Archives pour la catégorie Lodge Kerrigan

Claire Dolan – Lodge Kerrigan – 1998

05. Claire Dolan - Lodge Kerrigan - 1998Portrait de femme.

   7.0   Les premiers plans sont des lignes, des cases, marquées par des reflets déformés du ciel, de la ville, du vide, produits par des façades de buildings. Kerrigan filme d’emblée New York sous un jour glacial, fantomatique, mais c’est pourtant un personnage qui sera bientôt de quasi chaque plan, une femme, Claire Dolan. Elle nous apparait d’abord cloitrée dans une cage, cabine téléphonique dans laquelle elle passe des coups de fil à ses clients, prend rendez-vous pour demain avec l’un, pour maintenant avec l’autre. Claire Dolan est esthéticienne mais aussi call-girl pour un mac auprès de qui elle s’est semble-t-il endettée – On n’en saura guère davantage : Il y a très peu d’info sur son background, il ne reste qu’un présent morbide, sans vie, sans fin. Un défilé d’hommes observés à travers des vitres, des miroirs, des écrans de télévision. Et la prostitution saisie sans fioriture, sans glamour, comme une malédiction. Et le décès brutal d’une mère, qui ébranle le peu qu’il restait à ébranler. Une lueur viendra pourtant s’immiscer, une rencontre, une histoire d’amour avec un homme, Elton. Et bientôt un bébé à venir. Une lueur qui perce malgré la noirceur d’un tableau terrible, un New York écrasant, dangereux, vulgaire, manipulateur, cynique, pervers. Qui prend visage chez ce mac (incarné par un acteur sous-estimé, une vraie gueule qu’on n’oublie pas, aussi bien chez Frears, Kerrigan, Mann ou dans Les ailes de l’enfer, qu’importe que les rôles soient discrets : Col Meaney est absolument glaçant là-dedans) mais pas seulement puisqu’il y a tout un tas de tarés, rencontrés par Claire mais aussi par Elton, incarné par l’excellent Vincent D’Onofrio. Pire, le film est très déstabilisant dans sa temporalité, cumulant les ellipses sans prévenir, renforçant le dispositif impénétrable. Et quand on croyait le film prêt à arpenter un chemin plus lumineux, prêt à capter cette lueur, il s’en va autrement, capte une lueur qu’on n’attendait pas, une lueur d’indépendance absolue. Les deux dernières scènes (En compagnie de Claire face à un monitoring, puis en compagnie d’Elton sur un trottoir new yorkais) sont assez imparables, d’horizon salutaire et de réalisme tragique. C’est donc un très beau portrait de femme, distant car chirurgical, incarné par une actrice habitée, magnifique, Katrin Cartlidge, qui disparaitra tragiquement d’une pneumonie peu après la sortie du film.


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silencio


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