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47 meters down – Johannes Roberts – 2017

25. 47 meters down - Johannes Roberts - 2017La cage rouillée.

   7.0   Sous-genre du film d’horreur à prendre avec des pincettes, le film de requins aura donné, outre un nombre incalculables de nanars, des choses réjouissantes de Jaws à Open water, plus discutables de Peur bleue à Instinct de survie. Quoiqu’il en soit c’est un genre pour lequel j’ai l’indulgence facile, tant qu’on ne verse pas dans le Sharknado et autres débilités nanardesques. 47 meters down attisait la curiosité au moyen d’une bande-annonce aguicheuse. Plus prometteuse que d’autres du même sous-genre, en tout cas. Mais bon, le survival en huis-clos, faut quand même s’en méfier un tout petit peu.

     Dire que c’est une bonne surprise relève de l’euphémisme. Ça marche vraiment, ça fiche bien les jetons. Parce que passé une longue introduction inutile et passe-partout, on restera au fond de l’eau, parce qu’on ne verra que très peu les requins, parce que le hors champ est terrifiant (Si l’on n’aura aucun flashback, on ne verra pas non plus ce qui se passe en surface, il faut même un long moment avant de savoir s’il reste du monde, si les mecs ne se sont pas carapatés, c’est super fort) et parce que le facteur compte à rebours est hyper oppressant : Les bouteilles d’oxygène se vident, forcément.

     Si l’ouverture, comme celle de son modèle en surface (Open water) ne sert pas à grand-chose sinon à ancrer un soupçon de psychologie (Deux sœurs vont faire de la plongée pour faire oublier à l’une d’elles son chagrin d’amour) dès l’instant qu’on entre dans cette cage, qu’on tombe à 47 mètres de fond, que les requins rodent et que l’oxygène vient à manquer, le film enchaîne les bonnes idées, sans pourtant révolutionner quoi que ce soit et sans cracher sur les tics habituels du genre : Trop de musique, temporalité maladroite, trop de plans. Mais ça fonctionne puisque je flippais avec elles.

     En fait, ses vrais modèles c’est Gravity et The descent. Le premier pour l’immersion, et le second surtout, notamment dans cette double fin plutôt surprenante. La spéléo pour oublier un drame est remplacée par une plongée contre la déception amoureuse, mais surtout, aucun montage parallèle ne viendra casser le rythme, étayer le récit ou détourner notre regard. On restait dans l’espace ou dans les grottes, on restera dans cette cage. Et c’est fort car sur le bateau là-haut, t’as Matthew Modine, mais on ne le verra plus. Outre l’idée qu’il n’y a que des filles là-encore, c’est sa gestion du jump-scare qui réjouit : Ni trop ni pas assez. Sans parler du soin global accordé à la photo.

     Et puis j’ai fini par m’attacher à ses filles (qu’on découvre un peu au détour d’un dialogue ou deux, dans un moment d’espoir et d’accalmie) et j’ai aimé leur renversement de caractère qui me rappelle autant le film de Neil Marshall qu’Eden Lake ou Frozen : Dans chaque cas c’est la plus faible qui devient la plus forte. Outre la belle séquence des bouteilles à récupérer, que les types du bateau leur ont balancées, mais qui ont échouées loin à cause du courant et de la profondeur, il y a La scène du film, celle qui en fait sa réussite à elle seule, la traversée d’une crevasse : La fille sort de la cage pour aller chercher la lampe torche d’un secouriste mystérieusement volatilisé, et elle se retrouve à raser le sol de pierres pour éviter les attaques de requins sauf qu’un moment donné il n’y a plus de sol, il y a le vide, le trou noir, l’inconnu absolu. Rarement autant flippé, déjà, mais surtout purée ce que c’est beau, cette immensité lunaire, d’un coup, sans prévenir.


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