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Americano – Mathieu Demy – 2011

Americano - Mathieu Demy - 2011 dans Mathieu Demy accident-voiture

   6.3   Durant le générique final, on apprend que les images du film, représentant les souvenirs d’enfance du personnage, sont des séquences d’un film d’Agnès Varda, Le documenteur (que je n’ai jamais vu) dans lequel elle filmait son propre fils, Mathieu Demy. Ce sont de vraies images de lui, enfant. Dans Americano, la récurrence de ces scènes souvenirs, dépareillées du reste par l’intermédiaire d’un format carré ne correspond que trop bien à l’idée d’un voyage mémoriel en terme de cinéma, ostensiblement différent afin qu’on l’identifie aisément du reste. C’est une affaire de format, ce pourrait tout aussi bien être l’utilisation du noir et blanc. S’il est un procédé désuet et désincarné force est de reconnaître qu’il obtient une entière légitimité dans ce cas-ci, surtout lorsqu’on le colle au sujet du film. Mathieu Demy propose avec Americano son premier long métrage, destiné à interroger le passé, aller à sa recherche, tout en ne sortant jamais d’un cadre entièrement fictionnel. C’est une fiction qui convoque le réel. Débusquer le vrai par le faux. C’est un road-movie de tradition, où la découverte du monde et de soi semblent liées. Sans doute un peu schématique – l’antipathie initiale se délite au profit d’une générosité un peu forcée – l’évolution de Martin se révèle en fin de compte très touchante. Le film m’a beaucoup fait penser à Paris, Texas et c’est impossible que Mathieu Demy n’y ait pas un minimum pensé. De belles choses dans ce premier film qui commence par un voyage – Martin s’en va aux Etats-Unis pour vendre l’appartement de sa mère, récemment décédée avant qu’elle ne soit rapatriée et inhumée en France, en Vendée. Un voyage d’apparence simple dans lequel Martin va peu à peu se détourner de son processus, par le biais avant tout de la rencontre d’une amie de sa mère un peu trop présente puis par la découverte d’une lettre testamentaire dans laquelle il apprend que sa mère lègue son bien à une certaine Lola. Cette jeune fille que Martin fréquentait par le passé avant de revenir en France, après la séparation de ses parents. Tout le film devient un questionnement du passé. Ces moments oubliés qui reviennent. Outre ces souvenirs qui réapparaissent dans la mémoire de Martin (les images du film Le documenteur) il y a aussi cette photo, en noir et blanc, sur laquelle se trouve Lola, sa mère et lui-même. Un enfant revient à plusieurs instants dans le film, c’est le miroir de Martin. Comme Rosita (Salma Hayek) n’est pas la Lola qu’il croit (et que l’on croit longtemps) mais une substitution de Lola. Il y a un plan qui résume tout le film : celui où Martin observe au travers d’une vitre et il y découvre cette face du monde qu’il rejetait, en même temps qu’il paraît englouti par l’océan en arrière plan. A première vue, ce voyage n’allait rien changer à sa vie. Il y a cette relation qu’il entretient dans les premières secondes avec une jeune femme (Carla Mastroianni) qu’il ne semble pas vivre passionnément. On sent dans les derniers mots prononcés que Martin a découvert un Martin qu’il ne connaissait pas, qu’il a sans doute bien plus appris dans ce voyage que lors de toute sa vie, que sans doute cette relation à laquelle il n’accordait que peu d’importance est sur le point de renaître. Mathieu Demy ne fait que tracer un nouvel horizon au travail magnifique de ses parents. Ça n’a rien à voir avec la nostalgie du passé, c’est un travail de mémoire, façon road-movie, de ce qu’était la comédie musicale chez son père ou le docu chez sa mère. Espérons que ça ne soit qu’une esquisse et que ce qui suivra sera cette fois encore plus puissant, cela dit ce premier beau film est encourageant.


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silencio


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