Archives pour la catégorie Jean-François Richet

L’empereur de Paris – Jean-François Richet – 2018

12. L'empereur de Paris - Jean-François Richet - 2018Le roi de l’évasion.

   5.0   Le souvenir du Vidocq, de Pitof est si douloureux que je m’attends au pire sitôt qu’un film entreprenne de conter les aventures du célèbre ancien bagnard. À ma grande surprise, le visionnage de la version qu’en a tiré Jean François Richet, sans toutefois vraiment me séduire, ne m’a jamais semblé désagréable. C’est une grosse production là aussi mais le film n’est jamais noyé sous un déluge numérique : la reconstitution est soignée, la photo de Manu Dacosse réussie, les effets visuels jamais ostentatoires, l’interprétation impeccable – et il y a de vraies gueules, en premier lieu August Diehl. Le film est sombre, brutal mais manque sans doute un peu de souffle, de rythme, d’ampleur dramatique pour être une franche réussite de cinéma français historique et populaire. Il partait de tellement loin pour moi que ce fut presque une bonne surprise, me concernant.

Mayday (Plane) – Jean-François Richet – 2023

???????????????????????????????????????????????????????????????????????L’île de l’enfer.

   6.0   Dire que je n’attendais plus rien de Richet est un euphémisme, tant j’avais subi son nullissime remake du film de Claude Berri – et subi plus tôt son tout aussi mauvais remake de l’un des meilleurs Carpenter. Et pourtant, Mayday pourrait bien être le film du dimanche soir qui manquait, série B à l’ancienne, d’une efficacité surprenante. Bon, tout d’abord, c’est un film d’avion. J’adore ça. Quand bien même si celui-ci lorgne moins vers les Airport que vers Les ailes de l’enfer ou Passager 57 (je rêve de les revoir ces deux-là) l’humour en moins. Enfin il y en a un peu, mais c’est pas ce qu’on va retenir. Surtout, les coutures attendues sont vite explosées. Le film surprend beaucoup, au début, dans sa mise en place et son crescendo, si on ne sait pas du tout à quoi s’attendre. Car dans l’avion nous n’y resterons finalement pas très longtemps, l’enfer de la jungle se substituant au crash aérien. Si l’on peut encore trouver moyen de dégraisser ici ou là – le visio laissé par la fille, la longue séquence de larmes finales – la première vertu de Mayday est de s’offrir en moins d’1h50 ce qui a Hollywood s’avère de plus en plus rare. L’autre point positif c’est son rythme, son découpage, qui ne souffre quasi pas de fausses notes, hormis peut-être, le second vol, entre deux îles, un peu plus bâclé, surtout au regard du premier et son crash vraiment prenant. C’est un mélange de film catastrophe et de film d’action, qui ménage ses effets mais qui les offre avec beaucoup de générosité : une scène de baston (en plan-séquence) très bien fichue ou une scène de fusillade impressionnante (les tirs de Barrett, notamment). On pense aux Die Hard de McTiernan, notamment tout l’aspect buddy movie, mais aussi à Carpenter, pour sa sécheresse et son nihilisme, même si Richet ne va évidemment pas si loin. Surtout avec sa bande de méchants séparatistes, sans aucun relief. Pas sans défauts certes, mais un pur divertissement comme on voudrait en voir plus souvent. Avec un Gérard Butler aussi investi que dans l’honnête Greenland.

Un moment d’égarement – Jean-François Richet – 2015

530599« Rien, on vous attendait »

   2.0   Chez Berri, les filles avaient leur monde, les pères avaient le leur. Ce qui ne les empêchait pas d’exister autrement que par le prisme vulgaire de leur époque. Les deux ados chez Richet sont deux ados insupportables, débiles, deux pétasses bien d’aujourd’hui en somme, issues de la culture selfie et texto. Elles sont vulgaires quand elles parlent, quand elles dansent, quand elles draguent. Clichés en puissance. Quel intérêt d’écrire si mal des personnages ?

     Encore un de ces films de droite qui veut paraître cool, où l’on se plaint vite fait des indépendantistes corses et se moquent des vieux chasseurs racistes et vendeurs bricolage misogynes. On garde les vieilles chaises et les toiles cirées mais on fait du canyoning, du jet-ski et on roule en Audi. On balance Follow rivers de Likke Li et Diamonds de Rihanna, pour faire comme Kechiche et Sciamma. Ou Les mots de Christophe, pour donner un semblant de profondeur. Cool on t’a dit.

     Ce qu’il faut retenir : En bon pote de Canet (hypothèse) et donc aussi de Langmann, les types se font de savoureux clins d’œil de beaufs. Ici, Cluzet ne chasse plus les fouines mais les sangliers (afin de placer une grosse pub Gamm Vert). Mais il le fait avec la même verve et les mêmes grimaces hénaurmes qui faisaient le fil rouge des Petits mouchoirs. Et puis Cluzet doit faire corse alors il trimbale un lamentable accent forcé, seulement quand il y pense, c’est à se tordre, parmi un nombre incalculable de séquences nullissimes à l’image du caleçon de Vincent Cassel.

     Le plus troublant là-dedans c’est de se dire que le réalisateur de cet étron est le même que celui de Ma 6-T va crack-er. Comment, en vingt ans, en arriver là ? Déjà qu’un hommage (assez mauvais, au passage) à Assaut de Carpenter il y a dix ans marquait une évolution de la renonciation. Mais là ? L’hommage à Berri (le pauvre, avait-il mérité ça ? Et dire que son fils même est derrière tout ça…) c’était déjà improbable (de la part de Richet, je veux dire) mais le faire ainsi c’est à désespérer.

     Dans Les Cahiers, Malausa disait ceci : « Voir Richet, l’ex-ouvrier travaillé par les grandes formes révolutionnaires, s’abaisser à filmer les cabotinages d’acteurs aussi sociologiquement formatés que Cassel – le papa cool qui sort en boite – ou Cluzet – le papounet ronchon qui reste à la maison – n’est pas seulement consternant : C’est la marque d’une soumission insupportable à l’entreprise de restauration qui travaille l’époque. Un moment d’égarement ne tente rien d’autre que de nous vendre cette idée parfaitement malsaine que, dans un monde à la jeunesse résignée, les papas ont la santé ». Je plussoie sur tout.

Ma 6-T va crack-er – Jean-François Richet – 1997

1551618_10152257216802106_6234109639440644993_n     6.5   Je l’avais vu vers 15 ans, avec mon cousin, entre deux matchs de Wimbledon, ça m’avait marqué je me souviens. Il y a quelques mauvaises idées notamment dans la seconde partie de film, très Hollywoodisée, mais autrement c’est toujours très bien, mieux que La Haine je trouve, car plus honnête, moins esthétique, plus instinctif.


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silencio


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