Archives pour la catégorie Gus Van Sant

Nos souvenirs (The sea of trees) – Gus Van Sant – 2016

10. Nos souvenirs - The sea of trees - Gus Van Sant - 2016Yellow winter.

   5.1   Il fut un temps où Gus Van Sant faisait Gerry. Aujourd’hui, il fait The Sea of trees. Acceptons-le. Sa carrière étant pleine de soubresauts, de progressions bizarres, périodes diverses, académiques ou radicales, que ce n’est pas si surprenant de le voir s’essayer à un objet hybride.

     Nos souvenirs (Qui a remplacé le titre français initial La forêt des songes, probablement pour une raison commerciale) se déroule dans une forêt. Et GVS qui l’a déjà magnifiquement filmé dans Last days (de nuit comme de jour) ne sait plus la filmer. C’est une forêt trop brillante, trop verte, trop lumineuse ; ça ressemble à un studio Center Parcs. C’est supposé être la forêt d’Aokigahara, mais c’est filmé comme Boyle filme son désert de l’Utah, dans 127 heures. Et la matière sonore qu’elle regorge est sans cesse recouverte par une musique lourdingue. 

     On peut toutefois se dire que c’est un lieu mental. Au même titre que l’on peut voir en Takumi (Ken Watanebe), cet homme dont Arthur Brennan fait la rencontre, une projection de lui-même, un double qui va lui permettre de revivre. La forêt est donc ce lieu dans lequel on ne peut rebrousser chemin sans se perdre, dans lequel les sentiers se transforment en falaises, les pluies en torrents diluviens. Mais GVS abandonne le radicalisme mise en scénique de ses errances passées et gonfle ce voyage intérieur de flashback, éléments scénaristiques maladroits, violons incessants et découpage grossier. Lui qui même dans ses projets les plus classiques formellement avait toujours été si minutieux.

     C’est pourtant l’histoire d’un homme (Matthew McConaughey) qui veut mourir pour rejoindre celle (Naomi Watts) qu’il aime. Avec dans un banal montage parallèle le souvenir d’une vie de couple chaotique jusque dans la maladie, où ils semblent se retrouver, puis la mort. GVS n’hésite pas à étirer les ficelles du mélodrame, trouvant des acmés vraiment ratés (le rendez-vous avec le chirurgien, l’accident digne de la scène d’ouverture des Petits mouchoirs) et d’autres très belles (Le dernier repas, les jolies correspondances finales Conte/Saison/Couleur préférées).

     On pourrait se dire que toutes ces images de passé sont de trop, d’autant que ce qu’elles racontent nous est offert en double puisque apparaissant aussi au détour d’un monologue que tient Arthur à son compagnon forestier au coin du feu (Avec dix fois trop de grimaces et de larmes, mais passons), mais le problème une fois encore c’est qu’il donne tellement peu d’épaisseur à ce lieu de purgatoire qu’on ne le regrette même pas lors de ces nombreux retours maladroits.

     Mais tout le jeu autour de ce dédoublement m’a beaucoup plu. Il m’a permis d’entrevoir ce qu’un Van Sant plus inspiré aurait pu en faire. C’est un beau film raté en fait. Un film qui aurait pu être magnifique si GVS avait gardé son inspiration d’antan. C’est un film qui ne trouve pas sa forme. Qui se cherche en permanence autant que nous tentons parfois de débusquer où le Van Sant qu’on adore peut se trouver. Car le GVS plus classique peut parfois être aussi beau que son double radical – Le dernier en date avant celui-ci, Promised land, était sublime. Ça ne fonctionne pas ici parce qu’il se repose sur son scénario alambiqué et ses acteurs, et tout est excessif.

     J’aime pourtant bien ce film malgré tout, probablement parce que je m’attendais à bien pire, étant donné tout ce qu’il a essuyé depuis sa projection cannoise il y a un an. Certes on dira soit que s’il avait été fait par un autre, le film aurait été anecdotique, on n’en parlerait même pas, ou le contraire, que la critique globale aurait été plus indulgente. Je préfère le voir pour ce qu’il est, en tant que mélo domestique, d’une part, sous forme de conte, funèbre puis libératoire ; et d’autre part en tant que maillon raté au sein de la filmo de Gus Van Sant, qui n’en finit plus d’être en dents de scie ce qui prouve qu’il se cherche (et se perd) constamment.

