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A la recherche de Vivian Maier (Finding Vivian Maier) – John Maloof & Charlie Siskel – 2014

A la recherche de Vivian Maier (Finding Vivian Maier) - John Maloof & Charlie Siskel - 2014 dans John Maloof & Charlie Siskel 12188118_10153258787442106_2028843694765151974_oObsession(s).

     5.4   Vivian Maier n’est plus, elle est décédée à l’âge de 83 ans. C’était une photographe de génie mais de son vivant, ceux qui l’ont croisée ne la connaissaient qu’en qualité de nounou, point. Elle laisse derrière elle une infinité de négatifs enfermés dans des boites, mais zéro notoriété, nada, pas même un semblant de page Google. Son talent n’est reconnu qu’aujourd’hui après que ce jeune inconnu, répondant au nom de John Maloof, ait acquis une série de négatifs anonymes lors d’une vente aux enchères, en vue d’abord d’en faire un livre sur l’histoire de sa ville natale.

     Le documentaire en lui-même n’est pas des plus passionnants mais ce qu’il conte l’est tellement qu’il parvient à l’être aussi. C’est donc l’histoire d’un homme qui retrace comme il peut l’histoire d’une femme, au moyen d’abord de quelques négatifs qui l’emmènent dans un immense local fourre-tout (montagnes de cartons abritant d’autres négatifs mais aussi coupures de journaux, vêtements, impayés d’imposition…) puis à la rencontre de personnes aperçues sur les clichés, notamment des enfants gardés, dont il finit par obtenir l’entrevue, puis dans un village des Alpes françaises dans la famille de la mère de Vivian – Dans lequel on finit par apprendre, qu’elle envoyait ses négatifs pour en faire des tirages qui n’existeront jamais puisqu’elle ne laissait jamais d’adresse.

      Il s’agit pour Maloof d’éclaircir deux mystères : Celui d’une artiste qui a choisi de rester dans l’ombre d’une éventuelle célébrité et celui d’une cinglée – qui gardait tout minutieusement – dont on peut retracer toute la vie par ses photos, vidéos super 8 et notes diverses. Cinglé, John Maloof l’est à sa manière : Plus rien ne compte d’autre pour lui que de rendre public et de faire entrer au musée les photos de Vivian Maier mais aussi et surtout de connaître la vie de son sujet sur le bout des doigts. Rien ne l’arrête. Pourtant, qu’y a-t-il de plus gênant que de faire connaître aux yeux du monde, de manière aussi posthume soit-elle, une artiste qui ne voulait pas se faire connaître ? En plus de ne jamais traiter le pourquoi de l’existence même d’un film de cinéma, comme si l’auteur voulait garder toute transparence théorique pour ne pas froisser le spectateur friand de sensations fortes, cette partie éloquente n’est évoquée que brièvement, entre deux interviews. C’est dommage car cette transmission d’obsessions maladives méritait un film à elle seule.

      Pour accentuer l’excentricité de la photographe, l’auteur dresse le portrait des anciens enfants qu’elle a gardé, devenus adultes, qui se contredisent quasi tous excepté concernant la part d’ombre de leur nounou et sur la présence permanente de son Rolleiflex à son cou. C’est la partie la plus réussie du film, puisqu’elle parvient à saisir cet épais mystère sans jamais réussir à le percer. On comprend que Vivian Maier se donnait un nom différent et une autre origine suivant les familles d’enfants qu’elle gardait mais qui passaient toujours au second plan dès qu’ils se trouvaient dans la rue et que Vivian pouvaient ouvrir l’œil et capter un regard, une situation et l’enfermer dans sa boite. Elle se disait espionne. Elle l’était. A sa manière, comme une journaliste qui enregistrerait tout mais ne dévoilerait jamais rien.

     Le film aurait gagné à purifier et synthétiser son récit plutôt que de nous balancer pêle-mêle ces entrevues chevauchées les unes dans les autres, entrecoupées de clichés de la femme mystère et cerise sur le gâteau, de plans inutiles de John Maloof chez lui. Dommage de ne pas avoir saisi l’art de la jeune femme en le faisant transparaitre formellement dans le film lui-même. Dommage d’être in fine aussi lourd et indigeste. Mais je le répète : le film se nourri d’anecdotes tellement fascinantes, qu’il se regarde sans déplaisir.


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Auteur:

silencio


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