Archives pour la catégorie Hong Sang-Soo

Sunhi (Uri Seonhui) – Hong Sang-soo – 2014

25. Sunhi - Uri Seonhui - Hong Sang-soo - 2014Conte d’automne.

   6.5   On a souvent lu et entendu que le cinéma d’Hong Sangsoo s’inspire de celui d’Eric Rohmer. Je ne suis pas toujours d’accord, néanmoins, si l’un de ses films s’en rapproche, ce serait bien celui-ci, Sunhi ou plutôt Our Sunhi (puisque le titre international semble reprendre exactement le titre original) collant davantage au récit de ce personnage féminin qui croise trois personnages masculins, un ex et deux (futurs) amants. Les hommes ici gravitent autour de « leur » Sunhi. On les voit autant qu’on la voit, en définitive on les voit trois fois plus. Or ils sont si interchangeables qu’ils définissent leur (non) promise de la même manière, avec les mêmes mots. Sunhi serait donc le Conte d’automne, d’Hong Sangsoo. Les tons sont pourpres, ocres, bruns, gris souris. Dehors, dedans. Dans le paysage, sur les personnages. Sunhi est étudiante en cinéma. Elle est de retour pour demander à un professeur de lui écrire une lettre de recommandation pour une université américaine. Parallèlement, elle va recroiser un ancien amour puis faire la rencontre d’un autre professeur. Tous trois vont tenter de nouer ou renouer davantage avec Sunhi. Tous trous sont relativement sinistres et pathétiques, jusque dans leurs paroles interchangeables, quand Sunhi demeure opaque, mystérieuse, mais bien vivante. Véritable dernier soleil de l’automne. C’est un beau film sur la solitude, peut-être un peu rêche par instants mais au moment où il se meurt lentement, il offre une dernière longue et merveilleuse séquence au palais de Changgyeonggung, qui n’est pas sans rappeler le final lumineux aux étangs de Cergy dans L’ami de mon amie, d’Eric Rohmer.

Hotel by the river (Gangbyeon hotel) – Hong Sang-soo – 2020

01. Hotel by the river - Gangbyeon hotel - Hong Sang-soo - 2020Le nid familial.

   6.5   Hong Sang-Soo n’en finit plus de m’enchanter à nouveau par la découverte tardive de ces derniers films réalisés durant ces dix dernières années. C’est vrai, je l’avais un peu laissé de côté, par déception ou lassitude, mais son cinéma n’a pas bougé autant qu’il s’est épuré, il a perdu en spontanéité ce qu’il a gagné en maturité. Il ne ressemblait déjà pas à d’autre cinéma, il s’est pourtant émancipé encore, créant une île à lui, avec ses variations et soubresauts d’un film à l’autre, avec de plus en plus de soustraction. Délicat, in fine, de dire en quoi je préfère – ou apprécie moins – tel film de lui à un autre. Mais l’ensemble forme un corpus brillant, magnifique, que je suis ravi de continuer à découvrir.

     Hotel by the river, sorti la même année en France que La femme qui s’est enfuie, est surtout arrivé pendant une période tourmentée pour ne pas dire désastreuse. Et ce film respire cet instant lourd – alors qu’il a été tourné l’année précédente : il préserve sa légèreté de forme, de film en apesanteur, d’apaisant conte d’hiver jusque dans ses textures enneigées cotonneuses, mais il libère une gravité mortifère assez indélébile. Dehors, les pies se fabriquent un nid, malgré le froid. Dedans, chacun panse ses douleurs et blessures, pour mourir ou revivre.

     Hotel by the river se déroule le temps d’une journée, logiquement autour d’un hôtel, aux abords d’un lac gelé. Un refuge autant qu’un lieu de transit. D’un côté nous avons un vieux poète qui invite ses deux fils à le rejoindre, afin de se réconcilier avec eux, avant sa mort qu’il pressent imminente. De l’autre nous avons une femme qui rejoint son amie en chagrin d’amour. Deux histoires – de ruptures, regrets et solitudes – qui ne sont reliées que par le lieu, la même temporalité et la transmission d’un poème à la fin. C’est tout. C’est un récit apparemment rachitique, une rêverie légère qui révèle une mélancolie tenace.

Le jour d’après (Geu-hu) – Hong Sang-soo – 2017

La femme 26. Le jour d'après - Geu-hu - Hong Sang-soo - 2017de l’éditeur.

