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Three Billboards, Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) – Martin McDonagh – 2018

31. Three Billboards, Les Panneaux de la vengeance - Three Billboards Outside Ebbing, Missouri - Martin McDonagh - 2018En lettres noires sur fond rouge.

   3.5   C’est pas mal, dans un grand élan d’indulgence. Mais c’est tout, non ? J’ai un peu de mal à comprendre l’engouement global autour de ce film qui n’a de révolutionnaire que le mot inscrit sur son affiche en gros caractères rouges. J’ai l’impression qu’il est même le prototype du film américain pas du tout révolutionnaire. Qu’il surfe sur une mode, celle des premiers films d’Inarritu, mais sur un fond peut-être plus Eastwodien (J’ai pensé à L’échange) et sur une mécanique qui pompe clairement sur Collision, son grand idole apparemment. Pas si étonnant de voir Three Billboards en course (et apparemment favori, non mais franchement…) pour les Oscars étant donné que le film de Paul Haggis en avait en son temps récolté quelques-uns dont la récompense suprême, contre toute attente si mes souvenirs sont bons. Beaucoup aimé Collision à l’époque. Il y avait un truc fort, un magma impalpable, des blocs de sidération hyper marquants, des personnages forts et plein de défauts grotesques mais que j’avais réussis à trier. Faudrait que je le revoie.

     Cette forme, je la retrouve dans Three Billboards. Cette plongée dans une somme d’histoires, d’individualités, dans une Amérique raciste et des personnages réunis, perturbés par une donnée nouvelle, un autre personnage, avec son histoire, sa violence, sa volonté de rendre justice coûte que coûte. A ce petit jeu choral, il me semble que le film échoue puisque si le personnage de mère-courage joué par Frances McDormand est absolument passionnant, attachant autant qu’elle est exécrable, ceux qui gravitent autour le sont nettement moins ou alors ils sont dessinés maladroitement. Et les rebondissements qui les accompagnent sont les plus invraisemblables qu’on verra cette année, je pense. Les lettres de l’un, le revirement de l’autre, deux idées qui sont belles. Mais comment est-ce possible d’écrire des scènes pivot pareilles ? Sam Rockwell qui tombe dans la même chambre d’hôpital que celui qu’il vient d’agresser ; Frances McDormand qui envoie les cocktails molotov dans le commissariat le soir où Sam Rockwell se trouve dedans, avec un casque sur les oreilles (LOL), venus reprendre en main son dossier ; Sam Rockwell, toujours, qui se murge dans le bar du coin et entend derrière lui un type qui parle d’un viol ressemblant à celui de la fille de la mère aux Billboards ; Frances McDormand qui dine avec Tyrion Lannister et qui voit son ex-mari débarqué dans le même resto avec sa petite amie écervelée (personnage ridicule du film). Rarement vu un film qui fasse autant clignoter les bouleversements dans son intrigue.

     Finalement, sur une trame similaire je me demande si je préférais pas Wind River, l’an dernier. Il y avait une volonté d’ancrer le récit dans une géographie, une culture alors que McDonagh se fiche complètement du village dans Three Billboards, et d’ailleurs il suffit de voir ce qu’avait fait Van Sant d’un lieu si proche (même si c’était en Pennsylvanie alors que Three Billboards se situe dans le Missouri) dans Promised Land, c’était autre chose. Et puis Wind River allait au bout de sa démarche. C’était un peu puant, un peu pour l’auto-justice, comme l’était Trois enterrements en son temps (Le même temps que Collision, tiens) mais au moins on allait au bout du schéma. Ici même pas, McDonagh se la joue petit bras comme pour tout le reste, avec ses gentils pas si attachants qu’on pourrait le croire et ses méchants moins irrécupérables qu’ils laissent paraitre. A la toute fin, on a bien compris qu’il voulait nous dire que ses personnages allaient faire demi-tour et bien j’aurais préféré qu’il nous le montre plutôt que de laisser planer un pseudo doute comme s’il voulait se froisser avec personne.

     Et puis t’as des séquences qui sont de petits frissons de la honte quand même. Le flash-back inutile – comme dans Wind river, mais il avait le mérite de sa sécheresse – et d’une telle lourdeur. Le passage de la biche – Au secours ! Et puis cette séquence de lynchage hyper violent, qu’est-ce que la plan-séquence vient faire-là, franchement ? Il y a quelques années on avait aussi eu le droit à un film tape à l’œil dans un style similaire, The place beyond the pines, qui sur un registre choral, tentait beaucoup plus de choses (Faire trois films en un) mais échouait lui aussi en filmant mieux un personnage que les autres. Mais au moins ça ne cherchait pas à séduire tout le monde. Et puis cet humour omniprésent dans Three Billboards, trop forcé est assez insupportable. Autant que le sont ces grandes tirades de Frances McDormand. Il me semble qu’In Bruges avait un ton nettement plus impertinent et courageux que ce machin programmé pour les statuettes. Vraiment, je comprends pas trop les éloges là.


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