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Chérie, j’ai rétréci les gosses (Honey, I Shrunk the Kids) – Joe Johnston – 1990

25. Chérie j'ai rétréci les gosses - Honey, I Shrunk the Kids - Joe Johnston - 1990Quand je serai petit.

   10.0   Revu comme quasi chaque année cette merveille absolue aux multiples casquettes puisque c’est à la fois une double comédie de remariage, une drôle de comédie de voisinage, une élégante comédie romantique, une jubilatoire comédie d’aventures. C’était l’un de mes films préférés quand j’étais gamin. Et ça l’est toujours aujourd’hui. Je trouve ça toujours aussi beau, inventif, joyeux, émouvant, intelligent.

     Visionnage à la saveur très particulière cette fois puisque accompagné de mon fiston, qui a été happé d’un bout à l’autre – J’avais l’impression de voir mon moi de vingt-cinq ans plus jeune à travers ses yeux – tout en posant plein de questions, faisant tout un tas de remarques, sur le bestiaire principalement, j’ai adoré. Il n’a même pas relevé les deux/trois gros mots disséminés, c’est dire s’il était dedans.

     Lors de l’un de mes nombreux revisionnages, j’avais écrit il y a quelques années que c’était un super film d’aventures pour enfants avant tout et l’un des premiers films que je montrerais à mon fils à coup sûr. On y est. C’est  très drôle, pertinent, plein de rythme et de trouvailles en tout genre avec la jubilation permanente du décor trop grand pour les personnages, mais dans lequel ils finissent par davantage s’adapter et à vivre ensemble, qu’au sein de leur propre famille. Au sein duquel ils finiront par former une chaine d’amitié, avec leurs corps, pour survivre (à la tondeuse) comme il en était de même dans Les goonies, quelques années avant lui.

     Si le film est une digne relecture non dissimulée du sublime L’homme qui rétrécit, j’y ai cette fois vu un gros clin d’œil à Tarantula, l’autre film fantastique de Jack Arnold, dans la mesure où Wayne Szalinski pourrait être un collègue éloigné du Professeur Gerald Deemer avec le désir miroir de révolutionner dans un but économique : Miniaturiser ou gonfler la matière, c’est dans chaque cas soulager, et donc chaque fois très maladroitement et dangereusement, les menaces de l’accroissement de la population.

     Concernant L’homme qui rétrécit, le film offre de gros clin d’œil à l’image de la scène de l’arrosage automatique, ces gouttes d’eau géantes qui rappellent celles provoquées par la fuite du ballon d’eau chaude dans la cave de Scott Carey. Et clin d’œil parfait à la fin existentialiste lorsque Ross Thompson trouve curieux que la lune ait la même taille qu’on soit grand ou petit. Et ce n’est ni gratuit ni un simple hommage grossier, c’est surtout pour ériger le garçon contre son père et ses préjugés simplistes.

     La thématique du miroir prend aussi effet à travers l’opposition des deux familles et sa belle galerie de personnages, où les deux plus jeunes garçons (le sportif débile et l’inventif autiste) sont le reflet craché de leurs pères. Au passage, si chaque adolescent est d’abord dans sa propre bulle, le récit extraordinaire va leur permettre de s’épanouir en groupe le temps d’une journée de galères, le temps d’une aventure impossible dans le jardin d’un pavillon résidentiel qui prend des allures de jungle amazonienne.

     Avec une multitudes de rencontres merveilleuses, occasionnant des glissements de genre en permanence : Le comique avec la fourmi, le rollercoaster avec l’abeille, l’épouvante avec le scorpion, le happy end grâce au chien. Et cette idée, constamment géniale, de faire un film d’aventures dans un jardin comme s’ils étaient en forêt. Avec cet immense terrain de jeu et de danger, vieux jouets perdus ici et là, dalle du jardin comme une falaise repère, torches mégot, tempête arrosage automatique, ouragan tondeuse à gazon. Quelle merveille!