   8.0   On pourra toujours dire qu’Hong Sangsoo recycle son cinéma de film en film. Ce serait problématique si c’était chaque fois moins bien. Mais il y a des variations. D’un film à l’autre. Parfois sortis la même année, tant il est prolifique, depuis trente ans.

     Le jour d’après est une magnifique de ces variations. On a beaucoup dit, souvent durant sa première partie de carrière, que le cinéaste coréen s’inspirait du cinéma de Rohmer. Il le revendiquait, d’ailleurs. Il y a des similitudes, c’est vrai, mais son cinéma s’en est de plus en plus émancipé, notamment formellement, Hong Sangsoo approchant une ascèse que le réalisateur de Ma nuit chez Maud n’a jamais investi.

     Et pourtant, pile dans sa période cinématographique où je l’attends le moins (le film sort juste après Seule sur la plage la nuit, l’un de ses plus hermétiques, à mon avis) Hong Sangsoo livre un marivaudage purement rohmérien. Un conte moral qui n’en finit plus de se livrer couche sur couche, selon une temporalité assez impalpable mais très ludique : il faut longtemps la reconstruire nous-même afin de comprendre les liens qui unissent les trois femmes et l’éditeur.

     Bongwan tient une petite maison d’édition. Il embauche Areum comme assistante. On apprend que sa femme le soupçonne de la tromper. On sait bientôt que Bongwan a une liaison avec son assistante. Pas du tout Areum, mais Changsook, la précédente, qui depuis s’est enfuie. Si le film donne l’impression de se dérouler sur une même journée, la temporalité de ces séquences à deux personnages reste mystérieuse. Hong Sangsoo livrant tout sans marqueur si ce n’est ceux des vêtements portés par les personnages (pas évident à distinguer, en noir et blanc) c’est très troublant.

     Or un moment donné, la femme de Bongwan débarque dans son bureau. Cet instant clarifie toute la temporalité distendue qui nous échappait jusqu’alors. Elle le soupçonnait d’infidélité, notamment à cause de ses départs du foyer de plus en plus matinaux. Et lorsqu’elle voit Areum elle est persuadé d’être face à la maîtresse de son mari. S’ensuit un affrontement violent causé pourtant par un terrible quiproquo.

     Ce qui est très beau dans Le jour d’après c’est de constater combien ce sont les femmes qui mènent le récit. Bongwan n’est plus qu’un pion, dans l’impossibilité de faire des choix, de prendre des décisions, incapable de mentir ni de dire la vérité. Pire, avec le temps, sa mémoire s’efface : dans un épilogue enneigé, magnifique, Areum revient, pour le féliciter pour un prix qu’il a reçu, mais il ne se souvient pas d’elle et la scène rejoue leur première rencontre, avec les mêmes questions réponses, qui rappelle combien Hong Sangsoo aime les répétitions.

     Mais cette fois, il ne s’agit plus de réversibilité mystique comme dans Un jour avec, un jour sans. Il s’agit peut-être d’un clin d’œil à son cinéma mais il s’agit surtout de faire du personnage masculin un type sans envergure, sans croyance, sans souvenir, sans vie. Et cela achève d’en faire un grand film sur la lâcheté masculine.

     Il s’agit peut-être du Hong Sangsoo nouvelle période le plus volubile et plein au sens où on y parle beaucoup, qu’on y crie et pleure aussi – bien plus qu’on y boit, tiens. Celui aussi où l’on projette toutes les possibilités. C’est l’un de ses films les plus ludiques et déroutants à la fois. Un grand Hong Sangsoo. Et une Kim Min-Hee sublimissime qui incarne un personnage d’une clairvoyance et d’une bienveillance bouleversante.

Introduction (Inteurodeoksyeon) – Hong Sang-soo – 2022

32. Introduction - Inteurodeoksyeon - Hong Sang-soo - 2022En trois temps.

   6.0   À l’instar du précédent film d’Hong Sangsoo, La femme qui s’est enfuie, Introduction est divisé en trois fragments de vie, trois parties. Chacune se clôt sur une étreinte. C’est la partie visible d’un film iceberg qui dissimule bien plus qu’il ne donne à voir.

     Dans un premier temps, Young-ho rend visite à son père dans son cabinet médical, en Corée. Dans un deuxième temps, il rejoindra sa petite amie qui vient de s’installer à Berlin pour ses études. Dans un dernier mouvement, il rencontrera un cinéaste dans un café de la côte sud-coréenne.

