Archives pour la catégorie Lewis Teague

The lady in red – Lewis Teague – 1979

33. The lady in red - Lewis Teague - 1979La fille de Chicago.

    8.0   Découvert grâce à feu La Loupe et donc grâce à la personne qui avait jadis partagé ce film sur La Loupe. L’occasion pour moi de le remercier. The lady in red dormait sur mon disque dur depuis.

     Puis, en octobre dernier, Quentin Tarantino en a écrit un papier consistant et passionné pour Les Cahiers du cinéma. L’envie s’est réveillée puis rendormie.

     Mais quand l’autre jour mon fils a revu L’aventure du Poséidon je me suis rappelé que Pamela Sue Martin (qui incarne Susan dans le film de Ronald Neame) campe le premier rôle dans The lady in red. Il est monté direct dans mes priorités, cette actrice est extraordinaire.

     Et puis j’ai découvert un autre film de Lewis Teague très récemment : sa géniale adaptation du Cujo, de Stephen King. C’était le moment.

     The lady in red se déroule dans les années 30 et raconte l’histoire de Polly, jeune provinciale battue par son père qui monte à Chicago et qui est tour à tour couturière, serveuse, prostituée avant de faire un séjour en taule, d’en sortir et de faire la rencontre d’un gangster qui n’est autre que John Dillinger, dont elle sera la maîtresse, avant d’être à la tête d’un gang pour un braquage de banque qui vire au carnage.

     C’est un film passionnant, branché sur son héroïne de la première à la dernière seconde, branché donc sur Pamela Sue Martin, qui est magnétique, et sur Polly, personnage fascinant, qui encaisse les coups, avance en permanence, courbe l’échine ou se rebelle. Elle est imperturbable, impénétrable, elle se relève tout le temps.

     Ce qui est très beau ici c’est de faire un film qui évoque un célèbre gangster sans pour autant faire un film sur lui, mais plutôt sur une fille qu’il aura croisée, personnage absolument fictif. Un procédé qui me rappelle le chef d’œuvre des frères Coen, Inside Llewyn Davis, qui conte l’histoire d’un musicien passé le même soir que Bob Dylan.

     Le film est surtout très rude, violent ici quand une gardienne se défoule à mort sur une prisonnière, là quand le corps d’une prostituée est retrouvé lacéré par un notable mafieux. Les coups de feu ont la puissance de ceux de chez Peckinpah. Et à noter qu’on y croise deux visages familiers : Dick Miller & Christopher Lloyd, qui incarnent des pourritures infectes.

     Pour le reste, le film est brillamment écrit par John Sayles, déjà auteur du génial scénario du Piranhas, de Joe Dante. Et malgré ses moyens modestes, la reconstitution de l’époque est magnifique. On a vraiment la sensation d’être dans les années 30.

     Tout à l’heure je découvre que le film a seulement dix pauvres notes sur SC. Dix ! Bref, un film inconnu à réhabiliter d’urgence. Vite, une édition digne de ce nom, bordel !

Cujo – Lewis Teague – 1983

06. Cujo - Lewis Teague - 1983Les infidèles.

   7.0   Dix ans avant Beethoven, le Saint-Bernard était déjà à l’honneur sur les écrans de cinéma, dans l’adaptation du roman éponyme de Stephen King (Cujo, 1981), cette fois moins destinée au public familial : L’histoire d’un gentil chien, qui chope la rage suite à une morsure de chauve-souris, dévore son maître, avant de piéger une femme et son enfant, dans leur voiture.

     D’un côté, le film (et probablement le livre aussi ?) nous plonge dans un quartier résidentiel de Castle Rock, dans le Colorado et brosse le portrait du couple Trenton, en crise depuis que Vic a découvert que Donna, sa femme, a une liaison. Ils ont un petit garçon de cinq ans, sujet à des terreurs nocturnes. De l’autre celui de la famille Camber, issue de la campagne environnante, abritant une ferme, un garagiste, sa femme, son enfant et un chien, le Saint-Bernard Cujo, dont on assiste progressivement à la métamorphose.

     Tandis que son mari part en voyage d’affaires, Donna part avec Tad faire réparer sa voiture au garage des Camber. Ils sont d’emblée assaillis par le chien, tous crocs dehors, bave blanche dégoulinante, qui décide de ne pas les laisser sortir. Et la voiture ne démarre plus. Les heures défilent, bientôt les jours et l’on se dit que les téléphones portables c’est quand même une super invention.

     Du seul point de vue de la tension, la seconde partie du film est une petite merveille, faisant grimper un crescendo lent et organique (On y ressent la chaleur et la déshydratation) magnifiquement secondé par l’interprétation assez magistrale de Dee Wallace (Qui jouait la mère, dans E.T.) et Danny Pintauro (L’une des plus impressionnantes performances de petit garçon vues sur un écran) et bien entendu de la présence démoniaque du chien monstrueux.

     Bien sûr tout cela est très classique dans sa construction, puisque le film n’ose pas entièrement le huis-clos en restant dans cette voiture et préfère nous convier, dans un montage parallèle à suivre les inquiétudes du mari, sans nouvelles de sa femme et son fils, depuis son départ. Il s’agit évidemment de faire monter l’angoisse et d’espérer qu’il vienne vite à leur secours. Ces scènes sont les moins réussies. C’est vraiment quand il évolue au sein de cette habitacle irrespirable, cernés par les aboiements, que le film révèle tout son potentiel anxiogène.

     Bémols : Le film délaisse complètement la famille Camber au profit des Trenton, alors qu’ils auraient mérité d’être traités équitablement, afin de renforcer l’aspect miroir de la situation : L’absence du mari d’un côté, celle de la femme de l’autre. Aussi, je ne peux m’empêcher d’y voir des velléités moralisatrices, de la part du cinéaste (car King ira apparemment plus loin là-dessus) qui semble un peu trop fasciné par l’idée de punir le personnage féminin, en plein chemin de croix, face à son reflet infidèle et destructeur.   

     Quoiqu’il en soit – et quand bien même la fin semble beaucoup plus passe-partout que dans le livre, plus hollywoodienne, disons – ce récit de chien fidèle et affectueux transformé en monstre sanguinaire s’avère aussi palpable que malsain couché sur écran. Toutes les scènes d’attaques sont assez puissantes. Et le film est oppressant, par instants terrifiant et surtout la photo, signée Jan de Bont, est très réussie, renforcée par cette édition blu-ray Carlotta à tomber par-terre. De la bonne série B de luxe.


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