Archives pour la catégorie Louis Malle

Fatale (Damage) – Louis Malle – 1992

07. Fatale - Damage - Louis Malle - 1992L’ange noir.

   6.0   C’est un film qui m’avait beaucoup marqué, quand j’étais adolescent. Au point que pendant longtemps, Binoche pour moi c’était Anna Barton, dans Fatale. Mais aussi parce que j’avais l’habitude de voir Jeremy Irons en Simon dans Une journée en enfer et que son rôle ici (Stephen Fleming, ministre marié qui plonge dans une relation aussi torride qu’elle est impardonnable, avec la petite amie de son fils) me fascinait justement parce qu’il était aux antipodes, même si en y réfléchissant il se fait dans l’un comme dans l’autre balader (Par un flic valeureux ou une femme fatale) par « une mouche dans le lait, un petit rouage qui grippe, un emmerdeur » pour citer John McClane, dans Piège de cristal. Enfin c’est plus subtil que dans mon souvenir sur ce point de vue, Anna est moins une femme fatale qu’une amoureuse franche, capable d’aimer follement mais avec toujours cette possibilité de tourner la page – mantra qu’elle s’impose depuis que son frère s’est suicidé par amour pour elle. Le film est moins subtil dès qu’il s’agit de tout surligner à renfort de séquences miroir, d’échos visuels, de paroles très écrites. Car ce suicide jadis répondait évidemment à une passion secrète. Dans ce canevas il n’est pas difficile de deviner la trame qui se construit en écho à celle du passé. On apprendra donc que Martyn, le fils de Stephen, ressemble beaucoup au frère d’Anna, comme si de lui attribuer une place de remplacent ne suffisait pas. Dans mon souvenir, le film se fermait sur Stephen, nu comme un ver, étreignant son fils qui venait de tomber les étages d’un immeuble londonien après avoir découvert sa promise dans les bras de son père – Plutôt avec son père dedans. Désolé. En fait il y a encore plein de choses derrière, dont un départ silencieux d’Anna, toute de noir vêtu arpentant la ville et l’avenir non sans chagrin, mais aussi une confrontation entre Stephen et sa femme, mère dévastée, d’une puissance inouïe : « Why didn’t you kill yourself ? ». Et puis un épilogue, qui se déroule on ne sait où, en forme de purgatoire, franchement plus discutable. Certes le film est beaucoup trop froid, même ses scènes de sexe sont froides, mais il y a toujours quelque chose « de sale dans le sage » qui continue de me séduire.

Le voleur – Louis Malle – 1967

08. Le voleur - Louis Malle - 1967L’art de la solitude.

   5.0   Toujours été très curieux de découvrir ce Louis Malle qui a plutôt très bonne réputation et je dois dire que je suis un peu déçu. C’est pas mal, soigné mais peut-être un peu trop anti-Rappeneau autant qu’il est anti-Nouvelle vague, pour vraiment me séduire. Belmondo est bien puisque très discret (quasi à contre-emploi de ses rôles précédents) et son personnage est un beau personnage. C’est moins un film sur un voleur que sur la solitude, d’ailleurs, c’est tout l’intérêt du film je pense. Le revers de la médaille c’est qu’on s’ennuie beaucoup, tout est un peu trop littéraire, chacune des rencontres ne débouche pas sur grand-chose, chaque personnage est relativement antipathique. Heureusement, super casting féminin : Geneviève Bujold, Marie Dubois, Françoise Fabian, Bernadette Lafont, Marlène Jobert. C’est déjà ça.


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