Archives pour la catégorie Jane Campion

La leçon de piano (The piano) – Jane Campion – 1993

02. La leçon de piano - The piano - Jane Campion - 1993Pierre de touche.

   6.0   Sachant ce que le film représente pour beaucoup – et notamment aux yeux de ma chère et tendre – je tenais à revoir un jour La leçon de piano, qui avait littéralement glissé sur moi il y a bien vingt ans. Depuis, j’ai découvert, aimé (ou non) certaines choses de Jane Campion, notamment sa très belle série en six épisodes, Top of the lake.

     Le revoir m’a plu. D’une part car l’édition Blu Ray Ultra Collector Carlotta est sublime d’autre part car je ne m’en souvenais plus du tout. Ni de son ambiance ni de son rythme, encore moins de son intrigue. Et cette dernière fait tenir l’édifice fragile, à mes yeux, en partie grâce à son étrange casting, qui parvient à rendre Harvey Keitel plus sexy que Sam Neil ou à te passer l’envie de faire des gamins, Anna Paquin jouant le rôle d’une petite fille insupportable qui aura en plus un rôle majeur dans un rebondissement traumatisant du film.

     Si le film ne m’émeut pas vraiment, c’est en grande partie, je crois, parce qu’il ne parvient pas à donner vie à son décor, à filmer la vie sur cette île. Il devient presque un simple film de chambre alors qu’on souhaite le voir davantage s’aventurer dans cette jungle boueuse, sur cette plage déserte et dans le quotidien des familles maoris.

     J’ai l’impression que ça ne l’intéresse pas tellement, ce lieu, à Campion. Que le récit aurait pu se dérouler en Écosse (il s’y ouvre brièvement) ce serait pareil. J’exagère évidemment car les lieux ont leur importance, la dureté du climat et la difficulté des sentiers sont pris en compte, mais uniquement pour faire avancer le récit – et le piano – plutôt que pour créer un décor vivant, mouvant.

     J’en ressors avec le regret d’avoir si peu entendu la pluie, le vent, les vagues : le film est par ailleurs inondé de musique. Elle est très jolie mais je pense qu’on aurait gagné à s’en passer, à n’utiliser que celle s’échappant du piano, joué par Holy Hunter. Je me dis que la vraie subversion eut été d’en faire un film muet – avec des cartons – afin d’entrer plus en communion avec ce personnage muet. Reste un beau film classique, malgré tout.

Portrait de femme (The portrait of a lady) – Jane Campion – 1996

The Portrait Of A Lady - 1996Neurasthenic star.

   3.0   Sauf exceptions relatives – car j’apprécie Un ange à ma table et Top of the lake – je m’ennuie ferme devant les films de Jane Campion. Portrait de femme n’y échappe pas, j’ai même durablement bataillé pour tenir jusqu’au bout. Si ce n’est au détour de quelques jolies séquences (notamment son introduction) oppressantes dans leur faculté d’enfermer les personnages, de l’imposant sujet et son vaste programme féministe, je ne vois vraiment pas l’intérêt formel de cette adaptation d’Henry James, lourdingue, désuète et interminable.

Holy smoke – Jane Campion – 1999

holy-smoke-1999-01-g   4.0   J’y croyais un peu mais en fait c’est pas bien. On est vraiment dans la veine roublarde de La leçon de piano, en un poil mieux certes (le début notamment) mais tout est vite gâché par des effets exténuants, une hystérie forcée. Keitel dans son élément, quoi. Allez je sauve Kate, vraiment mimi comme d’hab, surtout qu’on voit ses boobs.

Un ange à ma table (An angel at my table) – Jane Campion – 1991

un-ange-acc80-ma-table--e1442841194562Visages noyés.

   6.0   Fresque en trois parties, la première centrée sur la jeunesse douloureuse de Janet, exclue physiquement, exclue mentalement, la suivante principalement sur ce qui la mène à son internement après l’adolescence, puis une dernière partie très douce, contant sa collision avec le monde adulte et l’écriture qui la fait tenir, survivre dont le livre en question (de la vraie Janet Frame) raconte grosso modo ce que l’on voit. C’est un beau film qui manque néanmoins d’épure narrative et formelle pour me surprendre, me suspendre et m’émouvoir. Il y a de gros problèmes de montage, aussi bien dans la linéarité, la dynamique que la durée. Rien ne dure suffisamment mais du coup tout est long, dispaché, épileptique, empesé. Et puis j’ai un souci avec l’esthétique générale, sorte de mélange foiré entre Malick et Von Trier. Mais objectivement je pense que c’est tout de même assez bien fait car on évite les pièges béants du biopic sans toutefois échapper à une dimension in fine hyper classique. C’est tout de même bien mieux que ce que j’ai vu de Campion jusqu’à présent – A l’exception du très beau Top of the lake, je ne vois d’ailleurs pas comment elle pourrait faire mieux que ça.


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silencio


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