La crise.
8.0 Trois ans qu’on attendait le retour d’Hippocrate, l’excellente série signée Thomas Lilti. Je vois très peu de séries aujourd’hui, mais je suis persuadé que c’est l’une des plus belles qu’on a actuellement en France. Et cette troisième saison ne fera pas exception : Six épisodes magnifiques pour un récit absolument cauchemardesque.
Tout – hormis l’ouverture tétanisante aux côtés d’Alyson (Alice Belaidi), travaillant dorénavant pour SOS médecins, tentant de sauver la vie d’un homme au cœur d’une cité – se déroule dans un hôpital Poincaré en crise, post Covid. C’est l’été, le service des urgences ferme le soir. Et Chloé (Louise Bourgoin) recueille dans les couloirs de l’hôpital désaffecté ceux qui ont besoin de soin la nuit. Or très vite, l’hôpital de jour étant surchargé, il s’agit de laisser sortir de plus en plus de patients dont le travail de soin n’est pas terminé. La situation est donc plus que désespérée, mais la « providence » viendra d’une désobéissance collective avec la création de cet hôpital clandestin puisque les collègues suivront le mouvement initié par la jeune femme
C’est simple, je n’ai cessé de penser à la troisième saison de The Wire, celle où les flics créent le quartier Amsterdam afin que les gens puissent se droguer « en toute légalité » ou plutôt sous leur protection. Quand tu penses à The Wire sans que ça ternisse ce que tu regardes c’est déjà que c’est mortel, en fait.
Couloirs surchargés, pénurie de lits, épuisement des médecins et des internes, tri des patients, problèmes entre tout est réuni pour faire naître le chaos, tout est digne d’un véritable thriller horrifique renforcé par ce décor souterrain aux allures de film d’horreur.
Il y a d’ailleurs un épisode insoutenable où Arben, le personnage campé par Karim Leklou, se retrouve enfermé dans l’aile clandestine et un savant montage alterné fait grimper une tension comme rarement j’ai pu assister devant une série.

