Archives pour la catégorie Hafsia Herzi

Tu mérites un amour – Hafsia Herzi – 2019

18. Tu mérites un amour - Hafsia Herzi - 2019Libérée, délivrée.

   6.5   Très beau film. Mais davantage là – si on le compare au suivant, le magnifique Bonne mère – où j’attendais Hafsia Herzi, cinéaste. Un post-Kechiche – qui sera dans les « remerciements particuliers » durant le générique final – pour ne pas dire un post La vie d’Adèle : on y retrouve même Jeremie Laheurte, ici en petit ami de Lila, garçon manipulateur et égocentrique qui incarnait déjà le petit ami d’Adèle avant qu’elle ne rencontre Emma.

     Tu mérites un amour – Titre emprunté à un poème de Frida Kahlo – fait le portrait d’une jeune femme aux prises avec un amour toxique, qui la trompe et qui part quelques temps en solo en Bolivie parce qu’il en a besoin. L’enfer. Heureusement, Lila est entourée d’ami(e)s qui la poussent à passer à autre chose. Elle fait de nombreuses rencontres mais ne parvient pas entièrement à se libérer de cet amour terrible qui la dévore. Le film est jalonné de superbes scènes et personnages secondaires savoureux.

Le rodba – Hafsia Herzi – 2010

17. Le rodba - Hafsia Herzi - 2010La fille à la caméra.

   3.0   Matteo (Guillaume Gouix), jeune homme d’origine italienne, accompagné de ses parents, est venu demander la main de Nina (Morjana Alaoui) à sa famille, d’origine maghrébine. Mais la sœur de cette dernière a entrepris de tout filmer avec son camescope. Petite sœur incarnée par une Hafsia Herzi frénétique, insupportable, qui semble crier qu’elle veut faire la réalisatrice à tout prix, qu’importe les interprètes, les sujets, les coutumes, les traditions. Belle mise en abyme, pour un premier galop, même si le film s’avère plus intéressant sur le papier, tant on ne croit pas au burlesque de la situation et tant le passage d’une source à l’autre (plans caméra et plan camescope) s’avère assez ingrat à regarder. Le gap est sidérant du court au(x) long(s), pour le coup.

Bonne mère – Hafsia Herzi – 2021

02. Bonne mère - Hafsia Herzi - 2021Grande maman.

   7.0   Si j’ai aimé son dernier film, La petite dernière, je restais curieux de voir ce qu’Hafsia Herzi pouvait offrir sur un scénario original, peut-être plus personnel aussi : Bonne mère – son deuxième film – se déroule intégralement dans les quartiers nord de Marseille (au sein desquels la cinéaste a grandi) et se concentre essentiellement sur ce personnage de femme de ménage, mère et jeune grand-mère – qu’Herzi a écrit en songeant à sa propre mère. C’est un film magnifique. Habité par Halima Benhamed, quasi de chaque plan, force de la nature, qui porte la famille sur ses épaules.

La petite dernière – Hafsia Herzi – 2025

35. La petite dernière - Hafsia Herzi - 2025Le deuxième souffle.

   6.0   Pour son troisième long métrage en tant que réalisatrice (il faut que je voie ses deux premiers films : Tu mérites un amour et Bonne mère) Hafsia Herzi adapte le roman éponyme de Fatima Daas. Je suis en train de le lire, c’est très beau, très original dans sa forme : une autofiction construite à la façon d’un journal intime, où chaque chapitre, souvent court, s’ouvre sur cette phrase « je m’appelle Fatima ». Pas évident à mettre en image à priori mais Herzi élabore la chronique complexe d’une adolescente musulmane et pratiquante, se découvrant homosexuelle, en l’accompagnant au sein d’un cercle familial très codifié et traditionnel, de son entourage scolaire, entre le jour et la nuit, la banlieue et Paris, et ses crises d’asthme. On pense autant au cinéma de Kechiche (La vie d’Adèle, évidemment) qu’à celui de Faucon (Samia, notamment) mais si Hafsia Herzi s’avère plus schématique que ses modèles (ses scènes peinent à s’installer dans la durée, à convaincre et émouvoir dans leur totalité) cela n’enlève pas la force de certains partis-pris, de son sens du naturalisme – au point de prendre un vrai médecin ici ou le véritable imam de la mosquée de Paris là. Certaines scènes brillent plus que d’autres : une séquence de rdv tinder dans une voiture qui se transforme en éducation sexuelle par des mots crus, une longue et douce scène chez un pneumologue, un accompagnement lors d’une brutale dépression ou bien entendu un échange d’une douceur (matinée de tristesse) inouïe entre Fatima et sa mère. L’interprétation est le point fort du film, on sent qu’Herzi aime chacun de ses personnages. Par son jeu intériorisé, Nadia Melliti agace et impressionne, incarnant brillamment une Fatima en conflit intérieur entre l’évidence religieuse et sociétale, et ses désirs les plus profonds. Beau film mais un peu scolaire, à mes yeux.


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silencio


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