     Anecdotique, sans doute, mais pas honteux loin de là. Je trouve d’ailleurs ça dix fois plus intéressant que Restless, car plus bancal, maladroit, plus touchant en définitive. Mais bon, je comprends ce besoin de huer GVS. Moi, après Restless, j’aurais voulu lui jeter des cailloux. C’est de sa faute aussi : Un type capable de faire, en cinq ans, Gerry, Elephant, Last days et Paranoid park, ça reste frustrant de le voir refaire une version grand public de ses merveilles avec tout le bagage hollywoodien que cela suppose. Car hormis l’impression de retrouver par bribes un peu de ses anciens films, on voit mal où se cache le véritable Gus Van Sant là-dedans.

Promised land – Gus Van Sant – 2013

Promised land - Gus Van Sant - 2013 dans Gus Van Sant 24.-promised-land-gus-van-sant-2013-300x199 La grande illusion.

   7.8   J’y allais à reculons. J’aurais jamais imaginé pensé cela du cinéma de Van Sant à l’époque des sorties de Last days et Panaroid park, mais c’est un fait. Deux raisons : son réancrage classique et Restless, son film précédent, purge absolue. J’ai été cueilli. Et je le suis davantage à mesure que le film s’imprime en moi, au fil des jours (je l’ai vu il y a une semaine). J’ai trouvé ça très beau. C’est un grand film humaniste, dans la veine d’un Capra. Je pense que c’est un futur classique, oui.

     La terre promise évoquée par le titre convoque plusieurs significations. Elle est d’abord cette terre parfaite pour l’exploitation du gaz de schiste que ces deux représentants d’une grande compagnie énergétique sont venus s’octroyer. Terre idéale sous le sol, avec ses denrées conséquentes, inexploitées et inconnues de ses hôtes, comme au niveau du sol, avec ces habitants relativement pauvres qu’il ne sera pas difficile à convaincre face à une certaine somme d’argent. Elle est aussi la terre promise associée à une autre, hors champ, une douleur que l’on veut oublier jusqu’à vouloir ne pas que les autres la vivent. Et bien sûr elle est cette terre que l’on ne quitterait pour rien au monde, dont on ne voudrait qu’elle subisse aucune transformation surtout si les risques écologiques sont réels.

     Promised land est un film engagé. La dichotomie Pour ou contre le gaz de schiste est donc inévitable. Survivre sans, ici ou vivre avec, ailleurs. C’est toujours une question d’argent. Mais la beauté du film est de s’affranchir du cahier des charges, d’oublier la politique en accentuant le récit d’initiation du héros (qui démarre en anti-héros) et le processus d’identification du spectateur à son égard. C’est un bon gars, un beau personnage. Capable d’élévations comme d’aberrations, mais on a envie d’être de son côté. Il est touchant lors de cette soirée et de cette après-soirée où il a joué le mec cool et bu un peu trop. Il est mesquin dans cette manière répétitive d’aborder les familles ou lorsqu’il propose, dans un marché avec le maire de la ville, beaucoup moins d’argent que ce que mériterait ce forage.

     Le film devient très déstabilisant dès qu’il fait intervenir dans le récit cette tierce personne, en la présence de l’activiste écologique. En effet, c’est celui qui a le noble rôle, mais ce n’est pas un beau personnage, irritant par sa nonchalance et son cynisme. Il est trop à l’aise, trop à la bonne place. Il paraît faut et la fin le confirmera. Evidemment que cela agit en pirouette de scénario, mais pas au sens où l’on aurait l’impression de s’être bien fait avoir. C’est un twist qui permet au héros de découvrir son vrai fond, son bon fond, mais dont la naïveté et le rejet intégral d’un passé douloureux empêchait jusqu’ici de concevoir une éventuelle alternative. Il y aura des signes permettant de déceler une faiblesse intérieure mais rien jusqu’à cette claque personnelle pour se rendre compte qu’il défend un, une cause qu’il ne comprend pas et deux, que la volonté des habitants à rester et mourir sur leurs terres est inaltérable et ce même si cette fin semble proche. 

