Archives pour la catégorie Georges Lautner

Mort d’un pourri – Georges Lautner – 1977

04. Mort d'un pourri - Georges Lautner - 1977A cause d’un assassinat ?

   4.9   Un polar qui démarre fort, avec Ronet, un député qui demande de l’aide à Delon, un ami PDG après avoir tué un collègue qui lui imposait de démissionner sous peine de révéler leurs affaires de corruption. Une histoire de parlementaires, pots de vin, chantage et meurtre. On croit en quelque chose de très simple mais le film vise les entrailles de la politique avec ses machinations, complots et règlements de compte et va dès lors, aligner les rebondissements et cadavres de plus en plus gros avec des idées de mise en scène pas toujours reluisante, voire parfois à la limite du frisson de la honte – La mort de Stéphane Audran, en caméra subjective, par exemple, qui ferait sourire ou se cacher n’importe quel fan de giallo. Delon et Lautner avaient déjà tourné ensemble dans le raté Seins de glace (1974). Mort d’un pourri se rêve en Parallax view à la française, sauf que d’une, Lautner n’est pas Pakula, deux, Delon est un acteur-producteur alors trop influent pour ne pas vampiriser le projet, qui semble avoir échoué dans les mains de Lautner comme ça aurait pu échoir chez un autre. Et le film s’en ressent, il manque de personnalité, de tentatives, trop occupé qu’il est à multiplier les situations lourdingues. Le double désir de faire renaître le polar et jouer sur la corde populaire (Un casting hallucinant : Delon, Ronet, Audran donc, mais aussi Darc, Bouise, Aumont, Guiomar et même Klaus Kinski et Ornella Muti. De quoi attirer les foules et parfaire son climat de fresque opératique) crée une étrange dynamique, tour à tour inspirée (Dans sa succession de fuites) et décevante (L’amplitude du roman de Jean Laborde et l’écriture d’Audiard semblent trop fortes pour la mise en scène). Mais c’est pas mal.

Le Septième Juré – Georges Lautner – 1962

14409459_10153987813852106_3372132431680569891_oNous sommes tous des assassins.

   7.0   Grégoire Duval, pharmacien respectable, passe son dimanche en famille, aux abords d’un lac. Lors de sa promenade digestive, il aperçoit une jeune prostituée qui bronze seins nus, seule sur une petite plage. Il l’étrangle. En un instant, le petit pharmacien sans histoire devient un assassin. Étonné de n’éprouver ni peur ni remords, Duval reprend sa vie monotone, entre sa boutique et les soirées en compagnie des notables de la ville. Quelques jours plus tard, le pharmacien apprend que la police a arrêté un suspect, et qu’il est sur la liste des jurés pour le procès aux assises (Synopsis tronqué trouvé sur le site d’Arte).

     Je ne voulais pas trop en dévoiler mais pour en parler un peu, il vaut mieux dire de quoi le film regorge dans ses dix/quinze premières minutes. Et pour être plus précis il faut aussi dire que Le septième juré, au début comme ensuite, utilise beaucoup le procédé de la voix off introspective. Nous sommes donc Grégoire Duval. Méprisant, désenchanté, il rejette autant sa condition de petit provincial (Le film se déroule entièrement à Pontarlier) que l’humanité toute entière. C’est le boucher, de Seul contre tous, trente-cinq ans plus tôt. Mais à la terreur froide placardée chez Noé, Lautner trouve un modèle idéal, cynique et émouvant, pour incarner ce type lambda qui bascule. Et Bernard Blier est absolument incroyable, je ne l’avais jamais vu ainsi ; Il est du niveau de Bourvil dans Le miroir à deux faces, et de Cayatte on n’est pas loin, ici.

     Si la partie procès est moins puissante que ne peuvent l’être les premiers instants du film (Et son étrange ambiance onirique alors qu’on sait le drame sur le point de se produire) elle permet de comprendre vers quel échafaud le récit autant que Duval se dirigent, de façon aussi mystérieuse que grossière : En gros, Duval ne veut pas condamner un innocent. Et plus le procès s’allonge, plus il parvient à disculper le « faux assassin » que les autres jurés s’étaient empressés, à la manière de 12 angry men, de lui mettre la corde au cou. Le film devient une charge ahurissante contre les petites bourgades et les institutions judiciaires, qui plus est dans son dénouement, que je ne révèlerais pas mais qui file franchement la chair de poule. A ce jour, le meilleur film vu de Lautner avec On aura tout vu mais difficile de les départager tant ils sont incomparables. 

Flic ou voyou – Georges Lautner – 1979

Flic ou voyou - Georges Lautner - 1979 dans Georges Lautner     2.6   Si on enlève Belmondo il reste quoi ? Absolument rien. C’est un film navrant à tout point de vue. Mais voilà, il y a Belmondo et faut reconnaître qu’il sauve bien quelques situations. J’avais vu ce Lautner il y a longtemps et complètement oublié. Je vais encore l’oublier je crois.

Les tontons flingueurs – Georges Lautner – 1963

Les tontons flingueurs - Georges Lautner - 1963 dans Georges Lautner     5.0   Mieux que dans mes souvenirs, nettement plus agréable. Le film vaut évidemment surtout pour ses quelques répliques bien senties et ses acteurs qui s’en donnent à cœur joie dans le cabotinage. C’est un chouette divertissement du dimanche soir, rien de plus mais c’est déjà pas mal. La copie blu ray est jolie même si elle accentue vachement les (mauvaises) ombres.


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silencio


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