Archives pour la catégorie Jules

Buzz l’éclair (Lightyear) – Angus MacLane – 2022

07. Buzz l'éclair - Lightyear - Angus MacLane - 2022Vers l’infini, mais pas au-delà.

   6.5   Le film est globalement rejeté, par le public et la presse, je ne comprends pas. C’est vraiment super. Peut-être pas du niveau des quatre Toy Story mais qu’importe.

     C’est un spin-off en forme de one shot assez parfait : C’est vrai, pourquoi toujours vouloir faire des ponts, des suites ? Ce film-là se suffit à lui-même. Il est un peu à Toy Story ce que Rogue One est à Star Wars.

     L’idée de base est géniale : Buzz l’éclair se réclame d’être le film qui rendit Andy, le petit garçon de la franchise Toy story, fan du jouet ranger de l’espace.

     Après avoir condamné, à la suite d’une erreur de pilotage, les habitants d’un vaisseau à vivre sur une planète inconnue, Buzz tente de s’en échapper mais dans une succession de ratés aux vertiges temporels imposants : à chacun de ses retours, quatre ans se sont écoulés pour les autres. C’est l’ouverture de Là-haut qui croise Interstellar.

     Le reste fait seulement office de film d’action, avec une drôle d’équipe à construire et un méchant à affronter (Zurg, évidemment), ainsi Buzz l’éclair manque clairement d’émotion, surtout au regard de la franchise et de la belle promesse que constituent ses vingt premières minutes.

     Mais ce serait grossier de bouder son plaisir, tant de plaisir j’en ai eu durant cette agréable projection de juillet avec mes enfants. Quel bonheur de les entendre rire à gorges déployées à chacune des apparitions / répliques du chat Sox, qui est génial.

     Dieu sait que l’idée, pourtant, ne m’emballait au préalable pas des masses. Enfin pas moins que celle de faire un Toy Story 4 après le sublime final de l’épisode 3. Finalement j’ai préféré ce Pixar-là à un autre sorti cette année, Turning red, qu’on encense, à mon avis, beaucoup trop.

     A part ça, on ne le dira jamais assez, mais quel plaisir de revoir un Pixar en salle : Buzz l’éclair étant le premier du studio à sortir sur grand écran depuis le début de la pandémie. Foutue plateformes… Y a que sur grand écran que l’on profiter d’une telle animation, encore une fois, aux petits oignons !

Jurassic world dominion – Colin Trevorrow – 2022

???????????????Les gardiens de la franchise.

   3.5   Un sixième volet qui fait illusion – de plein de manières – mais qui s’avère in fine pas si différent, si on observe attentivement, de L’empire des fourmis géantes, de Bert Gordon.

     Sa première illusion, assez évidente, c’est qu’il a des sous, donc ses dinosaures, en numérique ou en animatronique, sont assez beaux. Ils ne sont pas bien mis en valeur, mais c’est un problème de mise en scène, c’est autre chose.

     Sa deuxième illusion c’est d’être une suite : Si on a grandi avec Jurassic Park, on a envie de voir un troisième Jurassic world, d’autant que le précédent (signé Bayona) était plutôt réussi, très visuel. Quand on grandi avec Jurassic Park, les dinosaures au cinéma c’est sacré : même quand ils sont sous employés, dans Toy Story ou dans le King Kong, de Peter Jackson.

     Troisième illusion et pas des moindres : Il m’a permis une sortie en famille, en pleine fête du cinéma, avec mon fils qui connait le Spielberg par cœur et qui adore aussi les suites. Difficile de bouder ce plaisir.

     Quand bien même ce plaisir se soit souvent effondré durant une séance interminable (2h26, sérieusement ?) et un film archi mal branlé, et cela dès les premières minutes de cette bouillie de spot TV immonde, qui résume maladroitement la situation, qui reprend la suite de ce que promettait le volet précédent.