     Je pense qu’il sait, au fond de lui, que sa cause n’est pas la sienne, mais qu’il porte un masque, qui lui permet de se battre contre ce qu’il a vécu par le passé, mais il se bat dans le mauvais sens. C’est un personnage très mécanique, il suffit de voir la manière avec laquelle il travaille « Etes-vous le propriétaire ? » il est enrôlé dans un schéma qui fonctionne avec lequel il n’a jamais eu affaire à d’alternative, pas de ville rebelle qui saura trouver les bons mots, pas d’écolo (et ce qui s’ensuit) qui le fait travailler sur sa propre culpabilité, pas la rencontre du grand amour, peut-être aussi, pourquoi pas.

      Il y a une scène magnifique à mi film où il est aux côtés de la jeune femme dont il fait la rencontre et donc on suppose, qu’il en tombera amoureux. Tous deux sont face au paysage, dans son jardin à elle. Ils discutent et observent ce beau spectacle, entrant dans une communion quelque peu improbable entre une femme de la terre et un homme d’énergie. Un moment donné, il lui demande en quoi est-ce intéressant pour ses enfants de leur inculquer à cultiver la terre. Elle lui répond simplement qu’elle souhaite les voir prendre soin de quelque chose. Là-dessus il se tait et le silence s’installe. C’est l’un des premiers signes, qui témoignent de l’intelligence et de la candeur de ce personnage, en plein apprentissage inattendu. C’est très beau. C’est un vrai film humaniste, je dirais même utopique (tout en gardant sa dimension politique réaliste). C’est le réveil d’un homme.

Restless – Gus Van Sant – 2011

Restless - Gus Van Sant - 2011 dans Gus Van Sant

La mort vous va si bien.     

   2.0   Cette fascination pour la mort, qu’elle soit chorégraphiée (Elephant), qu’il s’agisse d’approche abstraite des derniers instants (Last days), d’un crime (Paranoid park) ou d’une lente agonie (Gerry) fait partie intégrante du cinéma de Gus Van Sant. Il avait même refait à l’identique la mort la plus impressionnante et célèbre du cinéma d’Hitchcock avec son Psycho plan par plan. Et l’on se souvient, pour citer son plus récent avant Restless, de la mort d’Harvey Milk, ce coup de feu si douloureux.

     Restless semble à première vue être le point d’orgue du cinéma de Gus Van Sant, l’épilogue d’une œuvre (ou d’une partie d’œuvre) consacrée à la mort. Ses personnages ce pourrait être lui, deux corps pour une seule âme (ce qui planait déjà dans Gerry) mais pour la première fois, comme une auto-caricature, la mort – et la volonté de la (dé)montrer – est tellement présente qu’elle masque les personnages, obnubilés par cette mort, fascinés sans la craindre. La fille est atteinte d’une tumeur. Le garçon a perdu ses parents dans un accident de voiture. Il traîne à des enterrements d’inconnus, fait la ronde dans les cimetières, elle est fascinée par Darwin et affiche un sourire permanent. Il dessine son corps à la craie sur la route, elle dessine des insectes sur un calepin. Elle se vêtit de couleurs pendant que lui affiche un noir tenace. La vie contre la mort. La création contre les fantômes. C’est dire toute l’originalité de l’expérience.

     D’une part ce n’est jamais habité, il faut voir à quel point nos deux acteurs/personnages sont des endives récalcitrantes et d’autre part, il n’y a pas un soupçon de mise en scène intelligente dans ce film. On dirait un film Sundance qui se serait trompé de festival. Tout est atroce, presque drôle tellement c’est pathétique. J’ai parfois pensé au Complexe du castor de Jodie Foster, dans un film où l’on aurait remplacé le rongeur fisté par le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze. Mais le castor est plus drôle quand même.

