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Star Wars, épisode IX, L’ascension de Skywalker (The rise of Skywalker) – J.J.Abrams – 2019

38. Star Wars, épisode IX, L'ascension de Skywalker - The rise of Skywalker - J.J.Abrams - 2019Le dernier désespoir.

   4.0   Autant les deux précédents volets, appréciés ou non, m’avaient inspiré. Autant là, j’essaie d’écrire un petit quelque chose dessus depuis quelques semaines, en vain. Je crois que ça m’a fait ni chaud ni froid en fin de compte. J’admets ne pas avoir passé un moment désagréable mais j’ai déjà presque tout oublié. Problème : le peu que j’en retiens ce ne sont que les défauts. Je me demande si je ne préférais pas le précédent, finalement, qui certes n’avait pas l’allure d’un film ancré dans une trilogie mais qui au moins tentait des choses – qu’il ratait quasi systématiquement, c’est vrai, mais qu’importe, au moins ça nous évitait cette bouillie indigeste. Car Abrams veut clairement réparer les pots cassés et faire deux volets en un.

     La facilité serait donc de penser que Rian Johnson avait déjà cassé le jouet. Tellement tout cassé (avec le huitième épisode, Les derniers Jedi) qu’Abrams ne parvient pas à recoller les morceaux aussi bien qu’il l’aurait souhaité ni aussi bien qu’ils n’avaient jeté de belles promesses (avec le septième épisode, Le réveil de la force) au préalable. Ça n’excuse pas tout. Trop de trucs sont rédhibitoires dans L’ascension de Skywalker pour que Les derniers Jedi soit unique coupable de cette déroute. Il en résulte un film qui s’occupe moins de boucler correctement les choses que de se mettre puérilement en guerre contre l’opus précédent et réconcilier les fans. En fait il y a trop de problèmes en amont.

     En effet, qu’on apprécie ou non la ligne choisie par Abrams en ouverture de cette nouvelle trilogie, au moins il choisissait. De faire un tel film de fan boy qu’il refaisait A new hope. Soit. Restait plus qu’un Keschner pour enchainer sur un nouveau L’empire contre-attaque. Oui mais non. Que l’on pense que Rian Johnson soit un cinéaste intéressant ou non, d’accord, mais il n’avait pas sa place dans cette trilogie doudou. Une trilogie est un projet qui demande un minimum de cohésion, d’homogénéité – La prélogie avait au moins cela pour elle (entre autres énormes problèmes) puisque Lucas était seul à la barre. Il aurait mieux fallu offrir à Rian Johnson de faire un Rogue one, bref un épisode indépendant : Quelque part, c’est un cinéaste pas si éloigné de Gareth Edwards, qui était le candidat idéal. Ce sont des types qui ont besoin de liberté.

     Bref je n’en veux pas à Rian Johnson mais à ceux qui l’ont choisi. En résulte une énième absurdité : Qu’Abrams récupère le projet, brise ce que son collègue a construit et ponde ce machin indigeste, ni fait ni à faire. Même l’aspect géopolitique cher à l’univers Star Wars a complétement disparu. Le film va beaucoup trop vite, en espérant qu’on n’y voit que du feu. Il y avait un truc à faire avec cette séquence des sables mouvants et du serpent. Et c’est bâclé, ridicule. Et tout est comme ça. A l’image de ce déluge de personnages qui meurent mais en fait non. C’est insupportable ça. Du coup je n’ai pas arrêté de penser à ce chef d’œuvre de dialogue d’OSS 117, Le Caire nid d’espions :

« Sidi JEFERSON !
-Hahahahaha JACK ! Jack ?
- Bonsoir, Hubert.
- Tu n’es pas mort ?
- OSS 283 est mort.
- Oui mais toi tu n’es pas mort ?
- Bah non.
- Jamais je n’aurais pu imaginer que tu étais encore vivant. D’ailleurs je pensais que tu étais mort.
- Je me suis fait passer pour mort.
- ô mon dieu »

     Véridique. Quand t’en vient à penser à une comédie parodique ce n’est pas bon signe. Dans L’ascension de Skywalker, les personnages meurent en permanence – ou bien on croit qu’ils meurent – puis ils réapparaissent. On ne s’inquiète plus jamais pour eux. Du coup, quand ils meurent vraiment, on s’en fou – Cf Leia. C’est dommage car la mort d’Han Solo dans Le réveil de la force était très réussie. Ça laissait des traces.