     J’avais mal à mon Spielberg. D’autant que le film s’assume pleinement dans l’ère du temps : cumuler le fait d’être une suite, un remake voire un reboot. Il y a aura du Jurassic park partout. Il me semble que Bayona s’en sortait plus subtilement, dans le précédent, lui. Là c’est souvent grossier (la bombe de mousse à raser, le plan de découverte des sauterelles (des sauterelles !!) où Ellie Sattler ôte ses lunettes, la scène finale dans l’hélicoptère etc…) quand c’est copié sur Jurassic park.

     Mais le film ne s’en tient pas là et cumule les références variées, arpentant aussi les terres de James Bond, d’Indiana Jones, de Jason Bourne, de Mission Impossible : La scène à Malte (très chouette en passant) qu’est-ce que ça vient foutre là, franchement ? Ou pire, ces films ont tendance à s’inspirer des daubes super-héroïques actuelles, ainsi il ne sera pas surprenant de voir un avion se crasher dans un lac gelé et de voir en sortir Chris Pratt & Bryce Dallas Howard, sans une once d’égratignures. Les gardiens de la galaxie, en somme.

     J’aurais aimé y voir davantage d’idées (du niveau d’un verre d’eau qui tremble, je sais pas) et davantage de contrastes : J’ai l’impression qu’il y fait nuit en permanence, comme dans les films DC ou Marvel, c’est insupportable. C’est vraiment un cache-misère, la nuit. Mais tout le monde n’a pas le talent pour faire un Blade runner.

     Autre chose : Que le film soit invraisemblable, ok, ça ne me dérange pas, les films de la franchise le sont rarement, vraisemblable, après tout on parle de faire cohabiter humains et dinosaures. Mais pourquoi les personnages sont-ils devenus si antipathiques ? Si débiles ? Mon cœur saigne quand je retrouve Ellie Sattler, le professeur Grant & Ian Malcolm. Plutôt les ersatz de leurs personnages, inchangés en trente ans, mais aseptisés, leurs mauvaises copies, comme s’ils avaient été remplacés façon L’invasion des profanateurs de sépultures.

     Je garde le meilleur pour la fin : L’anthropomorphisme. Pourquoi les dinosaures ressemblent de plus en plus à des clébards ou des humains ? Je pense qu’il y avait déjà ça chez Spielberg, c’est difficile d’y échapper, surtout venant de créatures dont il est difficile de savoir leurs vrais comportements. Mais il y trouvait le bon dosage, une étrangeté, une surprise. Ici on peut les dresser en leur tendant la main façon salon nazi. Pire encore, ils peuvent faire semblant de mourir. Dans Fallen kingdom, l’indoraptor faisait semblant de dormir, déjà, mais c’était une création hybride, guerrière, pourquoi pas. Là c’est le Tyrannosaure, celui du film de Spielberg, qui reprend in extremis son statut de « roi de la jungle » qui feint d’être mort sous les coups d’un Giganotosaure. Manquait plus qu’un clin d’œil. Et un hug avec son nouveau copain, le Therizinosaure. Tranquilou bilou. Un nanar à 165 millions, quand même.

Le chêne – Laurent Charbonnier & Michel Seydoux – 2022

04. Le chêne - Laurent Charbonnier & Michel Seydoux - 2022Crise d’épilepsie.

    3.0   C’était un petit coup de poker que d’emmener les enfants voir cela. D’une part car s’ils ont l’habitude de voir des docus animaliers à la télé, ils regardent souvent par intermittences. Ils glanent des images. D’autre part car c’est un film sans parole. C’est tout ce dont je savais. Vu le titre on se doutait qu’on allait voir la vie d’un vieux chêne, plutôt la vie sur et autour de ce vieux chêne.

     Mon fils a plutôt bien vécu la séance, surtout les aventures du petit écureuil. Il a aimé sursauter quand le balanin chevauche un crapaud qui ouvre soudain grand la gueule. Il a aimé voir des sangliers d’autant qu’on venait d’en voir un traverser la route devant nous quelques jours plus tôt. « C’était mignon » a-t-il dit en sortant.

