Archives pour la catégorie Katell Quillévéré

Réparer les vivants – Katell Quillévéré – 2016

19. Réparer les vivants - Katell Quillévéré - 2016Cœur.

   5.3   Je trouve le film très beau sitôt qu’il montre le quotidien, sitôt qu’il s’affranchit de son sur-symbolisme et ses violons franchement omniprésents. J’aime par exemple ce qu’il montre de la douleur de parents affrontant la mort en marche de leur fils. C’est très difficile à regarder mais Emmanuelle Seigner et surtout Kool Shen (vraiment puissant, avec si peu d’apparition et de parole) sont bouleversants. J’aime cet aspect ingrat consistant à montrer tout le processus entre les médecins, la difficulté de trouver les mots et la façon d’aborder un sujet comme le don d’organe qui est sans doute le dernier truc auquel tu as envie de causer quand on t’annonce la mort cérébrale de ton enfant. Je n’avais jamais vu Tahar Rahim aussi bon (il joue le médecin) il m’a bluffé. J’aime le basculement du film dans une deuxième partie attendue (Le film est globalement super prévisible dans ses enchainements) mais bien amenée, notamment dans sa façon d’aborder les retrouvailles de deux adolescents et leur mère malade : Ils vont regarder E.T. sans doute comme ils le faisaient fut un temps. Quelque part Quillévéré ouvre la boite magique en insérant là le film de Spielberg. Et enfin, je trouve la partie transfert du cœur plus belle encore dans la mesure où l’on va suivre ce cœur, les deux opérations sur ces deux corps opposés qu’on va relier : la femme et le garçon, la mère et l’enfant, celle qui peut vivre et celui qui doit mourir. Il y a quelque chose de terrible dans cette façon de « débrancher » le plus jeune pour « rallumer » la moins jeune, quelque chose de cruel car pas très naturel mais que la caméra de Katell Quillévéré vient capter sensuellement au point de nous le faire accepter, au point de ne pas rendre la chose méga glauque, au point surtout de nous faire oublier le côté moral et publicitaire du récit. J’aime moins que le film tente ici un flashback de l’adolescent pour faire joli. Qu’il s’ouvre là sur un prologue mortifère un peu neuneu dans son alliage fenêtre ouverte / océan / éoliennes. Après il me semble que Réparer les vivants joue admirablement avec sa construction chorale, car sur le papier c’est on ne peut plus casse-gueule. Et puis surtout, je crois que je retiendrais l’investissement des acteurs. Evidemment, la cinéaste s’est minutieusement entouré (Pas moins de dix d’entre eux font partie de ceux sur qui on peut compter ces temps-ci) mais je trouve que chacun, dans la partition qu’on lui prête, parvient à trouver le ton juste. Plus juste que la mise en scène et les petites choses qui forcent un peu trop sur la corde émotionnelle.

Suzanne – Katell Quillévéré – 2013

1551618_10152257216797106_2893809024172204358_n     6.0   Beau film qui aurait néanmoins gagné à saisie davantage de moments volés, quotidiens, là en l’état je trouve que ça fonctionne un peu trop à l’utile. En un sens ça m’a fait penser à Tout est pardonné de Mia Hansen-Love, que je trouve pour le coup magnifique à tout point de vue. Mais c’est bien quand même, mieux que son premier film, Un poison violent, dont j’ai le maigre souvenir d’un truc très scolaire. Et François Damiens est étonnant de sobriété, il est excellent. Quant à Adèle Haenel et Sara Forestier, c’est du high level, mais c’est beaucoup moins surprenant.

Un poison violent – Katell Quillévéré – 2010

19430306   4.4   Promotion hideuse d’abord avec une affiche aussi subtile que la bande-annonce, la croix dans le dos sur le papier quelle idée ingénieuse, dévoilement des personnages du film en teaser avec tous les pseudos rebondissements que ça accompagne, il n’y avait au départ pas grand chose qui donnait envie de se jeter sur le premier film de cette jeune cinéaste. Et puis il y a eu le prix Jean Vigo. Etant donné qu’ils sont rarement mauvais je me suis laissé tenter. Si Un poison violent n’est pas un bon film dans sa globalité selon moi (déjà, les musiques, quelle lourdeur !), il réussit par instants esseulés à atteindre une intensité qui le fait s’envoler. Ce n’est déjà pas si mal.

     Dans Hadewijch, le dernier Bruno Dumont, il y avait aussi une adolescente en proie au doute sur ses croyances, en plein questionnement intime sur sa foi. Beaucoup plus riche et insolent était ce film qui dans le même temps contenait de vrais défauts inhérents à cette prise de risque, mais au moins il avait une mise en scène, ce n’était pas Dumont à son meilleur, mais on était charmé, notamment par cette sublime fin qui en faisait l’un des finals les plus beaux de l’année. Un poison violent est un film sage. Et plus que cela c’est un film qui stagne, qui ne s’aventure jamais au-delà de ses propres balises.

     Chaque personnage se trouve en plein doute ou en tout cas se trouve à un moment de sa vie où il doit sinon faire des choix, souffrir voire mourir. La mort sert ici comme fil rouge. Et personne n’évolue vraiment au sein de son questionnement intérieur. Entre les mines déconfites d’une Lio mono-expressive, le cabotinage ennuyeux de Galabru, niveau interprétation ce n’est pas le pied non plus. Heureusement, il y a des moments plutôt miraculeux, très forts émotionnellement même. Ce peut être un jeu de séduction adolescent assez maladroit mais très touchant, une très belle partie de football, certaines discussions prêtre/jeune fille ou père/jeune fille presque sorties d’un Pialat. Oui il y a des choses sensationnelles dans ce film (la scène de confirmation dans l’église en fait partie d’ailleurs) on en n’est pas débordé non plus mais le peu suffit, et du coup je ne suis pas loin de l’aimer ce film.


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silencio


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