     Or ces événements sont liés entre eux par un hors champ que l’on doit reconstruire ou imaginer, perturbés par une temporalité dense mais impalpable. Mais le récit réserve un virage onirique qui sera finalement plus explicite que les parcelles de réel qui nous ont été offerts.

     C’est un film très doux, dans sa forme, ses textures, ses plans, sa brièveté. Et pourtant très sombre dans ce qu’il évoque d’une rupture amoureuse, d’une impossibilité de réaliser ses rêves et dans l’éventualité de la maladie – qui sera le clou scénaristique de son film suivant : Juste sous vos yeux.

Juste sous vos yeux (Dangsin eolgul apeseo) – Hong Sang-soo – 2022

05. Juste sous vos yeux - Dangsin eolgul apeseo - Hong Sang-soo - 2022Le temps des grâces.

   7.0   La réussite d’un film de Hong Sangsoo – et à fortiori ce qu’on y éprouve devant – tient à peu de chose. Une simple note qui cueille, un lieu qui étreint, une durée qui se démarque, une construction qui surprend, un glissement qui dénote.

     Juste sous vos yeux est peut-être le plus représentatif tant il est d’une simplicité désarmante. C’est un film d’une douceur et tendresse inouïes. À noter qu’il peut aussi constituer une forme de tournant pour son auteur (après l’objet plus flottant et séquentiel que constituait La femme qui s’est enfuie) tant sa construction narrative s’avère pour le coup très linéaire et simple : les rencontres peuvent aussi bien former des chapitres qu’une suite de micro-péripéties sur une journée.

     Juste sous vos yeux se déroule en effet sur vingt-quatre heures, d’un matin au suivant. Sangok revient des États-Unis. Elle était autrefois actrice en Corée et elle a tout quitté du jour au lendemain, nous l’apprendrons au fil de ses échanges avec sa sœur, qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps. Sangok va donc revoir sa sœur, puis retourner voir sa maison d’enfance devenu depuis un magasin de vêtements, avant d’honorer un rendez-vous avec un cinéaste qui lui proposera un rôle dans un film.

     Au fil du récit nous apprendrons à connaître ce personnage et ceux qui gravitent autour d’elle, ce jour-là. L’argument de fond est minimaliste – de forme, tout autant, mais les plans sont peut-être plus longs qu’à l’accoutumée – et pourtant il suffit pour en faire un film sur la grâce – jalonné par une voix off discrète, méditative, qui s’en remet aux forces élémentaires. La mort n’est pourtant pas si loin. Le rêve – et le fou rire – non plus. La mélancolie injectée en permanence, subtilement. C’est ce mariage discret qui impressionne tant ici. Très beau film.

La femme qui s’est enfuie (Domangchin yeoja) – Hong Sangsoo – 2020

17. La femme qui s'est enfuie - Domangchin yeoja - Hong Sangsoo - 2020Une femme mariée.

   6.0   Élaboré sur d’infimes variations, d’un film à l’autre, le cinéma (plus récent) d’Hong Sangsoo s’éprouve aussi selon d’infimes variations – pour moi, du reste – d’un film à l’autre, d’un chapitre à l’autre, d’une séquence à l’autre. Ici c’est l’histoire d’une femme qui profite de l’absence professionnelle de son mari pour aller rendre visite à d’anciennes amies. C’est tout. Et cette fois le film m’a happé d’emblée. Je n’ai pas embrassé sa structure – qui est moins palpable – mais j’en ai apprécié ses interactions. Notamment parce qu’elles sont féminines. Et un moment donné, alors que trois femmes déjeunent et discutent, de tout de rien – et qu’on s’y sent bien, comme dans un Rohmer ou un Rivette – un voisin sonne, un homme les dérange. Il se plaint des chats du quartier. Reproche à ses voisines de leur filer à bouffer et donc de les attirer. Ça n’a évidemment l’air de rien, c’est un simple conflit de voisinage mais cette discussion par ailleurs relativement cordiale malgré un désaccord de fond, brise l’élan du film, féminin, doux, compréhensif. Il me semble que je rêvais de voir les suites de cet incident. Ou plutôt le retour à la normale. Mais notre personnage ira alors voir une autre amie. Et le schéma va se répéter : elles vont aussi être dérangé par un homme, ici un amoureux déchu, poète relou. Et Hong Sangsoo va développer cela trois fois. Comme d’habitude, si j’ose dire. Et il me perd un peu, un moment donné. Je ne vois que fabrication et paresse. Je perds la sensibilité du verbe, le trouble des retrouvailles, le vrai mystère des uns et des autres. Reste cette idée absolument géniale, visuelle et visible, et malgré tout très discrète : les hommes sont systématiquement filmés de dos dedans. Probablement le film le plus misandre d’Hong Sangsoo. Passionnant, donc. Mais bancal, tout autant.