     Ici, Chewie explose dans un vaisseau, mais en fait non. Rosie explose avec sa planète, mais en fait non. Palpatine était mort mais en fait non. C3PO perd la mémoire mais en fait non. C’est un film « mais en fait, non ». Ceci étant c’était écrit dans l’intro sacrée, sur ce texte défilant jaune « Les morts parlent (…) » On était prévenu. Faire revenir Dark Sidious, pourquoi pas ? De toute façon il fallait pallier à la mort de Snoke. Que l’on retrouve, en guise de remplaçant de fortune, le grand méchant de la première trilogie en dit long sur les intentions de cet opus, in fine : Il faut redorer le blason, aller à la pêche aux aficionados, quitte à œuvrer sur la corde sensible. C’est donc aussi le moment adéquat de ressortir Lando Calrissian de derrière les fagots pour… Rien. Il ne sert à rien, c’est une plante. Billy Dee Williams est super content d’être là, il a le sourire greffé sur le visage, mais il est venu pour rien. Comme nous.

     Les derniers Jedi c’était clairement raté, certes, mais au moins il y avait des tentatives. Là on se contente de faire du fan service, on n’ose plus rien. Le retour de Palpatine est l’un des trucs les plus mal narrés de l’histoire des retours de méchants au cinéma. Quant à Rey, dès que ses origines sont dévoilées, les enjeux s’évaporent. Et notre intérêt avec. Tellement que la mort de Leia nous indiffère. Tellement que les réapparitions spectrales d’Han Solo & Luke font plus de peine qu’autre chose. J’ai l’impression d’un non-lieu. D’une trilogie complètement inutile, désuète avant de vieillir. C’est triste.

Star Wars, épisode VII, Le réveil de la force (The Force Awakens) – J.J. Abrams – 2015

star-wars-7-character-guide-finn-reyLe miroir à deux faces.

   7.  On m’aurait dit il y a dix ans que je serais déçu par un film de Malick et enthousiaste pour un Star Wars je ne l’aurais pas cru. Merci J.J. Abrams. Je n’ai envie de dire que ça ce soir. Je ne suis pas un fan de la franchise, je l’ai découvert bien tardivement, mais j’aime bien. Je pense que ce qui m’a fait du mal c’est de voir un jour les six à la suite, j’en ai beaucoup souffert. L’overdose. Mais j’y suis suffisamment attaché – enfin uniquement à la première trilogie – pour me délecter de la sortie d’un nouveau chapitre.

     Et Abrams réalise sans aucun doute le meilleur épisode depuis L’empire contre-attaque. Un monstre d’action et d’humour doublé d’un regard résolument moderne. Mais plus qu’un film d’action, c’est surtout un grand film d’aventures, une vraie chasse au trésor, patte Disney à la sauce Abrams et ses relents de Lucas. Ça donne un mélange assez savoureux. Un trésor qu’il faut à la fois dissimuler et protéger (de la dictature qui ne souhaite que sa destruction) mais qu’il faut avant tout chercher. Le voyage d’une carte incomplète et codée, relayée entre personnages. Une carte qui indiquerait où se terre Luke Skywalker, le dernier Jedi, qui a déserté depuis bien longtemps. C’est tout l’enjeu de The Force Awakens, maigre dirait-on s’il n’offrait pas le spectacle et l’émotion inhérente escomptée.

     La modernité intervient essentiellement au sein des entités importantes du récit. Les grands espoirs de la résistance sont bientôt placés dans Rey, une jeune pilleuse d’épaves solitaire ; Son alliance improvisée (pour sauver le droïde convoité) opère avec Finn, un Stormstrooper rebelle (la première séquence Destruction du camp/Casque blanc maculé de sang pose de bonnes bases) qui se prétend résistant. Leur évasion commune, jusque dans un vaisseau de contrebandiers puis vers la planète Takodana offre de savoureux instants de duo tendance buddy movie comme on pouvait l’apprécier entre Hamill et Ford jadis.

     Puis il y a Kylo Ren, un garçon hésitant, torturé, arborant le vestige de Vador, son grand père, en portant un masque inutile, il est coincé entre deux forces, deux mondes, extériorise sa colère par des accès de rage, il souhaite tellement exister quelque part, espère devenir une figure emblématique du Mal mais ne l’est pas vraiment, lui conférant une impulsivité probablement plus dangereuse encore (Quand Vador sauvait son fils, Kylo tue son père). Deux séquences importantes : Son erreur de prendre Rey tout en laissant BB-8 puis plus tard la rencontre sur la passerelle (Tout le cérémonial mis en place à cet instant ne laisse aucun doute quant à son issue même si bordel, c’est douloureux) sont des comportements bruts, des combats irréfléchis qu’il croit faire contre la résignation.