     Ma fille a trouvé le temps très long. Distraite en grande partie par les mulots, l’épisode de la couleuvre ou celui de l’aigle coursant le pauvre geai. Et bien entendu requinquée pendant le chapitre bébés (marcassins, geais, mulot…). Mais globalement elle a passé son temps à me signaler qu’elle s’ennuyait.

     Ennui total pour moi aussi. Je vais tenter d’expliquer pourquoi. Charbonnier & Seydoux optent pour le docu sous forme de rollercoaster jusqu’à intégrer des séquences souterraines de champignons en CGI. Ils vont donc filmer dans les recoins, avec de minuscules caméras, j’imagine. Et quand ils simulent un temps orageux il n’est pas difficile de voir la faune effrayée, puisque c’est leur façon de filmer, de bouger la caméra, qui les effraie. C’est peut-être un mauvais procès, qu’importe ça m’a beaucoup dérangé.

     Ça et le fait qu’il n’y ait pas un plan qui dure plus de trois secondes. C’est un truc de monteur épileptique, pour tenter d’insuffler du rythme, de façon complément artificielle. C’est un film qui refuse le calme et la lenteur. Quand le serpent grimpe l’arbre, c’est un enchaînement de gros plans sur une faune pétrifiée, accompagnés d’une musique adéquate. Mais au final il n’y a aucun danger. La nature est vue comme un terrain de jeu rigolo pour tout le monde.

     C’est un film tout sauf documenté. Tout sauf contemplatif. C’est un tour de manège. Avec les attractions « inondation chez les mulots », « le geai millenium », « Comme un serpent sur la branche » et autre « Le mulot et le renard ». Entre ces attractions, on s’ennuie, on fait la queue – sans pouvoir parler – et on est abreuvé d’images jolies mais publicitaires, épileptiques.

Vaillante (Fireheart) – Laurent Zeitoun & Theodore Ty – 2022

34. Vaillante - Fireheart - Laurent Zeitoun & Theodore Ty - 2022Entre deux feux.

   5.0   Sorte de Backdraft féminisé mixé à du Tootsie inversé, dans le New York des années 30, Vaillante, production franco-canadienne (Les studios L’atelier Animation, qui avaient précédemment fait Ballerina) ne brille ni par son animation, passe-partout, sans invention ni par son récit, ultra prévisible et programmatique. On est vraiment sur un terrain balisé, singeant les standards hollywoodiens. On s’en remet à cette relation père/fille et au travestissement de Georgia, qui se rêve pompier dans une époque où les femmes sont encore loin de pouvoir être des gardiennes du feu. Le film est parsemé de gags burlesques archi lourds – pour faire marrer les gamins – et running gags réchauffés comme les vingt séquences où le chauffeur narcoleptique s’endort. Il ne suffit pas de balancer un gag référence à Safety Last pour réussir un film. Et encore moins de placarder un discours féministe aussi neuneu. Moins désagréable à voir toutefois quand on accompagne les enfants. Surtout en salle.

Encanto – Charise Castro Smith, Byron Howard & Jared Bush – 2021

20. Encanto - Charise Castro Smith, Byron Howard & Jared Bush - 2021La vie est un miracle.

    6.5   C’est un beau film sur le poids de la famille. Il est rare chez Disney de voir un antagoniste aussi invisible, ici il est représenté par la grand-mère, mais c’est plutôt le dit-miracle qui l’incarne : L’histoire d’une famille, les Madrigal, vivant dans une maison enchantée au sein des montagnes colombiennes. Maison offrant à chaque enfant un pouvoir surnaturel, tant vanté, tant espéré qu’on le fête comme une bar/bat mitzvah. Ici il ne s’agit pas de célébrer une majorité religieuse mais d’ouvrir une porte et de faire la rencontre avec son pouvoir magique : une force herculéenne, une faculté de guérison, la possibilité de dialoguer avec les animaux ou encore un don de métamorphose, un don de voyance.