Seule sur la plage la nuit (Bameui haebyeoneso honja) – Hong Sang-Soo – 2018

03. Seule sur la plage la nuit - Bameui haebyeoneso honja - Hong Sang-Soo - 2018Sous le sable.

   5.0   Hong Sang-Soo divise son film en deux parties. Ce n’est pas la première fois qu’il adopte ce type de construction en revanche c’est la première fois que le résultat m’apparaît aussi déséquilibré. Pourquoi cette cassure à vingt-cinq minutes ? Une partie courte à Hambourg suivie d’une partie longue en Corée. Je ne comprends pas les motivations de ce choix. Pas plus que la direction choisie par le film. J’ai la sensation – néanmoins jamais désagréable – qu’il reste volontairement flou dans ses intentions, qu’il s’amuse de son ambiguïté entre rêve et réalité, dislocation temporelle, rêve éveillé et mise en abyme, jusque dans ce personnage mystérieux qui traverse le film, dans un parc, sur un balcon, sur une plage.

     Ce n’est pas désagréable car le film rejoue les notes habituelles de son auteur, qu’on s’y sent bien malgré tout, même si l’on n’y comprend rien, un peu comme chez Lynch. Là, il se trouve que le film est régulièrement accompagné par l’Adagio du quintet à cordes D.956 de Schubert, potentiellement la plus belle musique du monde. Il m’en faut peu pour passer un bon moment. Bien entendu aussi, j’y retrouve mes scènes de dialogues via des plans très longs typiques de son cinéma, qui joue du zoom pour recadrer. J’y retrouve ce rythme, cette errance contagieuse, faite d’alcool et de cigarettes. Mais je ne retrouve pas le HSS ludique en revanche. Il me manque ici. M’ennuie plus qu’il me stimule. Mais Kim Min-Hee est sublime.

La caméra de Claire (Keulleeoui kamera) – Hong Sang-soo – 2018

29. La Caméra de Claire - Keulleeoui kamera - Hong Sang-soo - 2018Trois femmes.

   7.0   Quel bonheur de retrouver Hong Sangsoo comme je l’aime. J’avais fait l’impasse sur sa sortie à l’époque car je craignais d’assister à un film mineur : il a été tourné en cinq jours, avec Isabelle Huppert en plein festival de Cannes. Le film dure une heure mais le cinéaste y déploie son univers habituel et surtout il va complètement à l’encontre de ce qu’on attend d’un film sur Cannes. C’est simple, on ne voit pas le festival. On n’y voit que des lieux qu’on ne voit jamais : un café, une petite plage, un restaurant, une terrasse, une rue. Des lieux par ailleurs déserts, loin de l’effervescence d’un festival. C’est peut-être bien son film le plus rohmérien, en somme, qui se ressent jusque dans son titre. Un conte moral qu’on aurait pu glisser dans un épisode de Quatre aventures de Reinette et Mirabelle ou Les rendez-vous de Paris. Un film de rencontre et de hasard, fait de chassés croisés, de jeux de miroir d’une scène à l’autre et d’un léger décalage dans sa linéarité. Du Hong Sangsoo pur jus qui poursuit son cinéma fait d’infimes variations d’un film à l’autre. Les séquences sont longues, prennent le temps d’installer aussi bien la beauté que le malaise, à l’image de ce café partagé entre une distributrice et son employée qui se solde par sa démission forcée. La légèreté chez Hong Sangsoo ne se fait pas sans une certaine dose de cruauté. Comme toujours, il y a des objets, des apparitions et des couleurs qui prennent possession du cadre : ici une caméra bleue, un gilet jaune, des photos de Polaroïd, un chien, un bateau. Je pourrais le revoir illico.

