Archives pour la catégorie King Vidor

Guerre et paix (War and peace) – King Vidor – 1956

01. Guerre et paix - War and peace - King Vidor - 1956Le messager hollywoodien.

   6.0  Je connais très mal Vidor, mais si je compare tout à cette merveille qu’est Le rebelle (1950) c’est vite une déception, forcément. Guerre et paix est un film un peu lourd ici, mal fagoté, ça manque clairement de souffle. Mais il y a malgré tout une certaine démesure qui séduit, dans sa façon de gérer avec passion aussi bien les scènes confidentielles que les grands mouvements de foule et de guerre.

     Problème de taille : L’histoire russe et la vie de l’aristocratie moscovite le tout en anglais c’est probablement ce qui me semble le plus gênant dans la version de Vidor, qui sans doute par manque de liberté, délivre un cours d’histoire en Technicolor, spectaculaire et intimiste, accompagné de deux excellents guides : Audrey Hepburn & Henry Fonda.

     C’est donc un pavé (3h28) tout ce qu’il y a de plus studieux autant qu’il est désincarné. Il faudrait surtout que je voie la version soviétique de Sergueï Bondartchouk, déjà parce que ça semble colossal ensuite car elle colle sans doute plus au réel et au roman de Léon Tolstoï.

La légion des damnés (The Texas Rangers) – King Vidor – 1936

03. La légion des damnés - The Texas Rangers - King Vidor - 1936Mercenaires par hasard.

   5.0   C’est à la fois une commande à la gloire d’une force armées en marge (les Texas Rangers) donc c’est un peu embarrassant voire abrutissant dans un premier temps, mais Vidor y insuffle une tendresse, une mélancolie, fait un super film d’amitiés viriles doublé d’une histoire d’amour beaucoup plus terne, qui tendent le film vers quelque chose de parfois plus touchant (dans sa maladresse) que gênant. Et puis l’auteur est à l’aise dès qu’il s’agit d’inscrire l’action dans un paysage, avec notamment une belle scène de bataille et un imparable affrontement en duel à la fin. Dispensable mais nettement plus intéressant que le December 7th de John Ford, s’il faut comparer ces deux « films de propagande ».

Le rebelle (The fountainhead) – King Vidor – 1950

Le rebelle (The fountainhead) - King Vidor - 1950 dans * 250 50764288_p

Liberté.

    9.0   Ce qui frappe avant toute chose dans Le Rebelle, et très rapidement, c’est la mise en abyme du cinéma à travers le métier d’architecte, comme si ce dernier n’était qu’un prétexte pour que Vidor parle des problèmes liés à sa profession, de la liberté sans cesse remise en question, l’appât du gain, les travers de la réussite face à la beauté de la passion. Howard Roark est un jeune architecte que l’université rejette pour sa volonté créatrice qu’il oppose constamment aux attentes du public.

     Un jour il est engagé par un architecte reconnu, qui pense comme lui, l’expérience en plus, capable de construire des immeubles nouveaux, dans les règles de l’art, mais reconnaissant avoir été obligé de construire selon l’attente pour survivre. C’est le journaliste qui est le grand méchant ici, c’est lui qui dicte le sentiment du peuple en décidant d’une bâtisse si elle est convenable ou non. Roark est condamné à être en perpétuel désaccord avec tout le monde, et ne se voile pas la face pour s’en sortir, mais travaillera la pierre avant que l’on vienne le relancer sur des buildings dont lui seul aurait le dernier coup de crayon.

     Oui c’est un rebelle. Mais pas n’importe quel rebelle. Il ira jusqu’à dynamiter une cité en construction quand il apprendra que l’on a retravaillé ses plans. Il ira sur le banc des accusés pour avouer son crime mais en exposer la cause pour ne jamais se fourvoyer. Quand nombreux disent qu’il est la personne la plus égoïste car il ne se plie sous aucun prétexte au goût du public, d’autres voient en lui (nous les premiers) l’homme le plus intègre qui soit, l’homme le plus respectueux, qui s’en va tel un artiste, offrir au public une réflexion sur la grandeur de l’art, les possibilités nouvelles que cela lui permet, ses exigences. Ce qu’un (vrai) cinéaste nous offre par le cinéma en fin de compte. Offrir du neuf. Y mettre son cœur.

     Il faut voir avec quelle énergie Vidor développe tout cela, son film dure presque deux heures, on ne les voit pas passer. Avec quelle intelligence il traite ses personnages, je pense dans un premier temps au grand patron du Banner, ce journal sans âme, qui n’est finalement pas loin de Roark quelque part (il lui dira d’ailleurs qu’ils sont les mêmes, mais que lui n’a pas pris la bonne direction). L’amitié qu’il offre aux personnages désespérants/désespérés comme cet ancien collègue, pur produit de la consommation de masse. J’aime aussi énormément le personnage féminin, qui n’est autre que la pierre angulaire de ce chambardement final.

     Le rebelle est un poème à la création, une ode au beau. C’est un film d’une flamboyance incroyable, qui ne se satisfait jamais de rien, et propose à n’en plus finir. Quel magnifique (autant qu’il est malheureusement improbable) dernier plan !


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