Archives pour la catégorie Guillermo del Toro

Nightmare Alley – Guillermo del Toro – 2022

04. Nightmare Alley - Guillermo del Toro - 2022Valse triste.

   3.5   Voir Guillermo del Toro investir le cadre d’une fête foraine était une belle promesse tant son cinéma très visuel repose en grande partie sur des gueules et un décor perverti. Première déception : passée la découverte du cirque et notamment une belle scène très noire dans les coulisses d’une maison hantée, il n’en fait pas grand-chose. Personnages et fête foraine n’existent pas suffisamment, d’autant que l’image est très sombre, très jaune et l’accumulation de scènes d’intérieur rend peu fécond ce cinéma du trop-plein carnavalesque retranché derrière un récit convenu (l’ascension d’un petit charlatan faussement télépathe) et un lourd passé qui n’éclot jamais. 

     Néanmoins, cette première partie est la plus intéressante, grâce aux différentes interactions avec des Willem Dafoe, Toni Collette, Ron Perlman en roues libres et un David Strathairn excellent. Car si Nightmare Alley cite d’abord Freaks, de Browning, il s’attaque ensuite à tout un pan du film noir et le fait avec la lourdeur (et la torpeur) déjà observé dans son précèdent film-hommage, La forme de l’eau. Dès que le film quitte donc l’univers forain pour la ville, il s’embourbe dans une ambiance de film noir compassé, sans vie, saupoudré d’un rise & fall d’un ennui abyssal où l’aspect art déco succède à la boue, la pluie.

     J’adore Rooney Mara & Bradley Cooper mais jamais je ne crois en cette histoire d’amour. Jamais je ne crois en rien là-dedans, pas même en l’époque qu’il investit, grosso modo l’entre-deux-guerres. Néant émotionnel renforcé par cette mise en scène à mon avis peu inventive, où la caméra panote et glisse en permanence, dans des plans très courts, très communs où del Toro refuse l’immobilité. Et quand le film se resserre sur l’échec de l’avidité de son personnage – en faisant entrer une autre batterie d’imposants acteurs : Blanchett / Jenkins / McCallany – j’ai déjà décroché depuis longtemps. Ses petits pics de violence m’ont seulement semblé ostentatoires et racoleurs. Quant au final je l’ai vu venir depuis un quart d’heure. J’aurais presque pu miser sur ce rire, avec un cut au noir ou une fermeture à l’iris. Pénible. Très pénible.

     Pour l’anecdote, j’y suis allé dans un état proche de l’asthénie. J’espérais peut-être un électrochoc. J’en demandais beaucoup probablement, mais j’adore les films qui touchent aux fêtes foraines, parcs d’attractions et autres cirques itinérants, citons pêle-mêle Adventureland (Greg Mottola), Le toboggan de la mort (James Goldstone) ou Les Ogres (Lea Fehner). Et puis la sieste au cinéma est un excellent indicateur pour moi. J’ai dormi (un peu) devant Hunger, (beaucoup) devant Night moves, mais j’y suis retourné très vite car dès mon réveil j’assistais à un mélange de déflagration et de frustration grisant. Aujourd’hui ce sont deux de mes films préférés. Je me suis assoupi brièvement à plusieurs reprises devant Nightmare Alley, mais à aucun moment le film ne m’a réveillé.

La forme de l’eau (The Shape of Water) – Guillermo del Toro – 2018

43. La forme de l'eau - The Shape of Water - Guillermo del Toro - 2018L’étrange créature de la cuve verte.

   5.5   Je crois bien que c’est la première fois que je suis séduit par un film de Guillermo del Toro. Il y a encore plein de trucs qui me gênent mais l’ensemble m’a plu. Une affaire de lieux sans doute : Je trouve chacun d’eux hyper travaillés, beaux, marquants. La pièce de la cuve, les couloirs de l’établissement, la salle de bain, le canal, cet appartement au-dessus d’un cinéma. Ainsi que la grande place offerte à la télévision. Tout fait (un peu trop) ode gentillette au cinéma des années 50/60, mais j’ai été emporté. Sally Hawkins est magnifique – pourtant j’ai du mal avec elle d’habitude. Le méchant est un vrai méchant, super flippant, irrécupérable – même si Michael Shannon rappelle trop Sergi Lopez dans Le labyrinthe de Pan. Après y a aussi des trucs qui devraient être géniaux et qui sont un peu foirés comme la scène d’amour, la fin ou le moment magique (mais hyper attendu) que je tairais. Tout y est pour que ce soit sublime, bouleversant sur le papier et c’est anecdotique, pour ne pas dire complètement raté, on passe à la scène suivante sans problème. Sans parler d’une écriture sabots dans la caractérisation des personnages et d’une utilisation des codes horrifiques, de façon un peu trop ostentatoire à mon goût, pour contrebalancer l’aspect enfantin du film. En fait c’est tout aussi mal branlé que d’habitude avec cet auteur, mais il y a un décorum et une émotion qui me chatouillent un peu pour une fois. C’est La belle et la bête revisitée. On pense aussi à L’Atalante, de Vigo. Ainsi qu’à Jeunet, avec son esthétique verdâtre écrasante et son héroïne candide (et muette !). Mais en mieux. Bref, ça vaut quand même le déplacement. 

Crimson Peak – Guillermo del Toro – 2015

15936532_10154320359032106_1436933441282092460_oCrimson boring.

   4.0   A ce jour j’ai donc vu huit films de Guillermo del Toro. C’est en checkant sa filmo sur Wikipedia que je m’en suis rendu compte, ce n’est pas bon signe. Et en effet, je n’aime rien de ce mec. Hormis L’échine du diable que je trouve raté mais intéressant, et Hellboy que je trouve simplement cool, je ne retiens pas grand-chose. Et Crimson Peak vient se loger dans le même panier que Le labyrinthe de Pan : Deux films beaux visuellement, aboutis formellement mais devant lesquels je n’éprouve rien, je ne suis jamais surpris, je m’ennuie terriblement. Crimson Peak c’est un peu le The Assassin gothique, en gros. C’est whaou (parfois) mais surtout boring. Mention spéciale aux 45 premières minutes, d’une paresse effarante. Et longues. Quand débarque Crimson Peak, ce grand manoir qui suinte de partout et s’enfonce dans une terre argileuse, le film éveille un peu la curiosité. Après, ça fait souvent Bava du pauvre, quand même. La fin, quoique prévisible et conventionnelle dans son déroulement, est bien torchée, tout en rouge argile et neige. Le rôle de méchante sied bien à Chastain. Wasikowska est toujours aussi soporifique, en revanche. Et globalement, j’ai déjà tout oublié.

Pacific rim – Guillermo del Toro – 2013

PACIFIC RIMBouillie visuelle.   

   4.0   J’y croyais puis j’ai vite déchanté. Traduction : Je me suis quand même fait un peu chier. Alors certes c’est parfois impressionnant – Techniquement c’est bluffant – mais purée ce que c’est convenu, je ne vois absolument rien de neuf là-dedans – ni en terme de blockbuster ni en terme de film de monstres ni en terme de film catastrophe – si ce n’est un chouette divertissement pop corn mais c’est tout. De Del Toro je continue d’avoir un léger faible pour Hellboy.


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silencio


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