Jumanji – Joe Johnston – 1996

19. Jumanji - Joe Johnston - 1996« Dans la jungle tu attendras, un cinq ou un huit te délivrera »

   6.5   Ravi d’avoir revu ce « film pour enfants » auquel j’étais très attaché étant gamin. Le film étant sorti en 1996, j’imagine que ça s’est joué sur un laps de temps très court en ce qui me concerne vu que je ne me vois pas découvrir ça après mes douze ans, pendant ma découverte de Scream, si tu vois ce que je veux dire. Si je l’aime toujours c’est cela dit probablement pour ça : Je n’étais pas si petit contrairement à mon amour pour Hook, qui s’est évaporé brutalement quand je l’avais revu il y a quelques années.

     Toujours est-il que Joe Johnston, le réalisateur de Chérie j’ai rétréci les gosses, est à la barre de ce film d’aventures destinés aux gosses et trouve encore le moyen d’insuffler une dynamique forte, de créer un univers riche, très identifiable, avec quelques belles idées dans la transformation des intérieurs, notamment – Cloisons recouvertes de lianes faisant résonner la maison comme une jungle, planchers flottants, déluge craché du plafond. Il faudra juste pas être trop regardant sur les diverses apparitions d’animaux tant les effets visuels ont pris un sacré coup de ringardise, je pense surtout aux singes et aux rhinocéros, en image de synthèse bien dégueulasse.

     Le récit, lui, s’articule sous forme de boucle, autour d’une comédie romantique perturbée par la temporalité – Quand le romantisme de Chérie j’ai rétréci les gosses (La grande sœur Szalinski et le grand frère Thompson) était lui activé par le changement de décor. Après la découverte du jeu, il faudra à Sarah (terrifiée par des chauve-souris) et Alan (littéralement dévoré par le jeu) attendre 26 ans pour que deux autres enfants (dont Kirsten Dunst, toute jeune) les délivrent de leur solitude respective et fasse éclater cette histoire d’amour suspendue (façon comédie de reflirtage en guise de remariage) au milieu d’une somme d’embûches qui pourraient être le reflet d’une vie entière de galère.

     Si le film est relativement bien huilé pour plaire aux enfants et suffisamment inventif pour séduire les grands, il y a au moins une idée farfelue qui le traverse (Et ça pour le coup je n’en avais aucun souvenir) : Faire jouer le rôle du père (d’Alan dans le passé) et du méchant chasseur (dans le présent, celui de Judy et Peter) par le même acteur, à savoir Jonathan Hyde (aka Ismay dans Titanic). Je pense qu’il y a quelque chose à analyser sur la peur du père et le transfert des névroses. Lors de sa première apparition, le chasseur tient d’ailleurs des mots similaires à celui de son père jadis (En VF : « Tôt ou tard il faut affronter son adversaire ») qui le poussait à faire face à la bande de garçons qui le persécutait. Alan quittait (Il est avalé par le jeu le même jour) le monde sur une pression morale exercée par son père, il le retrouve sur une pression physique (le chasseur veut le tuer) exercée par un sosie de son père.

     Au delà de ça, c’est un film mignon comme tout, très dynamique, un peu nunuche, parfois très drôle (Il faut dire que les présences de Robin Williams et Bonnie Hunt redonnent du peps) bref on ne s’ennuie pas. Ajoutez à cela quelques références pour le geek-cinéphile, avec deux évidents clin d’œil à Jurassic Park (Le regard de la tante, sortant lentement de sa voiture, choquée par le troupeau ; celui de Judy observant le lion, tétanisée, comme Lex observait le Tyrannosaure) et un autre à Jaws (L’affrontement avec le crocodile). Reste à savoir ce que la suite, sortie au cours de ce mois de décembre, avec entre autre Dwayne Johnson et Jack Black, nous réserve.


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silencio


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