     Mirabel est la seule qui n’a rien reçu. Sans explication, la porte est restée fermée. Et c’est ce personnage, héroïne du film, qui va troubler le rituel et bousculer le quotidien de cette cour des miracles. Par jalousie (notamment envers sa grande sœur, qui fait apparaître des fleurs) et frustration de constater que son petit frère reçoit aussi un don, confirmant qu’elle n’est qu’un maillon oublié. « C’est un pouvoir qui sera à ton image » ne cesse de leur répéter à tous cette matriarche qui les enferme dans une bulle – jusqu’aux mariages arrangés – que Mirabel ne peut supporter puisqu’elle n’a hérité de rien. Elle n’est rien, sans pouvoir.

     La belle idée du film, une fois que la casita commence à se craqueler de partout et que le récit s’emballe, est de libérer les personnages de leurs chaînes, tant chacun éprouve sans le dire, son pouvoir magique comme une malédiction. La réapparition d’un membre disparu redistribue les cartes. Et le film libère bientôt, grâce à Mirabel, le poids de cette histoire familiale et d’un enchantement qui ne peut renaître qu’en étant détruit et relancé sur des fondations plus saines. Avec des pics très émouvants. Larmes aux yeux lors de la scène au bord de la rivière, qui m’a rappelé « la plus belle scène au bord de la rivière ever » dans Pat Garrett & Billy the kid.

     On peut certes regretter que le film ne dessine pas plus loin que cette famille, cette maison. C’est d’autant plus flagrant que la petite communauté (le village) dans laquelle évolue cette petite communauté (La famille) n’est jamais traitée. C’est une toile de fond. Reste qu’au sein de la famille, il y a de beaux personnages, qui sont empêchés aussi car c’est le sujet, de les faire exister uniquement au travers des désirs de la matriarche. Voilà pourquoi Bruno est si beau. De très loin mon personnage préféré.

     Encanto est très beau visuellement, notamment tout le design de cette maison magique, l’animation est fluide, pleine de détails. Le point faible c’est le même que pour Vaiana à mes yeux, les musiques de Lin-Manuel Miranda, qui sont franchement lourdingues. Quant à Coco, son cousin de chez Pixar auquel on pense beaucoup, il est bien au-dessus, évidemment. Reste que ce fut pour moi un enchantement total de voir ça en salle avec mes deux petits gremlins qui ont tous deux adoré.

La Pat’ Patrouille, le film (Paw Patrol,the movie) – Cal Brunker – 2021

03. La Pat' Patrouille, le film - Paw Patrol,the movie - Cal Brunker - 2021« Chase est sur le coup ! »

   5.0   C’est un simple prolongement des épisodes télévisés : Les enfants ne seront pas trop dépaysés. Reste qu’il ne faut plus tenir dix minutes mais une heure et demie. L’occasion de changer de lieu (arpenter la grande ville d’à côté), d’y injecter un nouveau personnage (Liberty, le basset errant) et d’y insuffler un peu plus de romanesque qu’à l’accoutumée : La mission des chiots patrouilleurs se déploie en effet là où Chase fut jadis abandonné. Bref, c’est clairement un épisode pour le chiot berger allemand (gageons que les prochains mettront davantage en avant Ruben, Stella ou Marcus) et pour la petite nouvelle, Liberty, qui apporte un doux vent de fraicheur. Les autres se font discrets. Et ma foi ça se regarde. Surtout aux côtés de ma fille, les yeux écarquillés dans la salle, entre deux baignades estivales.

La petite taupe aime la nature – Zdeněk Miler – 1969-1982

10. La petite taupe aime la nature - Zdeněk Miler - 1969-1982Feu vert.

   6.0   En découvrant C’est nous les héros, sur Netflix, avec mon garçon, je me suis demandé depuis quand n’avions-nous pas été dans une salle de cinéma, ensemble ? J’ai songé à Toy story 4. C’était à la fin de l’été 2019, quand l’idée d’une pandémie comme celle que l’on vit actuellement n’était encore que de la science-fiction.

