucoup trainé dans la boue depuis son passage cannois et sa sortie il y a pile un an. Les gens s’accordaient au moins sur une qualité : L’interprétation de Diane Kruger. Et en effet elle donne de sa personne, de ses cris, de ses larmes. Disons que tout le film repose sur sa douleur extrême et qu’elle la joue à merveille. Le reste est souvent embarrassant mais pas si honteux qu’on le dit. En fait je ne suis pas surpris de ce revirement critique à l’encontre de Fatih Akin puisque son cinéma m’a toujours semblé surestimé. Déjà avec les beaux Head on et De l’autre côté, je trouvais qu’on en faisait un petit peu trop. Il était l’étendard d’un cinéma qui raconte l’émigration turque en Allemagne, c’est vrai, mais il ne le faisait déjà pas avec beaucoup de subtilité. Et puis il y eut Soul Kitchen, qui respirait la parenthèse comique. Je pense au contraire que le message était clair : las de cette posture d’auteur qu’il s’était infligé, Akin voulait faire du cinéma de genre, comme ce fut le cas avec la comédie (et c’était gentiment raté, mais totalement inoffensif) et cette fois avec une ambition plus imposante, en nouant dans un même film drame familial, film de procès et revenge movie. Le tout saupoudré d’un cadre antinazi tout à fait inattaquable, mais tellement surligné à gros traits que ça confirme ce que je pensais avant : Akin est quand même un gros bourrin. Tout sera donc hyper lourd, à l’image des parents et des beaux-parents antipathiques, de l’avocat de la partie adverse un peu nazi sur les bords, d’une scène de tentative de suicide ridicule, d’une scène de petit oiseau encore plus ridicule. Et le tout sera bien entendu exploité en trois parties bien illustratives, renommées La famille, La justice, L’eau mais qu’on pourrait plutôt décrire ainsi : La douleur, L’injustice, La vengeance. Le début est d’une violence tellement inouïe et la caméra tellement collée à cette veuve que t’es obligé de chialer avec elle. Le procès démarre fort mais s’effondre assez vite dans le grotesque et une injustice qu’on sent pointer à des kilomètres. Et le final n’a malheureusement plus grand intérêt. En définitive, je me demande si mon Akin préféré ne reste pas le méconnu Julie en juillet.

Julie en juillet (Im Juli) – Fatih Akin – 2000

2792636027_small_1Engrenages.

   6.0   Fatih Akin est un cinéaste archi surestimé. De l’autre côté – sa consécration – c’était pas mal mais on sentait tous les rouages, c’était un pur film de scénario, de festival en somme. Avec Im Juli, son deuxième long métrage, forcément plus approximatif, Akin me semble plus en phase avec son style, qu’il retrouve un peu dans Soul Kitchen, comédie gastronomique forcée, assez pénible. Un style qui s’épanouit mieux dans la légèreté voire la farce. La dernière scène improbable ici est un pur moment de grandiloquence délicieuse mais apaisée, tant le film n’est qu’une  inoffensive comédie romantique qui voyage entre l’Allemagne et la Turquie. Deux pôles qui constituent le fil rouge du cinéma de Fatih Akin, allemand d’origine turque. Sa réussite c’est son mouvement. La générosité avec laquelle le film ne cesse de bouger, osant les rebondissements, les séquences impossibles, à la manière d’un De Broca ou d’un Rappeneau à son meilleur – Le sauvage. Akin est moins sérieux. C’est très drôle, très agréable. Un pur film d’ado en fausse révolte. Etendard du bon goût roots et sorte de chainon manquant entre Trainspotting et L’auberge espagnole. Films générationnels aurait-on dit jadis. Le genre de truc que j’aurais adoré sans mesure il y a quinze ans et auquel je reste malgré tout attaché aujourd’hui parce qu’il fait partie d’une certaine projection utopique de mon adolescence. Histoire d’amour qui se dédouble, d’identité malmené, de signes en tout genre, voguant entre Berlin, Budapest, La Roumanie (au moyen d’un album photos Akin n’ayant pas eu l’autorisation d’y tourner), d’un trou bulgare vers Le Bosphore à Istanbul en pleine éclipse solaire d’été 99. Road movie à la cool, solaire et tendre à l’image de l’actrice jouant Julie. 


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