     Il y a une séquence que j’aime bien cela dit. Celle où elle feint d’être morte. La première chose qui lui vient à l’esprit, à lui, est de se trancher les veines pour la rejoindre. Elle se réveille et lui dit que ça ne colle pas avec le scénario, qu’il doit la pleurer avant de se tuer. J’aime cette soudaine sortie de film, enfin cette tentative puisque ça ne débouchera sur rien ensuite. L’espace d’un instant je ne sais plus où le film compte m’emmener, il me surprend trois secondes et puis définitivement plus du tout. On peut se rendormir.

     Le mystère reste donc entier. Comment le réalisateur d’Elephant et Gerry pour ne citer que ces deux films magnifiques, a pu pondre un truc pareil ?

Harvey Milk (Milk) – Gus Van Sant – 2009

Harvey Milk (Milk) - Gus Van Sant - 2009 dans Gus Van Sant harvey-milk-scene_44

Gay rights now !    

   5.4   Gus Van Sant a su se débarrasser de tout ce qui encombre le Biopic de manière générale à savoir la caricature et le besoin de traiter de la vie personnelle du héros. Sean Penn ne surjoue pas, il joue juste. Et il est bien question de son engagement dans la politique à cet Harvey Milk. Jamais ou très rarement, mais toujours pour mettre au service cette cause, on nous présente les petits malheurs personnels du personnage. Le film va encore plus loin qu’on l’aurait imaginé, il pousse cette barrière qui bloquerait à un traitement unique. Il traite non pas seulement de la discrimination sexuelle mais bien aussi de toutes autres formes de discrimination. Ce sont les enjeux humains quel qu’ils soient qui sont de mises. Ce qui en fait un beau film politique actuel. Gus Van Sant peut donc passer d’un cinéma populaire, disons qui touchera à un plus grand public (Will Hunting, Milk) à d’autres films plus expérimentaux (Gerry, Elephant…) il n’en demeure pas moins excellent à tout les coups parce que la poésie existe à chaque fois. Il prouve une fois de plus qu’il fait toujours partie du paysage. Même si ça reste trop propre pour du Van Sant.

Elephant – Gus Van Sant – 2003

elephant-gus-van-santDrame en sourdine.

   9.7   Sur un plan entièrement personnel, Elephant fut une très grande découverte cinématographique. Ce fut pour moi la découverte d’un genre, d’une mise en scène, d’un cinéma qui jusque là m’était encore inconnu. Elephant a changé ma vie. Du moins a-t-il changé ma perception cinématographique. C’est à partir de Van Sant que je me suis passionné pour d’autres grands qui imposent un style pouvant s’en rapprocher : Béla Tarr, Chantal Akerman, Alan Clarke, pour ne citer qu’eux.

     Elephant c’est quelques heures dans un lycée, les cours, les rencontres, les discussions, les repas au réfectoire, les longues marches quotidiennes. Une journée banale, la semble t-il répétition des jours précédents, et pourtant cette fois un drame approche. La singularité avec laquelle le film (archi court : 1h20) parvient à instaurer un climat des plus doux et angoissants est ahurissante. Dans un état de tension, d’étouffement, où les plans mobiles s’étirent, s’attardant très souvent sur le dos des personnages, en les accompagnant sur la Sonate au clair de lune de Beethoven, Gus Van Sant impose un style en marge – qui lui vaut de décrocher moult prix dont la convoitée palme d’or à Cannes.

     La réussite de ce petit bijou réside principalement dans l’agencement de ces longues séquences, qui s’entrechoquent toutes entre elles, provoquant un lien de causalité particulièrement sidérant. Une sidération d’une simplicité désarmante. Ce que Béla Tarr promet dans Satantango (la superbe scène de la jeune fille prostrée à la fenêtre du resto bar), son admirateur le reprend dans ici en le malaxant à l’infini : Montrer une scène sous plusieurs angles, que l’on soit cette jeune étudiante solitaire et exclue, ce photographe errant ou un autre. Le climat de tension s’accentue car ce que l’on voit d’un côté nous ne le voyons pas de l’autre et découvrons petit à petit certains signes provoquant le glissement jusqu’à la catastrophe.

