Archives pour la catégorie Lisa Aschan

Voltiges (Apflickorna) – Lisa Aschan – 2011

Voltiges (Apflickorna) - Lisa Aschan - 2011 dans Lisa Aschan 678938_backdrop_scale_1280xauto   3.3   C’est un film qui pourrait avoir de belles choses à dire mais qui ne sait pas les dire. Qui ne sait pas comment le dire. Il semble s’orienter vers une adolescente férue de représentation hippique, représentation gymnastique ou plutôt une sorte de natation synchronisée transposée au cheval. C’est une passion que je ne connaissais absolument pas. Je ne sais d’ailleurs pas comment ça s’appelle. Donc évidemment je voudrais en (sa)voir plus c’est à dire que j’aimerais que l’on filme ça, que je ressente cette tension qui anime cette représentation aussi admirable que dangereuse, qu’il se passe comme une infiltration imperceptible de ce milieu sportif si singulier. C’est une première chose importante, puis désolante puisque l’on ne voit rien, tout devient affaire de montage tant est si bien que la montée sur le cheval est l’illustration exemplaire de ce que propose le film continuellement, à savoir de vouloir nous faire croire quelque chose que le film lui-même ne croit pas. Il n’y aura aucune montée de cheval dans le film (en tout cas rien d’essentiel qui ne puisse me faire imaginer que les actrices seraient ou non des professionnelles de cette discipline), la cinéaste étant beaucoup trop préoccupée sur cette rivalité des regards et des corps entre ces deux personnages féminins. Comment ne pas penser au film de Céline Sciamma, Naissance des pieuvres, qui était tout son contraire, dans la réussite j’entends. Pourtant il y avait cette même fascination réciproque entre deux adolescentes (et plus encore) et bon nombre de fois des choix incompréhensibles, de la part de la cinéaste comme des personnages. Mais on y croyait d’un bout à l’autre. Voltiges m’a davantage fait penser au film Des filles en noir, de Civeyrac, non pas dans son évocation de l’adolescence, le film de Civeyrac étant beaucoup plus traversé par la mort que par le désir (et c’est peu de le dire) mais dans cette propension similaire à vouloir systématiquement tout appuyer, brouiller les cartes pour faire genre. Rien ne marche puisque l’idée n’est pas à vouloir partager un point de vue mais à faire une démonstration de bon élève des émois adolescents par l’absurde.

     Et à côté de ça, Voltiges se décentre légèrement vers ce qui devrait emmener le film vers des cimes beaucoup moins ciselées, plus osées, en concentrant momentanément le récit sur la petite sœur de huit ans. C’est sans doute la seule chose que j’aime vraiment dans ce film, à savoir comment la cinéaste amène à voir ce que l’on n’imaginait pas. Cette petite fille évoque durant une bonne moitié du film, avec sa grande sœur autant qu’à son papa, son amour pour un garçon qu’elle tient sur un piédestal tel qu’il n’y a plus que lui à ses yeux. C’est lorsque plus tard que nous découvrons l’identité du garçon, son cousin, deux fois plus âgé qu’elle qu’une gêne s’empare de nous, un sentiment beau et limpide mais très malaisant, puisque l’on découvre non pas l’amour d’une petite fille pour son grand cousin (il n’y a rien de nouveau là-dedans, même si j’aime bien l’idée de le filmer) mais un désir sexuel, certes pas ostentatoire mais tout de même présent, évident. Et traiter de la précocité de cette manière là, c’est à dire en reléguant cette partie du récit en simple appendice au film, je trouve ça pire que maladroit mais tout simplement de mauvais goût. Du coup c’est comme si l’on avait traité cela à la légère, pas de manière plus embarrassante que dans Fish Tank d’Andrea Arnold, alors que les deux demoiselles en question n’ont manifestement pas le même âge.

     Le film reprend vers l’affrontement entre ces deux jeunes femmes, mélange d’admiration, de désir refoulé et de rivalité primitive pour accoucher petit à petit et laborieusement vers un traité de bon élève, une fois encore, où le déséquilibre initial change de côté et où l’on tue symboliquement (une fille est à-terre) celle des deux qui paraissait la plus forte au départ avant que l’autre ne vienne lui prendre sa place…


Catégories

mars 2017
L Ma Me J V S D
« fév    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche