Archives pour la catégorie Just Philippot

Acide – Just Philippot – 2023

37. Acide - Just Philippot - 2023Il pleut, il pleut, il brule.

   6.5   Ne serait-ce que pour la scène centrale du pont (y a vraiment cette idée de passage, de film coupé en deux, d’espoirs détruits) et son impressionnant mouvement de foule ainsi que sa résolution macabre, dans ce fleuve d’acide terrifiant, il faut voir Acide. Scène traumatisante pour moi. Je pense que je m’étais fait un autre film, au vu de ses premières minutes. Un film apocalyptique qui viserait dans le même temps celui de remariage. Acide sera beaucoup plus sombre que cela : Une course-poursuite, vers nulle part. La famille, dysfonctionnelle et disloquée, en sera le cœur battant, mais jamais pour détourner la dureté du récit. Tout est sombre à souhait, dès ces premières images de révolte (qui rappellent En guerre, de Stephane Brizé) jusqu’à la dernière, sur ce lit dans cet hôpital de fortune. Le temps en famille sera fait de désaccords et de cris tant il charrie un douloureux passé, une séparation probablement faite du même bois. Le soleil du film c’est une histoire d’amour, mais on ne la suivra que par téléphone ou visio, avant qu’elle ne disparaisse dans le néant. C’est très dark. Alors on pourra toujours gloser sur le réalisme de certaines situations. L’acide qui ronge des tôles et contamine des rivières mais qui n’a ni incidence sur les pneus ni les arbres, c’est un vrai problème. Ça m’a gêné certes mais j’y ai cru en tant que montre diluvien, sélectif, incompréhensible, quasi abstrait et surtout j’ai cru à tout le reste, que le film navigue dans les eaux de La guerre des mondes (en permanence) ou qu’il fasse du pied à The last of us (l’escale d’une nuit chez une femme et son enfant calfeutrés), il m’a semblé surtout très graphique dans le peu de moments où il ose s’aventurer. Le film s’est tellement fait éventré de partout je m’attendais à trouver ça à chier. C’est peut-être moins réussi que La nuée mais j’ai trouvé ça très bien, moi.

La nuée – Just Philippot – 2021

35. La nuée - Just Philippot - 2021Dans la serre, personne ne vous entend crier.

    7.0   Croisement improbable entre Petit paysan et Les oiseaux, La nuée est un premier film hybride puissant, qui parvient aussi bien à capter la crise du monde agricole qu’à faire grimper une menace horrifique qui culminera dans un dernier tiers ahurissant, de tension, de maîtrise à couper le souffle. Il n’est pas interdit non plus de penser à Cronenberg tant le vertige organique y est là aussi fécond ni même au Phase IV de Saul Bass, pour sa promesse apocalyptique, ce qui permet de constater que les sauterelles sont tout aussi anxiogènes que les fourmis. Mais La nuée est plus qu’un simple film d’orthoptères monstrueux, c’est aussi un beau mélodrame familial et donc un drame rural, faisant le portrait d’un milieu aux abois où il faut littéralement donner de son sang pour s’en sortir. C’est aussi l’histoire d’une relation mère/fille explosive au carrefour de leurs métamorphoses et pétage de plombs. Deux idées majeures : Avant tout le point de bascule (le sang) qui sort le film des rails naturalistes, disons, pour le faire entrer dans une mécanique horrifique ; ensuite la bande-son, vite saturée de stridulations des sauterelles, qui appuie le crescendo anxiogène. Et une révélation : Suliane Brahim y est exceptionnelle.


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