Archives pour la catégorie Francois Ozon



Sous le sable – François Ozon – 2001

under the sand5La disparition.

     6.5   Il y a les films de deuil (Après lui, Shara, La chambre du fils…) qui mêlent lente agonie et espoir enfoui et il y a les films de disparition (L’avventura, A propos d’Elly, Sous le sable…) où il ne peut justement y avoir deuil tant qu’il n’y a pas réalité matérielle. Dans les deux premiers films de ma seconde parenthèse plane, logiquement, la possibilité d’une disparition accidentelle ou planifiée. Une mort injuste ou la volonté de se faire passer pour mort afin de changer de vie. Sous le sable déploie davantage car il y a aussi la possibilité que cet homme se soit suicidé. C’est même ce qui semble peu à peu être le plus plausible (médicaments douteux à l’appui). Il y a au moins une scène formidable dans le film c’est la rencontre avec la belle-mère, soit la mère du disparu. C’est un échange difficile qui en dit long sur l’instabilité – au sens entente fantaisiste – du couple. L’idée d’un départ volontaire n’a pas effleuré l’esprit de cette femme et pourtant c’est bien ce que lui assène sa belle-mère, qui voyait en son fils un être malheureux dans son couple. Auparavant nous observons cette femme qui ne pratique aucun deuil. Les quelques échanges avec des amis laissent penser que la vie a repris son cours. Elle semble aller mieux même si elle continue de parler de son mari au présent. Elle continue de vivre avec, se l’imagine, parle avec lui, n’a rien changé dans sa vie. Jusqu’à ce que le drame tant attendu pointe le bout de son nez : un corps a été repêché et pourrait très bien correspondre au signalement initial de cette femme, qui n’a désormais probablement plus envie de connaître la vérité. Ces larmes finales sur la plage peuvent vouloir dire deux choses : soit ce sont des larmes de joie, le corps retrouvé n’étant vraiment pas celui de son mari elle va continuer de vivre à ses côtés, de l’imaginer. Soit ce sont des larmes de joie mitigée, où pour ne pas sombrer cette femme s’est convaincue d’un mensonge. Son mari serait bien celui retrouvé, mais elle se serait persuadée du contraire afin de préserver l’entente éternelle avec son fantôme. J’aime l’idée d’une manière générale, c’est un film d’Ozon qui me parle, plutôt rare. Malheureusement il y a ça et là des choses plus grossières comme cette scène de visite d’appartement qui donne sur un cimetière. Comme souvent Ozon s’étouffe sous ses symboles, son film en pâtit. Heureusement qu’il a une actrice, superbe Charlotte Rampling. Heureusement qu’il a un lieu, Les Landes, car se faire bercer durant une bonne partie du film par le bruit des vagues c’est un point très positif, en ce qui me concerne.

Le refuge – François Ozon – 2010

Le refuge - François Ozon - 2010 dans Francois Ozon

Summer son.    

   4.0   Le refuge ressemble à un film bâclé, qui ne laisse pas le temps aux personnages de s’incarner, qui ne profite d’aucun de ses moments intéressants. Isabelle Carré était vraiment enceinte pendant le film, pourtant c’est un film qui fait toc. Je ne crois absolument à rien, à aucune rencontre, à aucun choix. Il y a pourtant quelque chose qui aurait pu me plaire c’est la relation entre Mousse et Paul. Cette relation paraît sinon impossible au moins improbable. Il y a une fascination mutuelle qui s’opère entre cette fille et le frère de son petit copain mort. Elle ne se drogue plus mais plane toujours et refuse tout sentimentalisme à l’égard de sa condition. Il est homo et vit son truc de son côté. Que les deux s’exposent à une attirance relève presque du fantastique. Ozon aurait dû exploiter cette relation un maximum. On sait qu’il y a le fantôme de Louis derrière eux, à chaque seconde, mais il est beaucoup trop présent ici et nuit au développement intime de ses personnages.

     Il y a une rencontre dans le film qui est à l’image du plantage. Une rencontre rohmérienne, avec Marie Rivière. Là aussi tout sonne faux. Ozon s’en débarrasse trop vite. Comme s’il voulait s’en servir pour ne pas nous perdre, nous rappeler que la relation entre cette fille et le bébé qu’elle porte est particulière. Pour nous rappeler que Mousse se réfugie, qu’il ne faut pas chercher à la comprendre. J’ai détesté cette séquence. D’ailleurs, même cette idée de refuge ne perce pas. Celui de la drogue dans un premier temps, où l’on découvre Mousse et Louis en junkies invétérés. Même problème, ce début de film n’est pas du tout convaincant. Il y a le refuge toujours concret de l’endroit recherché pour le repos, cette maison en bord de mer. Là aussi j’aurai adoré y voir des fuites, le cinéaste pouvait se servir du cadre, des dunes, de ses plages. Puis il y a le refuge principal, celui qu’on ne voit pas vraiment sur le visage de Mousse malheureusement – excepté dans cette scène en boite de nuit, plutôt pas mal – c’est celui d’une solitude, d’une extase, d’une fusion convoitée entre elle et son bébé. Entre elle et le nouveau Louis.

     Il y a cet homme en moitié de film que Mousse rencontre. Séquence totalement détachée. Elle est assise à la terrasse d’un café. Il vient l’accoster. Il lui dit qu’il a une chambre avec une vue imprenable sur l’océan. Elle lui demande si les femmes enceintes l’excitent. Il lui répond que oui sauf s’il est le père. Elle le suit dans sa chambre. Ils ne font pas l’amour. Il s’installe derrière elle et la berce. Cette scène n’a pas grand chose à faire ici mais elle est intéressante car je crois tout simplement que cet homme c’est Ozon. Enfin, son personnage. Que pour une fois il nous parle de lui. Pas trop tôt.

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silencio


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