     C’est alors que j’ai réalisé ne pas avoir parlé ici de ma première séance avec ma fille. C’était il y a tout juste six mois, cet été, le matin du douze juillet, entre deux confinements, en somme. Le seul film qu’elle ait vu en salle, Covid oblige, à l’heure où j’écris ces lignes. Moi qui rêvais d’en faire un rituel hebdomadaire, c’est raté, enfin pour le moment. Croisons les doigts.

     La petite taupe aime la nature est une collection de trois petites aventures pas d’aujourd’hui. Il y a une histoire de chewing-gum (1969), une sur les affres de la télévision (1979), une autre sur la construction d’une ville au milieu d’une forêt (1982). Des thèmes dans l’air du temps, avec une forte dimension écolo. C’est pédagogique et chouette.

     C’était donc ma toute première séance de cinéma avec ma fille, trois ans. Mon fils, huit ans, nous accompagnait, évidemment. Souvenir d’autant plus gravé qu’il me rappelle que la première séance cinéma de mon fiston c’était déjà pour la petite taupe, il y a six ans. La boucle est bouclée.

Toy story 4 – Josh Cooley – 2019

01. Toy story 4 - Josh Cooley - 2019Cowboy destiny.

   8.0   Nous avions laissé Toy Story 3 sur une fin parfaite, lumineuse, bouleversante : Andy avait grandi, et après moult péripéties de ses jouets loin de sa chambre, il choisissait pour eux ni la poubelle ni le grenier, mais de les transmettre à Bonnie, qui avait trouvé le petit shérif. Woody compris – Non sans hésitation et déchirement. Que pouvait-on faire de plus ? Voilà pourquoi l’annonce d’un quatrième volet en chantier m’avait rendu sceptique, pour rester poli. Et puis le film se faisant, avec l’équipe habituelle (Cooley, Stanton, Lasseter…) il devient rapidement, logiquement l’un de ceux que je veux voir à tout prix cet été. Mon fils l’a vu en juillet. Moi je l’ai raté en août. Finalement nous y sommes allés (ou retournés) le premier jour de septembre. La veille de sa rentrée : C’était parfait. Soyons honnêtes, j’ai eu les yeux embués du début à la fin. Je n’exagère pas, la scène du flashback (idée magnifique) avec l’adieu de Woody à la bergère, sous la voiture, encerclés d’un rideau de pluie, j’étais déjà en miettes. C’est du niveau de la scène d’adieu (aussi sous la pluie) dans Seul au monde, pour moi. Sauf qu’elle intervient au bout de cinq minutes de film. On sait que ce n’est pas gratuit (jamais chez Pixar) donc que c’est une amorce pour une éventuelle retrouvaille, et cette promesse est en soi déjà déchirante. Toutefois, la vie reprend son cours. Le flashback s’évapore avec notre souvenir de Bo la bergère. Quant à Andy c’est du passé, puisque c’est bien de Bonnie dont il s’agit maintenant, Woody compensant sa quasi inutilité (il est relégué au placard puisque chez Bonnie, le shérif sur Pile-poil c’est Jessie) en protecteur du nouveau jouet fétiche, construit par Bonnie lors du terrifiant jour d’adaptation à la maternelle : Fourchette. De quoi alimenter un terreau que la franchise n’avait pas encore utilisé jusqu’alors : Le jouet jetable. Et pourtant, qu’il s’agisse de l’histoire de cette rudimentaire fourchette en plastique, de celle d’une poupée oubliée chez un antiquaire pour un défaut de fonctionnement, ou de celle de Duke Kaboom, le jouet décevant, C’est la destinée de Woody qui est au centre du récit. On comprend assez vite l’essentiel : Toy Story avait bouclé la boucle Andy, mais pas celle de Woody. Le générique d’ouverture racontait déjà beaucoup puisque d’une part la chanson choisie est la même que celle qui ouvrait le premier opus en 1995, d’autre part car il prend soin de montrer le cowboy à différents âges de « son enfant » Andy jusqu’au passage de relais à Bonnie. C’est un épisode pour Woody. Afin que lui aussi finisse par voler de ses propres ailes à moins qu’il soit plutôt question de tomber avec panache.