     La complexité du récit ne le rend pas imbuvable pour autant, c’est au contraire très limpide et idéalement orchestré. Alors c’est vrai que tout est hyper mécanique, trop bien orchestré justement. Qu’une fois qu’on a compris comment le film respire on voit tout venir, mais bon sang ce que c’est réjouissant en tant que pur divertissement, ça ne faiblit jamais, ça passe en un claquement de doigts. C’est aussi parfois inégal dans la caractérisation des personnages – Il y a ceux qui plaisent instantanément comme Maz Kanata, ceux qui laissent indifférent comme Snoke (Au moins on ne doit pas se coltiner un pénible Jar Jar Binks) – mais il ne faut pas oublier que c’est le film de lancement, donc qu’on est amené à les connaitre davantage.

     En fait c’est surtout un film miroir de A new hope, en un poil plus dark (l’anéantissement de la République en trois pauvres secondes, purée…) et c’est assez fascinant sans que la citation dévore tout. Chaque plan de cet opus Abrams réenclenche le mythe. C’est fait par un amoureux de la franchise et cela se voit. Jakku ressemble beaucoup à Tattoine. Des images restent comme le masque détruit de Vador, la première réapparition du Millenium Falcon, du sabre Jedi bleu. Bref, autant d’instantanés précieux, jamais trop sages ou trop grossiers. Une affaire de dosage. De sublime dosage.

     Abrams parvient à dénicher ce que Lucas avait oublié dans sa prélogie : Proposer un nouvel élan, lumineux et nostalgique, tout en offrant généreusement sa dose au fan club dont il a fait partie. On ne compte donc plus le nombre de clins d’œil (discrets ou non, difficile de tout relever) et de références, à des objets, des personnages, des lieux, des situations croisées jadis. Et pourtant donc, il me semble qu’on peut tout à fait aimer ce septième volet sans aimer ou sans avoir connaissance des six premiers. Ce qui n’était guère possible avec la deuxième trilogie. La réussite est là à mon sens.

     La deuxième trilogie, elle, ne réactivait que les origines, pensait qu’en terme de raccord, tandis que celle-ci, s’inscrivant dans la continuité de la première, trente ans plus tard comme en vrai pour être précis, active une douce nostalgie et des correspondances étonnantes, sur l’enfance, le vieillissement, le deuil (thématiques éminemment Abramsiennes) qui en font un objet nettement plus émouvant. Acteurs/personnages/spectateurs habitent la même sphère temporelle. Rey est comme nous, plutôt nous sommes comme elle (je me place en fan, allez) : Elle a été bercé par les soulèvements résistants et les aventures Jedi. Elle vibre en prononçant le nom de Han Solo, rêve en imaginant sa rencontre avec Luke.

     L’humour aussi a toujours fait partie intégrante de la Saga. Avec les retrouvailles de Han Solo et Chewie on aurait pu craindre que l’humour leur soit entièrement dédié, qu’ils soient les seuls à faire rire. Que nenni. Ce septième épisode est souvent drôle ailleurs, sans doute aussi parce qu’en tant que remake de A new hope il fusionne l’ancien et le nouveau. Ainsi il y a beaucoup de Han Solo dans Finn, comme il y a du Luke dans Rey, un mix de R2D2 et C3PO dans BB-8. On s’y retrouve.

     Encore une fois, le déplacement pouvait être grossier mais il s’avère très beau, tout simplement parce que les premiers personnages existent toujours. L’émotion qui sourde lors de la première entrevue entre Han Solo et Leia est bien réelle. Celle de la passerelle je n’en parle même pas.  

     Evidemment, Abrams n’est pas libre comme il peut l’être dans Super 8 mais je trouve qu’il apporte sa patte, qu’il se crée sa propre trilogie, qu’il n’a plus besoin de jouer sur le fantasme du raccord, qu’il peut inventer d’autres personnages. Tout n’est pas parfait mais le geste me plait. A chaud c’est donc un grand Oui. Car l’essentiel dans tout ça : J’ai super envie de voir les suivants. Bon et puis ce générique et texte déroulant coutumier, pour ne citer que ça, fou sa dose de frissons. Entre autre.

05/02/18 : Définitivement l’épisode qui déterre la trilogie et enterre la prélogie à mes yeux. Sorte de remake parfait de l’épisode IV, plus beau, plus drôle, plus foisonnant encore et doté de quelques idées surprenantes : L’ambivalence Kylo Ren, la rébellion du stormtrooper, l’étourissant visuel (Sur le désert de Jakku notamment mais aussi sur Takodana) et des climax imparables : L’évasion en équipe du résistant et du stormtrooper, Rey/Finn s’emparant du Faucon, la retrouvaille Solo/Kylo. On est à la fois déjà chez Disney mais encore un peu chez Lucas. Et surtout on sent que c’est un gros fan qui est à la baguette. J’aime vraiment beaucoup ce film.


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