Archives pour la catégorie Jean Epstein

Cœur fidèle – Jean Epstein – 1923

03. Cœur fidèle - Jean Epstein - 1923Le manège désenchanté.

   8.0   C’est un film d’une tristesse déchirante. Littéralement habité par un regard, celui de Gina Manes. Elle y incarne une orpheline, réfugiée chez des simili Thenardiers du Vieux Port qui l’exploitent comme serveuse. Elle est promise à Petit Paul, agressif et alcoolique qu’elle déteste, mais n’a d’yeux que pour Jean, un ouvrier, autre oublié qui l’aime tout aussi passionnément. Mais à cette mélancolie permanente se superpose une image vive, toujours en mouvement, secouée d’effets et de tentatives d’une audace folle. Notamment de magnifiques gros plans et surimpressions dont est coutumier Epstein. Ce récit de manège tragique est aussi dense qu’il est classique. Et Epstein en tire un pur manifeste d’avant-garde.

La glace à trois faces – Jean Epstein – 1927

20La disparition.

   8.5   C’est L’attente des femmes bien avant Bergman, à la différence qu’ici les femmes attendent le même homme. Un moyen métrage adapté d’une nouvelle de Paul Morand prenant la forme d’un récit en quatre parties, les trois premières apprivoisant le souvenir et l’attente de chacune, ne se connaissant pas, avant une dernière en forme d’épilogue, centrée sur lui tandis qu’il a préféré sa Bugatti à chacun de ses rendez-vous, où on le découvre extrêmement seul (alors qu’il est pourtant triplement attendu et aimé) et passionné au volant de son bolide dans lequel il finit par se tuer. Au-delà de son cachet éminemment tragico-mélancolique et des expérimentations visuelles chères à Epstein, le film vaut surtout pour cette étonnante (dé)construction de récit à triple entrée, sans vraie chronologie, multipliant les points de vue, soit le portrait d’un homme à travers les pensées de trois femmes, auquel il joint la présence d’un narrateur extérieur, tout cela accompagné d’une singularité mise en scénique pour chacune des parties. Très beau.

La chute de la maison Usher – Jean Epstein – 1928

48Palais hanté.

   7.5   J’adore la nouvelle de Poe et je trouve qu’Epstein en tire quelque chose de très différent et donc de passionnant, complètement hallucinogène et feutré quand les mots de Poe nous conviaient à l’horreur, le macabre. La démarche est nettement plus poétique ici, tout en contrastes dépressifs, repoussant sans cesse l’angoisse et la morbidité des lieux. Une transe faite d’étang, de tombe et de foudre, traversée par la représentation picturale qu’Epstein parvient à saisir au détour de plans implacables et stupéfiants.


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silencio


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