Archives pour la catégorie Jean-Pierre Améris

L’homme qui rit – Jean-Pierre Améris – 2012

16722531_10154429319502106_915443862069877260_oHugo qui pleure.

   2.1   Pas lu le livre de Victor Hugo, mais le pauvre, il doit se retourner dans sa tombe tant cette énième adaptation ressemble à un mix Jeunet/Burton auxquels on aurait ajouté du Gilliam/Boutonnat. Ça donne envie, hein ? Pas un plan qui ne soit pas lourd de sens, indigeste. Pas une séquence qui sortirait d’un lot commun. C’est laid de la première à la dernière scène. Les acteurs en font des tonnes, sans exception. Allez, je sauve in-extrémis la relation entre Gwynplaine et Dea car il y a un truc qu’elle dégage, lumineux et diaphane, qui me plait beaucoup, même si elle non plus n’y va pas avec le dos de la cuillère pour jouer l’aveugle. Décidemment, Jean-Pierre Améris (dont j’avais aimé Les émotifs anonymes et trouvé lourdingue Une famille à louer) dans son versant archi populaire, est un auteur difficile à identifier. 

Les émotifs anonymes – Jean-Pierre Améris – 2010

Les émotifs anonymes - Jean-Pierre Améris - 2010 dans Jean-Pierre Améris

Cœur fondant.    

   6.0   Par toute une série de coïncidences délicieuses et improbables, Angélique (émotive) et Jean-René (émotif), vont être amenés à travailler ensemble, apprendre à se connaître, tomber amoureux l’un de l’autre. Mais comme le dit si bien Angélique « On est tous les deux émotifs on court à la catastrophe » pourtant le film met du temps à atteindre cette situation, à savoir le fait que tous deux savent qu’ils sont tous deux émotifs. Vraiment émotifs. S’il ne peut avoir de relations avec les femmes parce que dit-il, elles le terrorisent, il n’est pas non plus le plus à l’aise des hommes au travail, tenant une chocolaterie au bord de la faillite, ne sachant comment renouveler ses gammes de produits, ne sachant comment mobiliser sa petite troupe qui fabrique inlassablement le même mauvais chocolat de plus en plus invendable. Quand Angélique arrive pour l’entretien qui lui permettrait d’entrer, croit-elle, comme chocolatière, alors qu’il s’agit carrément d’un poste commercial, nos deux émotifs sont tous deux dans un état infernal, proche du coma. L’ermite qui travaillait dans la chocolaterie Mercier, et fabriquait secrètement, dit-on, la marchandise du vieil homme, décédé récemment, n’est autre que la jeune femme, spécialiste du chocolat depuis toujours mais qui n’a jamais pu démontrer véritablement ses talents, fuyant chaque examen et même la reconnaissance tant recherchée de la fabrication Mercier, tant elle a peur qu’on la regarde. Quand le dernier client de la chocolaterie manifestera lui aussi son mécontentement, Angélique n’aura d’autre choix que de prendre les choses en main pour la sauver. Même si le film est fait de nombreuses surprises, petits instants de bonheur jusqu’à la fin, il faut se rendre à l’évidence, il est assez simple de deviner la suite des évènements, étant données les situations de chacun. Mais c’est dans les relations personnelles, intimes que le cinéaste trouve une sensibilité, un bel équilibre. Dans sa manière de travailler les quiproquos, les postures, les dialogues, les situations gênantes. J’ai énormément pensé au cinéma de Emmanuel Mouret. Il m’a fait le même genre d’effet. Un vrai délice. Une comédie intelligente. J’ai aussi un peu pensé au cinéma de Demy, pas nécessairement parce qu’il arrive aux personnages de chanter, généralement pour fuir un mal aise, pour rechercher une sérénité qui les laisse tant de fois tomber, mais simplement dans le déroulement, la légèreté, la grâce avec laquelle Améris parle de ses personnages et sa façon de les aimer. C’est fin, beau comme tout, extrêmement bien joué – Poelvoorde est incroyable – et ça sent le chocolat dans chaque plan, et puis quelque part ça évoque l’émotif qu’il y a en chacun de nous – en gros ça me parle énormément – Améris le traitant délicieusement sans tomber dans une emphase insupportable.


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silencio


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