Archives pour la catégorie Jacques Doniol-Valcroze

La maison des Bories – Jacques Doniol-Valcroze – 1970

18. La maison des Bories - Jacques Doniol-Valcroze - 1970L’étranger.

   5.0   Julien, géologue réputé, vit avec sa femme Isabelle et leurs deux enfants dans une bastide provençale. L’atmosphère est tendue en raison du caractère intransigeant du père. Il accueille Carl-Stephan, un jeune étudiant allemand en géologie, qui doit l’aider à traduire ses travaux. Ce dernier apporte un vent de légèreté à la maisonnée et Isabelle tombe peu à peu sous son charme.

     C’est une petite curiosité, un brin désuète et programmatique mais pas désagréable. Une scène en particulier reste : après une promenade dans la vallée avec les enfants, l’idylle entre la mère et l’étudiant se confirme, sans toutefois se consommer, sinon au détour d’un montage alterné où chacun dans leur chambre, en plein fantasme, la séquence donne l’impression qu’ils font l’amour ensemble.

     C’est un film très délicat qui tire parti de son cadre – tournage du côté de Sisteron, dans les Alpes de Haute Provence – et de la musique de Mozart qui revient régulièrement. La lumière du film est superbe, chaque plan très travaillé mais le film dans son ensemble est sans éclat, pas suffisamment stimulant pour capter l’ambiance nouvelle de ce foyer perturbé par cet inconnu de passage.

L’eau à la bouche – Jacques Doniol-Valcroze – 1960

03. L'eau à la bouche - Jacques Doniol-Valcroze - 1960Idylles en la demeure.

   6.5   Voici une petite curiosité. Réalisé par Jacques Doniol-Valcroze, l’un des fondateurs des Cahiers du Cinéma et de la Quinzaine des réalisateurs, L’eau à la bouche est un beau marivaudage en huis-clos, un grand chassé-croisé amoureux nourri du testament d’une vieille bourgeoise et donc de sa succession, entièrement tourné à Céret, dans les Pyrénées orientales, dans une demeure Art Nouveau. C’est un film aussi raffiné (La photographie, les mouvements de caméra, la composition des plans, à la fois classique et annonciateur de la Nouvelle Vague) que sensuel tant il peut tour à tour présager La collectionneuse ou La piscine et rappeler Bonjour tristesse. Mais c’est aussi un peu raté dans sa construction, ses enjeux et l’équilibre de son interprétation. Tous, quasiment, sont excellents, qu’ils s’agissent de Bernadette Lafont ou Jacques Riberolles (qui convoitait Delphine et tirait sur des sacs de peinture dans Les demoiselles de Rochefort) ou la lumineuse Alexandra Stewart. Mais voilà, le problème c’est qu’il y a en a un qui vient tout saloper, j’ai nommé le toujours nullissime et grotesque Michel Galabru. Je l’aimais pas mais dorénavant je le déteste, le mec arrive à flinguer un film tout seul comme un grand, bravo. Cet acteur restera une énigme pour moi. Voilà, il fallait que ça sorte. Pour en revenir au film, qui dans le fond reste assez anecdotique, j’imagine qu’il est un peu tombé dans l’oubli aujourd’hui, malgré son thème musical très « dans l’air du temps » chanté par Serge Gainsbourg, qui ouvre et clôt le film, et revient en instru à de nombreuses reprises.


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silencio


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