Archives pour la catégorie Jalil Lespert

Le dindon – Jalil Lespert – 2019

18. Le dindon - Jalil Lespert - 2019« Alors, infidèle, on s’en va sans dire au revoir ? »

   0.5   Comment ça lui est venu à Jalil Lespert, cette idée d’adapter une pièce de Feydeau en la filmant comme un épisode de Scènes de ménages ? A quel moment s’est-il dit « Je tiens quelque chose » en réunissant Dany Boon, Laure Calamy, Guillaume Gallienne, Alice Pol et Ahmed Sylla ? Je suis toujours surpris quand je vois un acteur, que j’adorais (Lespert a jadis joué chez Cantet, Beauvois, Resnais ou Guédiguian) devenir un cinéaste aussi médiocre. Son Yves Saint Laurent n’avait déjà pas beaucoup d’intérêt, mais on pouvait lui accorder le bénéfice du doute lié à la commande. Avec Iris, il trouvait un drôle de ton, sans toutefois qu’on sache si ça devait l’orienter vers un cinéma vénéneux ou flirtant avec le nanar. Et là, Lespert va mettre tout le monde d’accord, le voilà qu’il se danyboonise, un peu comme le cinéma de Cavayé – qui aura fait Radin ! et Le jeu, alors qu’il avait d’abord offert A bout portant et Pour elle. Difficile d’expliquer ce genre d’évolution. Comme il est tout aussi difficile d’expliquer le pourquoi de la présence d’Holt McCallany (aka Bill dans Mindhunter) dans Le dindon. Va comprendre. Toujours est-il que le film est une catastrophe à tous les niveaux. D’abord parce que les acteurs sont tous extrêmement mauvais, jouent comme des mauvais acteurs de théâtre (mais j’imagine que c’est fait exprès) en exagérant chaque articulation, mimique ou gesticulation. Ensuite parce que le film fit un bide absolu en salle, comme quoi parfois même au public, on ne lui fait pas : Purée, quatorze millions pour jouer les vaudevilles sur l’infidélité entre quatre murs, ça fait cher. Si encore le film justifiait la transposition de sa situation dans les années 60, mais même pas. Tout est affreux.

Iris – Jalil Lespert – 2016

15. Iris - Jalil Lespert - 2016La fièvre au corps.

   6.0   On avait pu le constater devant sa version d’Yves Saint-Laurent (très éloignée de la virtuosité de celle de Bonello) Jalil Lespert, réalisateur, est un bon artisan, rien de plus, rien de moins, il ne faudra donc pas s’attendre à une œuvre originale et personnelle. Partant de là, Iris est un objet tout à fait passionnant. Déjà, on peut dire que je suis la cible idéale, puisqu’il réactive un genre, quasi exclusivement américain, tombé en désuétude depuis son pic de conception durant les années 90 : Le thriller érotique. Pêle-mêle, pour le meilleur comme le pire, j’ai des souvenirs d’ado d’Excès de confiance, Liaison fatale, Les nuits avec mon ennemi, Color of night, Sexcrimes, Harcèlement, entre autre. Je mets volontairement de côté Verhoeven (Basic Instinct) et De Palma (Body Double) car il y a là de vraies propositions de mise en scène et non des films que n’importe quel yes man aurait pu construire de façon identique. Lespert s’inscrit dans cette veine. On craint d’abord qu’il nous sorte un sous Gone Girl. Puis finalement ça semble plus tarabiscoté, moins mystérieux, davantage film de seconde partie de soirée sur une chaine hertzienne. Mais il fait les choses correctement, joue habilement des fausses invraisemblances (le jeu volontiers rentré de son personnage de banquier, qu’il incarne lui-même d’ailleurs) que des nombreux flashbacks et twists en rafale ou plutôt disons que l’on voit tout venir dans ce qu’on a l’habitude de guetter (Qui est la victime ? Qui est le méchant ?) mais pas du tout sitôt qu’on prenne le récit pour ce qu’il est : Un enchainement de grandes choses malheureuses et non une machination diabolique. Je ne voudrais pas en dire trop, mais le film s’en va de façon plus surprenante qu’il en a l’air, et s’avère plutôt émouvant, débarrassé de ces habituels affrontements finaux qui font le sel du genre. Et puis il joue sur le terrain de l’intimité sadomasochiste, on n’a rarement vu ça dans le genre, il me semble – La scène pivot, qu’on a pourtant compris avant de la voir, est vraiment forte. Coté mise en scène ça reste donc très scolaire, mais soigné dans le scolaire, musique sulfureuse comprise, et c’est exactement ce qu’on attend de ce type de film. Je recommande, donc.

Yves Saint Laurent – Jalil Lespert – 2014

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   4.5   C’est pas mal, soigné, gracieux, mais je l’ai déjà oublié. Vivement celui de Bonello. On sent que Jalil Lespert veut faire un biopic et il le fait plutôt bien, là-dessus aucun problème, mais sans que ça déborde ou s’embrase pour autant. Et puis ce n’est in fine pas un film sur YSL mais sur la relation entre YSL et PB. Alors pourquoi pas après tout, mais personnellement j’en veux davantage dans ce cas de passion, de douleur, de folie…


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