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Godless – Mini-série – Netflix – 2017

19. Godless - Mini-série - Netflix - 2017Avant le calme, la tempête.

   7.5   Godless reprend tous les codes du western tout en délivrant un récit multiple passionnant, faisant se chevaucher la cruauté de son contexte (Une ouverture terrifiante) et l’ambivalence de chacun de ses personnages. Il n’y a que ce format (série) qui permet de ratisser si large, de suivre suffisamment chacun d’eux et comprendre ce qu’ils traversent. D’autant que Scott Franck – scénariste de Minority report et Logan – ici créateur, scénariste et réalisateur, est appliqué, respectueux mais pas ronronnant pour autant. Il y a par ailleurs une liberté totale dans la gestion du temps de diffusion, avec ces sept épisodes oscillant entre quarante et quatre-vingt minutes.

     Ce qui saute vite aux yeux ce sont surtout les très beaux rôles féminins, puisque c’est aussi le sujet, le cœur de Godless : LaBelle, où se réfugie Roy Goode, hors-la-loi blessé recherché par son mentor qu’il a trahi, est une bourgade du Nouveau Mexique qui a jadis perdu ses hommes dans un tragique accident minier. Ce qui en fait une ville minière gérée par des veuves. Et si leur histoire peut d’abord sembler parallèle à celle de Griffin & Goode, c’est leurs terres à ces dames de La Belle, qui sera le théâtre d’un règlement de compte final sanglant. C’est sans doute un peu trop téléphoné, d’ailleurs, un peu trop attendu pour agir en miroir du cruel carnage introductif.

     C’est donc aussi le récit d’un duel : Une banale histoire de trahison d’un fils à son père adoptif, donc la mise en marche d’un jeu de cache-cache et d’une vengeance sanglante. Mais c’est en dressant le portrait de villes et ranchs que ces deux-là traversent et donc de multiples très beaux personnages, que la série va s’extirper de cette banalité. Et gagner en fulgurances intimes ce qu’elle perd en promesses sociologiques : La menace de La Belle par le représentant masculin d’une compagnie minière est vite évincée par exemple.

     Au rayon des beaux personnages masculins, on retient surtout ce shérif maudit, qui rumine la mort de sa femme en couche, et qui est bientôt terrifié par une cécité naissante. Personnage magnifique. Il y a ce hors-la-loi sans scrupule qui ne se protège presque plus – ni dans une rencontre inopinée, ni dans un règlement de compte, ni sous une pluie de balles – sous prétexte qu’il a vu sa mort et sait que c’est pas encore son heure. Jeff Daniels campe ce méchant absolument parfait. Aussi charismatique qu’il est monstrueux.

     Il y a certes les ombres de Ford, de Léone, de Peckinpah, d’Eastwood, peut-être même celle de Deadwood, qui planent sur elle, mais Godless parvient à trouver son propre rythme et son identité. C’est un peu confus au début puis le récit s’imbrique à mesure que les personnages s’ouvrent, mais aussi au moyen d’une superbe utilisation des flashbacks, judicieusement disséminés, jamais ostentatoires. Ainsi qu’avec une attention particulière au quotidien de chacun, aux villes minières, aux ranchs isolés, aux déplacements des hors-la-loi. Toutes les scènes avec les chevaux, il y en a un sacré paquet, sont magnifiques, on sent que c’est une priorité de Scott Franck.


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