La voyageuse (Yeohaengjaui pilyo) – Hong Sangsoo – 2025

21. La voyageuse - Yeohaengjaui pilyo - Hong Sangsoo - 2025La fée verte.

   4.5   Ma relation avec Hong Sangsoo avait du plomb dans l’aile depuis quelques années. Depuis Grass (2018), en fait. Jusque là j’essayais d’aller voir chacun de ses films en salle, depuis Woman on the beach (2008). Depuis dix ans, donc. Mais depuis je n’ai rien vu de lui. On n’était plus vraiment fait pour s’entendre, ce n’est pas grave. Je gardais toutefois la curiosité de croiser à nouveau son cinéma. C’est chose faite, avec La voyageuse.

     Il s’agit de la troisième collaboration entre Hong Sangsoo et Isabelle Huppert après In another country (2012) et La caméra de Claire (2016). L’idée d’avoir une star française chez HSS m’avait déjà un peu gêné à l’époque. J’étais nettement plus sensible aux magnifiques interprètes de sa première partie de carrière. Mais ce qui me séduit c’est de voir combien Huppert s’est adapté au cinéma de Hong Sangsoo. Et pas l’inverse comme c’est souvent le cas avec les stars.

     Hong Sangsoo n’a jamais été si épuré, dans le fond comme dans la forme. Un haïku de plus, au diapason de ces petites phrases en français qui ponctuent chaque conversation. Et pourtant c’est un geste très théorique, quasi eustachien, construit en trois rencontres, trois conversations, qui semblent répéter les motifs, le discours, les mots eux-mêmes. Huppert joue à côté. Très mal. La comédie et de la flûte. Mais c’est aussi pour appuyer son personnage, évanescent, qui déambule d’un décor à l’autre. Figure féerique, à la limite du fantastique notamment dans ce moment où elle semble avoir disparu plus vite que son ombre. Je n’ai pas marché, globalement. C’est beaucoup trop mal joué, mal éclairé, désincarné pour moi.

     Mais certains moments m’ont plu. Comme le pétage de plombs de la mère du jeune coloc d’Huppert. Ou bien cette couleur dominante : Il y a le gilet vert d’Huppert. Et le scotch vert autour de son stylo. Et cette scène sur un toit, avec sa terrasse verte. J’ai aussi aimé l’utilisation du makgeolli – comme souvent l’alcool chez HSS. On dirait du lait mais c’est un alcool doux. Huppert s’en envoie deux bouteilles par jour, dedans, dit-elle.

     Après, ça reste vraiment une toute petite chose complètement inconséquente qu’on oublie instantanément pour ne pas dire pendant le visionnage. Tout m’a semblé à la fois très improvisé et beaucoup trop fabriqué. Sensation étrange, à mettre au crédit ou non du film, selon l’humeur. Ça m’a toutefois donné très envie de me remettre sérieusement au cinéma de Hong Sang-Soo.

Oki’s Movie (Ok-hui-ui yeonghwa) – Hong Sang-Soo – 2011

oki2-2000x1125Fraicheur et solitudes.

   6.5   En sortant de Grass, je repensais beaucoup à Oki’s movie, un autre film d’Hong Sangsoo qui m’a peu marqué lorsque j’en ai fait sa découverte en salle, il y a de cela sept ans, mais auquel je repense régulièrement. C’est l’un de ceux (sur ces dix dernières années) auxquels je repense beaucoup, oui. La trame et le récit se sont grandement évaporés dans mon esprit mais j’en garde des images, des ambiances, des sensations. J’ai le souvenir d’une méditation existentielle en mouvement, en plusieurs actes, avec plusieurs personnages, ainsi que d’un film sur les acteurs, puisque chacun jouait différents rôles, en fonction  du chapitre, d’une nouvelle histoire, à moins qu’ils ne s’agissent de films dans le film. J’ai le souvenir d’un film énigmatique, où l’on se déplace énormément. J’ai le souvenir qu’il y faisait très froid, dans ce parc ( ?), sur ces chemins, que chaque personnage déambulait en anorak. De mémoire c’est la première fois que je voyais vraiment l’inspiration rohmérienne – Peut-être est-ce cela qui m’avait préalablement gêné, par ailleurs ? – dans le cinéma de Hong Sangsoo, que je ressentais la cohérence de cet aspect fort des courts réunis pour un long, comme on a pu le voir dans Les rendez-vous de Paris ou Quatre aventures de Reinette et Mirabelle, par exemple. J’aimerais beaucoup, beaucoup le revoir, je me rends compte.

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silencio


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