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Roulez jeunesse – Julien Guetta – 2018

38. Roulez jeunesse - Julien Guetta - 2018Papa, malgré lui.

    5.5   Etrange de voir ce film dans la foulée d’Amanda. A priori ce ne sont pas des films qui pourraient se faire écho et pourtant, pour l’un comme pour l’autre, le film se cale sur un évènement dramatique, à savoir la disparition d’une femme, d’une mère, pour en faire éclore les retrouvailles entre une autre mère et son fils. S’il faut beaucoup aux deux films pour en arriver là, si dans l’un c’est le combat de l’absence et dans l’autre celui de l’omniprésence, si c’est largement moins subtil dans le film de Julien Guetta, c’est probablement plus inattendu ici et donc in fine un peu émouvant. Et le film part de très loin tant le tout début, soyons honnête, est pas loin d’être insupportable, dans sa mécanique comique et son hystérie pas possible, d’abord parce que ce n’est jamais drôle, pour ne pas dire que c’est absolument sinistre, ensuite parce qu’on enchaine les situations aussi improbables que racoleuses. Tout ce qui se joue avec le bébé, par exemple, c’est franchement gênant, à peine digne d’un sketch de Florence Foresti en mode « Que ferait un mec si une nana lui laissait ses marmots sur les bras ? » ainsi que la première entrevue avec l’assistante sociale (Laure Callamy, qui est donc partout et ici coiffée comme Anais Demoustier dans Au poste !) ainsi que les apparitions des ouvriers du garage, qui durant leur temps libre conduisent des dépanneuses sur une tablette et se blindent de café. Ok. Pourtant, à l’image d’un Eric Judor qui passe par tous les registres de jeux, le film s’ouvre, tente quelque chose qui va plus loin que de s’accommoder à son simple pitch, puisqu’il s’aventure sur le terrain du drame. Certes il ne réussit pas tout (voire pas grand-chose) mais c’est toujours mieux que le dernier Salvadori. Alors, si le rapport mère/fils est beaucoup trop ostensible dans ses non-dits hostiles (Elle ne supporte plus de ne pas voir son fils vouloir reprendre les rênes du garage de son père ; Il ne supporte plus de devoir travailler aux côtés de sa mère, en gros) il émeut lors d’une étreinte, quand elle découvre enfin l’adulte qui se cachait dans son fils, quand elle le voit prendre des décisions pour des enfants, là où elle voulait à tout prix qu’il en prenne pour des bagnoles en panne. Dommage qu’on en passe par un retour au bercail : Pourquoi faire revenir le personnage à son poste attendu ? Le mieux n’aurait-il pas été de le voir s’épanouir dans une passion qu’il aurait vraiment choisie ? C’est con car c’est pas loin de tout casser cette idée de fin.  Mais je comprends en un sens : ça permet à Julien Guetta de nous offrir cette jolie scène finale, qui répond à la toute première. Là où Judor fredonnait seul Cool cat, de Queen ou devait partager Fug de Cymande dans sa dépanneuse, il filera en papa de substitution avec les trois enfants avant d’imiter le bruit de l’océan pour préparer les vacances. Un père est né.


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