Comme des bêtes 2 (The secret life of pets 2) – Chris Renaud – 2019

03. Comme des bêtes 2 - The secret life of pets 2 - Chris Renaud - 2019Passe-moi les croquettes.

   3.5   La confrontation avec cette suite, en salle, part d’une étape malchanceuse puisqu’elle intervint après avoir raté, de très peu, la séance de Toy Story 4 qui en ce jour de pluie fit le plein lors d’une projection de 14h au Lido, de Royan, érigé depuis deux ans en simili-multiplex Pathe-like bref une usine familiale qui sent beaucoup trop le popcorn. A cet horaire, le quatrième volet de la saga Pixar n’était pas seul à faire salle comble : Le roi lion, Dora et C’est quoi cette mamie, aussi. On pouvait s’en aller la queue entre les jambes, nous sommes restés – Energie tranquille du mois d’août aidant, même dans la lose la plus totale – et nous sommes rabattus sur ce qui restait : Comme des bêtes 2 au détriment de Playmobil, le film. Voilà pour la genèse. C’était simplement pour dire qu’on n’avait pas vraiment choisi : Un médiocre lien mkv au retour de vacances nous aurait amplement suffit.

     Au final, ça vaut quoi, Comme des bêtes 2, cette suite du sympathique autant qu’il est dispensable Comme des bêtes ? Difficile de le sauver autrement qu’en disant « Mon fils de sept ans riait de bon cœur à mes côtés » ou « c’est du cinéma fast-food, assumé, conscient de sa médiocrité et de (la médiocrité de) sa cible ». Autant le premier dynamitait rapidement son argument vente en faisant sortir les animaux domestiques dans un terrain de jeu plein de surprises : New York. Un peu façon Toy Story mais en (mille fois) moins bien, inventif, jubilatoire, tout ce qu’on voudra. Autant ici, difficile d’y détecter une once d’originalité tant tout, du simple petit rebondissement, à l’intrigue globale, en passant par les vannes et les références disséminées, sent le réchauffé. En fait, c’est simple, il suffit de voir l’équipe choisie pour les voix de la version française pour situer l’ambiance et la qualité du film : La bande à Fifi. Ils ont l’air sympathiques, je dis pas, mais depuis Babysitting, hilarant, dynamique et malin found footage dans l’air du temps, qu’ont-ils fait ? Des déclinaisons de cet humour lourdingue, un peu comme les films du Splendid après Le père noël est une ordure, en gros.

     Bon je m’égare, mais en gros, Comme des bêtes 2 reprend pile poil cet univers régressif, couplé d’allusions à tout ce qui fonctionne dans la beauf-culture (films de super-héros, clips de raps, vidéos lolcats) pour faire une déclinaison animalière et animée de Babysitting, grosso merdo. Augmenté d’une inspiration Disney (Rox & Rouky / Cars) mal digéré notamment quand Max, le frêle Jack Russell se retrouve avec ses maitres à la campagne et rencontre le valeureux berger allemand Rico qui va le transformer en lui enseignant les vertus du courage, afin de lui permettre de revenir dans la storyline centrale : Une bête histoire de gérant de cirque machiavélique qui s’en prend à un pauvre bébé tigre, méchant qui est une sorte de déclinaison pure de Scar (les loups autour de lui remplacent les hyènes) voire de Pitch, des Cinq légendes.

