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Le rebelle (The fountainhead) – King Vidor – 1950

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     8.2   Ce qui frappe avant toute chose dans Le Rebelle, et très rapidement, c’est la mise en abyme du cinéma à travers le métier d’architecte, comme si ce dernier n’était qu’un prétexte pour que Vidor parle des problèmes liés à sa profession, de la liberté sans cesse remise en question, l’appât du gain, les travers de la réussite face à la beauté de la passion. Howard Roark est un jeune architecte que l’université rejette pour sa volonté créatrice qu’il oppose constamment aux attentes du public. Un jour il est engagé par un architecte reconnu, qui pense comme lui, l’expérience en plus, capable de construire des immeubles nouveaux, dans les règles de l’art, mais reconnaissant avoir été obligé de construire selon l’attente pour survivre. C’est le journaliste qui est le grand méchant ici, c’est lui qui dicte le sentiment du peuple en décidant d’une bâtisse si elle est convenable ou non. Roark est condamné à être en perpétuel désaccord avec tout le monde, et ne se voile pas la face pour s’en sortir, mais travaillera la pierre avant que l’on vienne le relancer sur des buildings dont lui seul aurait le dernier coup de crayon.

     Oui c’est un rebelle. Mais pas n’importe quel rebelle. Il ira jusqu’à dynamiter une cité en construction quand il apprendra que l’on a retravaillé ses plans. Il ira sur le banc des accusés pour avouer son crime mais en exposer la cause pour ne jamais se fourvoyer. Quand nombreux disent qu’il est la personne la plus égoïste car il ne se plie sous aucun prétexte au goût du public, d’autres voient en lui (nous les premiers) l’homme le plus intègre qui soit, l’homme le plus respectueux, qui s’en va tel un artiste, offrir au public une réflexion sur la grandeur de l’art, les possibilités nouvelles que cela lui permet, ses exigences. Ce qu’un (vrai) cinéaste nous offre par le cinéma en fin de compte. Offrir du neuf. Y mettre son cœur.

     Il faut voir avec quelle énergie Vidor développe tout cela, son film dure presque deux heures, on ne les voit pas passer. Avec quelle intelligence il traite ses personnages, je pense dans un premier temps au grand patron du Banner, ce journal sans âme, qui n’est finalement pas loin de Roark quelque part (il lui dira d’ailleurs qu’ils sont les mêmes, mais que lui n’a pas pris la bonne direction). L’amitié qu’il offre aux personnages désespérants/désespérés comme cet ancien collègue, pur produit de la consommation de masse. J’aime aussi énormément le personnage féminin, qui n’est autre que la pierre angulaire de ce chambardement final. Le rebelle est un poème à la création, une ode au beau. C’est un film d’une flamboyance incroyable, qui ne se satisfait jamais de rien, et propose à n’en plus finir. Quel magnifique (autant qu’il est malheureusement improbable) dernier plan !


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Auteur:

silencio


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