Archives pour la catégorie Jean-Jacques Annaud

Sept ans au Tibet (Seven years in Tibet) – Jean-Jacques Annaud – 1997

17. Sept ans au Tibet - Seven years in Tibet - Jean-Jacques Annaud - 1997Ramollo, l’odyssée d’Heinrich.

    3.5   Je n’avais jamais vu ce Jean-Jacques Annaud super connu que j’ai l’impression de voir passer à la télé tous les ans depuis mon adolescence. Purée, c’est un gros nanar, non ? Quelques jolies scènes, malgré tout, notamment quand l’auteur s’intéresse aux lieux, aux extérieurs, filme un peu plus les déplacements que les joutes verbales. Quelques petites choses qui nous réveillent de ce marasme mais globalement, en tant que fresque et construction narrative, c’est aussi embarrassant que l’accent allemand ridicule de Brad Pitt. Sans parler d’un tournage aux quatre coins du monde alors que tout doit se dérouler dans l’Himalaya, et d’un choix de langue plutôt bizarre, puisque les tibétains parlent aussi l’anglais. Outre ce problème d’authenticité sur lequel on peut passer si le film séduit autrement, l’évident défaut de Sept ans au Tibet c’est de ne jamais parvenir à donner de l’intérêt à son récit, de corps, ni par l’histoire, ni par la mise en scène. On se fiche autant des personnages au début qu’à la fin, ce qu’ils sont, ce qu’ils deviennent. Et puis Annaud a jadis été plus subtil dans ses dénonciations, là il y va à grands coups de surligneur.

Sa majesté Minor – Jean-Jacques Annaud – 2007

20. Sa majesté Minor - Jean-Jacques Annaud - 2007Web-screwball-discussion mineure.

   1.0   Moi : Consternant.

S : Qu’est-ce que c’était nul dans mon souvenir.

Moi : Un frisson de la honte permanent, oui.

S : Rien que l’image, là, c’est quelque chose.

Moi : Et encore, j’en ai choisis une sobre.

B : Horrible.

T : On l’avait lancé chez toi, on n’avait pas tenu longtemps, mais bon souvenir quand même.

B : Purée, je me souviens plus.

T : Je ne sais plus si on était tombé dessus à la télé ou bien si tu voulais m’initier au trip.

B : Je penche pour la première option.

V : Mélanie Bernier en parlait hier chez Ruquier, elle pense que le film va devenir culte.

Moi : Tout ça parce qu’elle y passe son temps les nichons à l’air, ça.

T : Faut que je revoie ce film.

Moi : Haha.

B : À l’époque j’avais lu des critiques évoquant Pasolini.

Moi : Haha.

N : Nul à iech.

Coup de tête – Jean-Jacques Annaud – 1979

01_-coup-de-tete-jean-jacques-annaud-19791La revanche des loosers.

   10.0   Prendre l’initiative d’écrire sur un film qui me suit depuis que je suis gamin c’est tenter de relever le défi de l’objectivité, souci qui ne m’a jamais interpellé concernant Coup de tête, tant ce film me fait rire, tant il m’a toujours semblé intelligent dans sa manière de brasser l’univers du football, sans pour autant être un film sur le football, et tant, bien entendu, je suis un inconditionnel du jeu Dewaere. Coup de tête était un sublime compromis dans la mesure où mes deux autres films chouchou mettant Dewaere en image n’étaient pas les plus accessibles, trash pour l’un (Les valseuses) violent pour l’autre (Série noire), des films à conseiller mais dont il faut se méfier, ce qui n’est pas le cas du film d’Annaud, à même de réconcilier tout le monde, détracteurs de Dewaere compris. Coup de tête, qui plus est, est un film pour Patrick Dewaere. Personne n’aurait réussi à camper ce François Perrin aussi bien que lui.