     Dans l’abondance de mini-saynètes beaucoup trop hystériques pour moi, la séquence de l’appartement des chats errants m’a relativement plu, les délires en cape du lapin blanc nettement moins, sans doute parce que je préfère le discret clin d’œil au grossier coup d’épaule, mais aussi parce que je suis moins Superman (Balancer le thème du film, en 2019, c’est chaud franchement) que Gremlins, et que cette petite vieille, quelque part, me rappelle un peu Mme Deagle. Le film préférant la saynète (l’esprit vidéos de zapping et autres bêtisiers) au récit, on fait pareil et on essaie de trouver des embryons de satisfactions esseulées ici et là. Ça passe, avec une énorme indulgence.

Spider-Man, Far from home – Jon Watts – 2019

07. Spider-Man, Far from home - Jon Watts - 2019La toile des illusions.

   5.5   Homecoming avait offert un vent de fraicheur à cette saga, on y découvrait un parfait Peter Parker, sous les traits de Tom Holland, largement plus jeunes que les précédentes incarnations Tobey McGuire ou Andrew Garfield. On y découvrait un univers de lycée, c’était léger, plutôt cool, pas trop bourrin – deux séquences seulement lâchaient les chevaux, en bien (Le Washington Monument) ou en moins bien (le ferry). On ne retrouvera pas cette fraicheur ici, sans doute parce qu’Endgame est passé par là, mais pas seulement, tout est plus lourd, dans l’action, dans les blagues, mais aussi dans la (triple) partie romcom. Ce qui est plutôt touchant et réussi, c’est paradoxalement ce qui dessert le film en tant qu’opus Spiderman. C’est plutôt un nouvel Iron man, en fait. Un Iron man post scriptum, un Iron man sans Tony Stark. Il n’est plus là mais il est partout, dans le masque de tristesse arboré par Peter Parker, dans l’imposante présence d’Happy Hogan, dans le McGuffin que joue l’apparition des lunettes EDITH et forcément dans le méchant, qui vient pour s’en emparer. L’idée c’est aussi de trouver un héritier à Iron Man. Et cette partie-là est plutôt bien agencée, entre l’initiation de Peter et ses doutes, sa relation avec Mysterio. Ensuite, dès l’instant que les masques tombent, le film est plus évasif dans ce qu’il tente. Les divers affrontements – à Venise, Prague ou Londres – sont pas hyper bien chorégraphiés. Mais parmi ces déceptions il y a tout de même une scène ahurissante, un truc complètement dingue, vertigineux, osé – comme si d’un coup le MCU se fichait de plaire à tout le monde : Peter Parker est balloté dans les illusions du méchant, affronte d’autres Spiderman, voit Stark sortir de sa tombe, avant de percuter un train. Franchement, c’est sans doute aussi bordélique que les scènes multidimensionnelles dans Docteur Strange mais moi ça m’a surtout fait penser à la séquence du tunnel dans le Vice Versa, de Pixar, à l’intérieur duquel les personnages deviennent des aberrations cubistes. Vraiment, à cet instant-là, je me suis demandé ce qui traversait les méninges de mon fils, assis à côté de moi, mi éberlué mi interloqué. C’est pas grand-chose, ça dure pas longtemps d’ailleurs, mais dans un circuit aussi mainstream que le MCU, ça surprend. Bref, j’ai trouvé le film plutôt attachant dans l’ensemble, mais aussi un peu trop dans la facilité, comme en témoigne la relation entre Ned & Betty. Je regrette qu’on nous tease sur le multivers (Fury qui annonce à Parker que Mystério vient d’une autre Terre) pour ne rien en faire sinon offrir cette petite friandise finale qui cite la trilogie de Sam Raimi. Enfin j’imagine qu’on va y venir, qu’on a évoqué le multivers pour le développer plus tard, comme on avait évoqué la physique quantique dans Ant-man (qui clôturait la phase II) pour l’exploiter en phase III. On verra.

1234

Catégories

Archives

septembre 2022
L Ma Me J V S D
« août    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche