Archives pour la catégorie Hirokazu Kore-Eda

Notre petite sœur (Umimachi Diary) – Hirokazu Kore-Eda – 2015

30It’s a wonderful life.

   6.2   Dans la foulée du très beau Tel père, tel fils Kore-Eda adapte Kamakura diary, manga de Yoshida dans lequel trois sœurs, en allant à l’enterrement de leur père qui les avait abandonné quinze ans plus tôt, font la connaissance de Suzu, le fruit de sa deuxième vie, faisant d’elle leur demi-sœur. Elles l’invitent à les rejoindre dans leur grande maison à Kamakura où elle s’adaptera bientôt à leurs petites habitudes. Kore-Eda excelle dans cet art de la cohabitation triviale, quotidienne, filmant surtout les repas et préparations de ces repas, promenades à la plage ou au cimetière, discussions timides où éclos parfois un souvenir fort, une douleur. Le film est sans doute trop monocorde pour vraiment émouvoir mais il contient de voluptueux instants de grâce flottante, incarnés par quatre actrices magnifiques, qui sont comme des enfants orphelins dans cette vaste maison cernée de verdure, rappelant forcément beaucoup Nobody Knows. Une jolie petite musique, non sans une certaine amertume, aussi lumineuse qu’est son délitement à mesure que le film s’installe, avec une élégance de jeu, de ton et de composition des couleurs absolument charmante.

Tel père tel fils (Soshite chichi ni naru) – Hirokazu Kore-Eda – 2013

35.2L’échange.

   6.8   Il me semble que le film est souvent prisonnier de son lourd sujet, cette affaire d’enfants échangées à la maternité qui ressurgit six ans plus tard. La forme est beaucoup trop corsetée et fonctionnelle pour véritablement faire éclater cette double émotion père/fils que le film aurait dû creuser en priorité. On aurait davantage aimé plonger dans cette seconde famille plutôt que dans ce procès de l’infirmière, relativement superflu. On avait pourtant tout pour se recentrer entièrement sur l’issue tragique que cela provoque sur les deux familles. Néanmoins, ça m’a sacrément secoué. Si Rohmer était le cinéaste des femmes, Kore-Eda semble être celui des enfants. De Nobody knows à I wish il est évident d’y voir dans l’enfance (et plus largement dans le dysfonctionnement familial) son champ d’investigation primordial. L’intérêt de ce nouveau cru est de questionner la génétique. Et si le film fait le pari de suivre en premier lieu la famille de Keita c’est essentiellement pour faire le portrait d’un père, obsédé par la réussite professionnelle, la sienne autant que celle future de son fils, qu’il va peu à peu remettre en question au contact forcé de cette famille à la vie nettement plus modeste, qui renferme son fils de sang et dégage un bonheur familial plus concret. Qu’en est-il de la transmission ? Qu’en est-il du lien affectif dans l’étirement de la temporalité ? Qu’en est-il de la notion si complexe d’éducation ? Le film suggère tout un tas de réflexion ; Et s’il tient beaucoup du montage alterné, souvent accompagné d’une petite musique au piano un peu trop séductrice, entre l’appartement clinique de Ryota d’un côté et celui beaucoup plus ouvert de Yudai de l’autre, c’est dans la relation sourde des deux pères que Tel père, tel fils trouve ses meilleurs instants. Qui plus est lors de ce final, très ambigu (et quasi utopique dans l’évolution intime de son personnage) qui semble vouloir réunir tout le monde.


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silencio


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