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L’ivresse de l’argent (Do-nui mat) – Im Sang-Soo – 2013

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Sexe froid.

   2.2   Dans ses thématiques de fond comme de forme c’est la continuité parfaite de The Housemaid, que je n’avais pas aimé. Le cinéma de Im Sang-Soo m’est d’un ennui terrible. Ici, plus encore que devant le précédent, j’ai pensé à Visconti. Froideur du cadre, plans hyper maîtrisés, le film se déroule principalement dans cette immense villa de verre, aux tonalités monochromes, la caméra glisse entre les couloirs, cadre chaque objet comme s’il était un révélateur supplémentaire, d’un monde engoncé dans sa médiocrité théâtrale, son appétit du gain, enfermant les personnages dans un mouvement circulaire et vain, à l’image de cette séquence de repas où le plan tourne autour de la table à manger, laissant deviner une hypocrisie permanente, un monde de mensonges duquel il est impossible de s’extirper. Pourquoi pas. Après tout, j’aime ce genre de dimension jusqu’au-boutiste, bien qu’elle n’actionne guère plus que son dispositif outrancier de l’image symbole. N’est pas Visconti qui veut.

     La famille, l’argent, le sexe. Trois entités qui se dévorent entre elles. Encore durant cette scène édifiante de repas, le maître de maison laisse promener une main sous la jupe de la bonne, gênée par la situation mais pas outrée. Ce n’est pas la première fois. Personne ne le remarque, exceptée la caméra. Mais l’on sait déjà que le film montre là un secret sur le point d’être démasqué. Encore une histoire d’housemaid qui cette fois ne s’immolera pas par le feu mais disparaîtra, plus tard, étouffée sous un sac plastique, crime que l’on maquillera en noyade dans la piscine familiale. Le sexe dans ces riches demeures est la dernière fenêtre sur la liberté. C’est ainsi que le maître de maison, privé de fantaisies et d’envie conjugales, échappe à sa morne existence. Le sexe en tant qu’instinct vengeur, c’est ainsi que la maîtresse de maison assouvira sa rancune en violant l’homme de main de son mari. Le film est centré sur cet homme, victime de sa dévotion et de son emprisonnement. Son unique porte de sortie viendra de cette fille, seule personnage sauvable dans la riche famille, enivrée elle aussi par les carcans de cette prison mais désireuse de s’en échapper.

     C’est un film extrêmement cynique, ne brassant, ces deux là compris – indifférence totale à l’égard de la fille, plaisir d’explorer l’existence pathétique du garçon – que des personnages antipathiques, et jouant périodiquement avec le grotesque, maladroitement. Film vide qui ne dit rien d’autre que la société ultra-riche est le vecteur moteur de la destruction du monde. Grande nouvelle ! Et c’est sans compter cette immonde mise en scène suffisante, sorte de théâtre géant de marionnettes first class, où le plan ne transpire pas puisque ce qui s’y trouve ne transpire pas non plus. C’est volontaire, évidemment, mais cela n’excuse pas le manque d’idées et de subtilité qui nourrissent la démonstration des rapports de domination entre les personnages. C’est tellement peu incarné, sans fantaisie (même le sexe est une donnée fade, sans relief, sans couleur) je ne suis vraiment pas loin de trouver ça au mieux ennuyant, mais d’un ennui qui ne garde rien, un ennui non pas poli mais agaçant, au pire simplement mauvais, avec la désagréable sensation de voir un film sans aspiration autre que la démonstration de son austérité.


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Auteur:

silencio


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