Archives pour la catégorie Jia Zhang-Ke

Smog journeys – Jia Zhang-Ke – 2015

10957867_10152687088172106_3025263888346137659_n     2.2   Derrière les coutumiers jolis plans larges du cinéaste chinois se trame ici un petit clip préventif, commande pour Greenpeace sans aucun intérêt, accompagné d’une petite musique bien sirupeuse et de ralentis bien racoleurs. Bref, c’est tout nul.

I wish I knew, histoires de Shanghai (Hai shang chuan qi) – Jia Zhang-Ke – 2011

I wish I knew, histoires de Shanghai (Hai shang chuan qi) - Jia Zhang-Ke - 2011 dans Jia Zhang-Ke I-Wish-I-Knew-Zhao-Tao-1

     4.8   Je ne vois pas où Jia Zhang-Ke veut en venir. Il évoque Shanghai, cite Shanghai, et les œuvres qui ont évoqué Shanghai, fait parler les gens qui ont fait et traversé l’histoire de Shanghai. Mais dans un kaleidoscope peu passionnant. On y parle un peu de la guerre. Du communisme. Les intervenants racontent leur vécu ou bien les dires de leurs ancêtres. Des personnes mortes pendant des fusillades. Ou encore ceux qui ont décidé de mettre fin à leur vie. Ceux qui sont restés. Ceux qui se sont exilés. On y voit Shanghai. On y voit aussi Hong Kong. Une femme qui ère sous la pluie. Des gens qui travaillent. D’autres qui se promènent. L’effervescence d’une ville est toujours excellemment filmée par le cinéaste chinois. Entre ces moments silencieux suspendus, uniquement accompagnés par des sons aussi détachés que mélodieux, une dizaine d’intervenants, qui racontent un peu de leur histoire. Un peu de l’Histoire. Essentiellement les bouleversements de la révolution communiste. Et puis un rapport intéressant au cinéma avec les interventions des actrices Wei Wei et Rebecca Pan, et du réalisateur Hou Hsiao Hsien ou encore d’un ancien collaborateur d’Antonioni. Film maelström qui en devient déroutant à force de d’éparpiller. Car à côté de ces écoutes simples qui évoquaient en moins fort son précédent film 24 city, Jia tente une approche beaucoup plus cynique avec deux intervenants arrivistes qui ont profité des montées du capitalisme pour s’enrichir, l’un en bourse, par hasard, l’autre dans les bagnoles en y ayant réinvestit ses droits d’auteur d’écrivain. Ce n’est pas un mauvais film, c’est juste que c’est pour moi un film qui n’a plus la poésie ni la subtilité d’un Still Life. 24 city avait, malgré un parti pris de l’interview exigeante, parfois trop empathique, de belles idées de mise en scène. Il n’y en a plus vraiment ici. A persister dans cette voie, Jia pourrait devenir un vieux con. Ou dans le meilleur des cas se reconvertir dans le pédagogique.

Still Life (Sanxia Haoren) – Jia Zhang-Ke – 2007

Still Life (Sanxia Haoren) - Jia Zhang-Ke - 2007 dans * 2007 : Top 10 still_life_5red

Métamorphoses du paysage.    

     8.3   Nous sommes à Fengje, en amont du barrage des trois gorges, non loin de Shanghai. Le lieu a son importance tant il est magnifiquement filmé. Un homme cherche son ex-femme qu’il n’a pas vu depuis seize ans et sa fille qu’il ne connait pas. Une femme, de son côté, cherche son mari qui a disparu du foyer depuis deux ans. Deux recherches. Deux âmes errantes, ou presque. Tous deux ont un but, mais il est freiné par les bouleversements des lieux. Il suffit de voir le regard de cet homme pour le comprendre. Ce village qui était jadis le sien a disparu sous les eaux du barrage des trois gorges, entraînant la disparition de souvenirs et le déplacement intégral de la population locale.

     Incroyable ce qui transparaît à l’écran, autant dans la photo à tomber des lieux, cette profondeur à n’en plus finir, et ce fleuve qui semble avoir effacé un lieu, une époque. Tout comme dans l’approche des personnages, la direction des regards, vers un paysage qui n’est plus, un paysage métamorphosé. Quelquefois j’ai pensé à Je veux voir, le film de Khalil Joreige et Joanna Hadjithomas, sorti l’an dernier. Même intensité mélancolique dans les yeux des protagonistes, même tristesse muette.

     Quant à la partition musicale, elle est somptueuse. Elle semble accompagner chaque plan, chaque souvenir, chaque rêve des personnages. Et ces sons qui donnent un nouveau coeur à ce nouvel endroit, le son de la destruction, des masses qui frappent la pierre, perdus dans une immensité fabuleuse. Je n’en revenais pas. J’aurais aimé que ça dure encore et encore, que chaque plan s’installe davantage.

     Il y a pourtant ces deux scènes surréalistes, de cet ovni et du monument fusée, qu’honnêtement je peine à interpréter. Que tente de dire le cinéaste ? Si le premier effet semble simplement servir de liaison fantastique entre les deux histoires, qu’en est-il du second ? J’ai lu quelque part que le décollage du monument (l’histoire de la jeune femme) pourrait répondre à l’effondrement de l’immeuble, dans l’histoire suivante (celle de l’homme). On y voit donc cet éternel parallèle que Jia Zhang-Ke a construit, bâti durant toute la durée du film. Cette idée de destruction/reconstruction, un homme qui cherche à retrouver sa femme pour la reconquérir, une femme qui cherche à retrouver son mari pour le quitter, cette idée de fil entre deux rives symbolisé par ce funambule entre deux immeubles, plan qui semble tout droit sortir d’un tableau. Le monument décolle, la jeune femme souhaite détruire sa relation. L’immeuble s’effondre, un couple se retrouve. Plus qu’un parallèle, c’est une analogie directe entre la vie et la mort.

     Still Life, comme 24 City cette année, parle d’un pays, et en parle de la plus belle des manières. C’est un chant d’amour, poétique, un appel au changement, la marque en tout cas d’un immense cinéaste, avec lequel j’apprends, difficilement c’est vrai avec son dernier film, mais qui me passionne comme personne. Un chef d’oeuvre!

24 City – Jia Zhang-Ke – 2009

24 City - Jia Zhang-Ke - 2009 dans Jia Zhang-Ke article_9---24city

   5.2   Sentiment mitigé puisque d’un côté je m’y ennuie un peu, pas au sens où ce n’est pas intéressant, mais au sens où sa richesse me bloque parfois, ses citations, ses monologues de souvenirs, je ne capte pas tout. Je vois de nombreuses histoires – toutes ayant comme point commun cette usine – dont certaines me touchent et m’emportent, d’autres moins. Je reste même, quelquefois, complètement sur la touche.

     Mais lorsque l’attachement au personnage a pris fin momentanément, Jia Zhang-Ke fait du cinéma – au sens « plan » – absolument fabuleux. Les vues générales de la ville, des ruines, de l’intérieur de l’usine sont magnifiques. Parfois même, le temps de deux séquences, dont celle final, la musique choisie rappelle Millennium Mambo. Comme quoi on peut aussi faire un film sensitif et bavard en même temps. Quoiqu’il en soit, ce fut très intéressant, mais ça ne m’a pas vraiment secoué.


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silencio


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