Archives pour la catégorie Mahamat-Saleh Haroun

Grigris – Mahamat Saleh-Haroun – 2013

Grigris - Mahamat Saleh-Haroun – 2013 dans Mahamat-Saleh Haroun critique-grisgris-de-mahamat-saleh-haroun,M111538   5.2   C’est pas mal, en effet, incomparable au précédent Saleh Haroun qui était une vraie purge auteuriste vide. Là il y a vraiment la mise en espace d’un corps et c’est très réussi. Après, narrativement, ça ne me passionne pas des masses, malheureusement donc ça ne m’émeut pas non plus car le film est trop embrigadé dans la fiction et sa représentation un poil trop écrite à mon goût. Fusionner le documentaire et la fiction peut s’avérer très beau mais force est de constater que Saleh Haroun est moins à l’aise avec le second.

Un homme qui crie – Mahamat-Saleh Haroun – 2010

Un homme qui crie - Mahamat-Saleh Haroun - 2010 dans Mahamat-Saleh Haroun 484596_un-homme-qui-crie-de-mahamat-saleh-haroun

     1.3   C’est tout de même l’histoire d’un homme qui trahit son fils, par simple peur d’être relégué au rang de vieux, simple peur de perdre, en l’envoyant au front en réponse à la demande d’effort de guerre. C’est quelque chose d’indicible, qui le tiraille et lui commande de faire ce geste courageux, que l’on voit comme une lâcheté, parce qu’il est réalisé après que le fiston ait pris la place de son père, en tant que maître-nageur pendant que ce dernier sera dorénavant garde-barrière. Sur le fond le film pourrait dire des choses très fortes sur l’esprit compétitif (rappelons que le personnage en question est un ancien champion de natation) et la recherche de rédemption. Mais il utilise tout cela de façon si lourde, si insupportable que le film est un véritable calvaire. A commencer par l’utilisation symbolique : la première séquence par exemple voit le père et son fils se défier en apnée. Le fils gagne, ça semble être la première fois, il exulte. Avec le recul du film, c’est d’une lourdeur. Et puis que dire de ce nombre incroyable de plans visages uniquement à dessein de voir des yeux embués, des larmes en couler. C’est affreux. Et puis le cinéaste ne filme absolument rien de son pays. Tout est fade, jusque dans l’utilisation des couleurs. Et quand il a la bonne idée d’étirer les plans, rien, on ne voit rien, les personnages n’existent plus, ils surjouent, à l’image de ce plan fixe et hyper cadré d’une famille en plein repas à l’ambiance pas très joviale. Juste mauvais. C’est un film qui recherche une certaine pitié, qui voudrait que l’on s’apitoie sur le sort de cet homme. En guise d’exemple : la scène où l’on voit la première fois Adam satisfaire les clients qui klaxonnent en leur ouvrant la barrière, chacun leur tour, pour entrer, pour sortir. Il y a comme un va-et-vient incessant qui a vocation comique, quelque chose de Tati dans ce plan fixe répétitif. Mais c’est froid, sans saveur, ça ne demande qu’à être plaint. Et c’est ça tout le temps, jusque dans la scène de fin.


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Auteur:

silencio


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