     La légère brise matinale qui semble accueillir chacun entre les murs de ce lycée en début de film accouche dans un carnage final, une violence sourde, complètement déréalisée, sans emphase, et surtout dans une prise de distance rendant l’émotion de glace. L’alliance parfaite entre image et sons parvenant à éviter toute forme de pose. L’alchimie totale. L’état de grâce. Presque flippant tant ça paraissait improbable d’y parvenir de cette manière là. Faisant référence au massacre de Columbine, le succès de Elephant est d’autant plus important qu’il permet à Gus Van Sant de sortir un film des placards qu’il avait réalisé en 2002, un film qu’il n’avait pas sorti sur les écrans, un film qui aurait puni le cinématographe de l’un de ses plus beaux bijoux : Gerry !

Last Days – Gus Van Sant – 2005

18413696.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxDeath to birth.

   7.6   Véritable ovni du festival de Cannes 2005, Last Days avait pourtant le lourd statut d’être précédé d’Elephant et Gerry dans l’oeuvre de son auteur. Heureusement, les trois films restent très différents, même s’ils traitent tous trois des dernières heures de la vie de personnages sur le déclin. Ce sont ici les derniers instants de la vie d’un rockeur qui sont ciblés. Evidemment la ressemblance entre Blake et Kurt Cobain n’est pas anodine, le film fonctionne aussi en hommage au chanteur de Nirvana.

     Mais plus qu’un biopic, Last days est une expérience incroyable, sorte de voyage dans les méandres intérieurs d’un homme perdu. Comme dans Gerry, le travail sur le son est absolument incroyable, le rapport avec la nature est intense, le personnage s’en trouve dévoré par son immensité, reculé dans une maison en hauteur, en pleine forêt, l’endroit a des allures de tunnel, de plate-forme entre la vie et la mort. Michaël Pitt est incroyable. Il ne marche pas, il titube. Il ne chante pas, il marmonne. Il ne pense pas, il meurt. Gros choc à l’époque de sa sortie. Moins aujourd’hui, mais ça reste une grande proposition.

Psycho – Gus Van Sant – 1999

Psycho - Gus Van Sant - 1999 dans Gus Van Sant psycho19984

     6.3   Psycho (1998) est l’oeuvre du meilleur cinéaste outre-atlantique actuel. Un film qui fait figure de remake-hommage au chef-d’oeuvre d’Hitchcock. Un exercice de style épatant quand on sait et constate qu’il est identique au matériau original plan par plan. Car hormis deux ou trois idées personnelles ajoutées, on assiste à une copie conforme qui n’a rien perdu de son charme, sauf peut-être ses acteurs et son noir et blanc. Selon moi la réussite du film réside ici. A la différence d’Andrew Davis et son Meurtre parfait, relecture pitoyable de Le crime était presque parfait, Gus Van Sant s’attaque lui à l’oeuvre hitchcockienne de la manière la plus honorable qui soit. Vera Miles est devenue Anne Heche. Antony Perkins est devenu Vince Vaughn. Qu’importe. Tant que le plan initial d’entrée dans l’immeuble par la fenêtre, que les angoisses de Marion au volant de sa voiture, que la scène de douche mythique, que le plan en hauteur de Norman portant sa mère, entre autres, soient restés minutieusement intacts, on est forcément admiratif et comblé. 

     C’est une façon très classe de se frayer un chemin à Hollywood! En fait le seul bémol que je mettrais, c’est concernant le public visé. Car tout aficionado de l’original sait que celui de Gus n’existe que pour eux. Malheureusement, nombreux sont les gens qui connaissent celui de Van Sant avant celui d’Hitchcock du fait d’un passage télé plus fréquent. C’est bien triste. Encore une fois il ne faut pas voir ce Psycho actuel comme une relecture commerciale de la référence, mais comme un copie paroxysmique d’une oeuvre patrimoine faite par un auteur en passe aujourd’hui de devenir lui aussi un maître.


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silencio


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