      C’est le film d’une revanche. Qu’on l’aborde d’un point de vue diégétique ou non. Revanche d’un pauvre type sur ses hiérarchies, d’abord dindon de la farce d’une machinerie embarrassante avant d’être érigé, un peu malgré lui, en messie d’un village, Trincamp, devenu, grâce au miracle d’un soir, ville de football, qui vibre grâce au pauvre type, Perrin. Et c’est évidemment la revanche d’un autre homme, d’un acteur, Patrick Dewaere, qui renoue avec le beau cinéma populaire et pour une fois ne partage pas la tête d’affiche, l’apogée de sa carrière avec le film de Corneau, avant cette période douloureuse dont on connait l’aboutissement tragique.

     Coup de tête est une formidable satire sociale trouvant sa dynamique dans les nombreuses séquences hilarantes que le récit lui offre, généralement par l’intermédiaire du génial Dewaere. C’est tout de même l’histoire d’un type que l’on met en prison à la place d’un autre parce qu’il n’est pas grand-chose comparé à l’autre. Au centre, il y a un club de foot amateur embarqué dans une aventure improbable en coupe de France. Souvenez-vous de Calais ou Libourne Saint Seurin il y a quelques années, et bien là c’est Trincamp. Allez Trincamp, allez Trincamp, but, but, but ! Scande un public émerveillé par ses joueurs, dignes représentants d’un club anormalement performant, qui ne sont rien d’autre que leurs collègues de boulot.

     A l’instar des gros clubs, il y a dans celui-ci aussi un leader, le buteur régulier de l’équipe, celui qu’il ne vaut mieux ne pas toucher. C’est l’irremplaçable Berthier. Et il y a cet inconnu, sombre attaquant discret, François Perrin, qui par excès d’éloquence et de jalousie d’un instant, tamponne Berthier pendant l’entrainement et se fait finalement virer sur-le-champ du club de foot ainsi que de son travail à l’usine (dans ces petites villes les deux vont de pairs, les dirigeants cumulent les fonctions).

     Mais voilà, c’est Berthier qui viole une nana un soir et c’est Perrin qui est accusé, ça passe inaperçu. La victime n’ayant rien vu et les pontes de Trincamp étant tous de mèches, flics compris, pour déplacer la culpabilité où ça les arrange. Jean-Jacques Annaud embraye alors sur un fait hautement improbable tout en trouvant un équilibre de crédibilité qui permet au film d’être davantage qu’une simple farce cynique : Lors d’un énième déplacement en coupe, seizième de finale me semble-t-il, le bus des joueurs est accidenté. L’équipe est décimée, il faut donc colmater les brèches avec ce qu’on a sous les mains (Il est même un moment question que l’entraineur bedonnant soit de la partie) de façon à présenter onze joueurs sur le terrain. Perrin sera l’un d’eux, extrait de force de prison. Le jouet idéal, un maillon inutile seul mais important pour le groupe, que l’on remettra en taule aussitôt le match terminé.

     Après une escapade en guise d’interlude où il rendra visite à la femme qu’il est censé avoir violé (une séquence désopilante) il finit par jouer au sein de l’équipe et ironie du sort, il plante deux buts qui permettent à son équipe de se qualifier et de rêver encore. « Que crie tous ces gens ? Loserand ? Silvadière ? Non, ils crient Perrin et jusqu’à dimanche c’est lui le roi ». Les actionnaires du club sont perdus, ils n’ont plus qu’à patienter le match retour pour que le roi soit délogé de son trône. La revanche jouissive prend acte dès cet instant-là. Perrin, le mec manipulé, devient le héros aux pleins pouvoirs. Mais il n’en veut à personne, il continue seulement de s’amuser. Il y aura un diner règlement de comptes verbal assez jubilatoire. Puis il y a aura le lendemain, le règlement de comptes physique tant attendu, où Perrin lui préfèrera finalement la passivité, plutôt la vengeance pacifique, pour un résultat insolite et réjouissant.


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silencio


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