Archives pour la catégorie MCU

Doctor Strange in the multiverse of madness – Sam Raimi – 2022

24. Doctor Strange in the multiverse of madness - Sam Raimi - 2022Vision dead.

   3.0   Il y a deux façons d’aborder ce nouvel opus de la giga franchise Marvel : Soit par le prisme de la continuité qu’il génère (Les fans du MCU sont aux anges) soit pour l’envie de revoir aux commandes un Sam Raimi qu’on n’avait plus vu depuis dix ans (Les fans d’Evil Dead y vont le cœur serré).

     Si (comme moi) on n’est ni fan de Marvel ni de Raimi ça n’a aucun intérêt de regarder ce machin, qui opère donc un processus un peu schizophrène, tant à la fois Raimi tente des choses mais qu’il doit être surveillé et entravé par Kevin Feige en permanence, et tant le film, au sein de la franchise, est un pur produit destiné aux fans qui ne ratent rien, des films aux multiples séries qui s’y relient : Ici donc il vaut mieux avoir vu Wandavision si j’ai bien compris ? Moi ça ne m’intéresse pas cette façon de faire. Bientôt il faudra avoir jouer à tel jeu vidéo pour comprendre un de leurs films, avoir acheté un hors-série spécial, un produit dérivé essentiel. C’est l’horreur.

     Rapidement sur le film : C’est une bouillie indigeste, qui ne tient même pas ses promesses de multiverse, je parle au niveau visuel. Ça ne propose absolument rien, un peu à l’image de cette scène, aveu d’échec magnifique, qui dure vingt secondes ou l’on traverse brièvement plusieurs univers – animation comprise – avant d’atterrir dans un monde qui n’est qu’une copie plus colorée de notre monde, où les feux rouges, tenez-vous bien, sont verts, et vice versa. La nullité du truc. Autant revoir le superbe film d’animation Spiderman into the spiderverse.

     Alors, dans un élan d’indulgence, on pourra se satisfaire des petites saillies gores – c’est clairement le plus horrifique de la saga, heureusement, avec un Raimi aux manettes – mais on sent trop les petits copiés collés (d‘Evil Dead, essentiellement) pour faire plaisir aux fans de Raimi. Le reste c’est comme d’habitude, des dialogues lourdauds en champ contrechamp et des effets spéciaux immondes.

Spider-man, No way home – Jon Watts – 2021

43. Spider-man, No way home - Jon Watts - 2021Spiderandom.

   4.0   La fraicheur college movie dégagée par Homecoming s’était déjà dilapidée dans Far from home, dont on ne gardait finalement que la présence de l’antagoniste Mysterio. Sur une promesse autrement plus conséquente puisque No way home aborde enfin frontalement la question du multivers, John Watts ne fait rien. Il s’en remet aux apparitions des anciens opus de l’homme araignée, aussi bien les méchants (on retrouve Octopus, Sandman, le bouffon vert, le lézard et Electro) que les incarnations de Spiderman : L’occasion pour Tom Holland de croiser la route d’autres lui, d’autres Peter Parker dans d’autres franchises, à savoir Tobey McGuire & Andrew Garfield.

     C’est sans doute ce que les fans (Il semble que ce soit d’ailleurs un projet né d’un buzz sur la toile, c’est dire le niveau de créativité) attendaient le plus dans un univers Marvel de plus en plus assoupi depuis Endgame. Et cet opus s’en remets littéralement à cette idée. A rien de plus. Il y aura zéro surprise, durant 2h30 interminables où l’on se demande constamment ce qui peut exciter l’aficionado là-dedans. Car No way home est un film balourd, sirupeux et complètement léthargique, avec des Spiderman sans charisme, javélisés.

     Son récit de dislocation des univers repose quand même sur une fondation aberrante : En gros, Peter Parker est dégouté que tout le monde sache qu’il est Spiderman, d’autant que ça lui ferme des portes pour entrer à l’université, alors il demande à Dr Strange de lui rendre son identité secrète aux yeux de tous au moyen d’un sortilège. Et le magicien accepte. Et ça se passe mal. Le truc repose sur un simple caprice d’ado, quoi. Même moi qui ne suis pas forcément intéressé par les scénarios, j’ai trouvé ça hallucinant. Pire enjeu narratif ever.

     Mais si tant est qu’on passe outre ce set-up de la honte, le film ne tient jamais sa promesse formelle dans la création de ce multivers. Il ne va jamais sur le terrain de Sam Raimi, par exemple, non. Car c’est un film dans la lignée des précédents films Marvel. Il ne faut pas que ça déborde. C’est du fan-service, fabriqué dans un besoin de rentabilité permanent. Un truc random totalement en fonction de l’attente des fans, en somme. Et ça se comprend vu combien coutent ces machins. Alors si en plus ça pète un peu durant trois/quatre scènes, le chaland est apparemment rassasié.

     Parlons-en, des scènes d’action : Si l’on fait abstraction de leur fabrication sur fond vert (et franchement c’est pas facile) on s’en tiendra à celles de la toute première partie, à savoir celle avec Octopus sur le pont et l’autre dans les portails de Dr Strange. Toutes les autres sont atroces. Surtout après celles de The Batman où l’on sent un peu la vitesse, la matière, la destruction, ici c’est le néant complet, comme si on assistait à une bataille de figurines sur un décor de lego géant. Et je passe sur cette sempiternelle ambiance comico-neuneu : Voir cette scène où les trois Spiderman se comparent leur toile respective et bien appuyer, dans le texte, plusieurs fois, grassement, au cas où on n’avait pas compris la première fois le sous-texte.  J’étais gêné.

     Deux choses m’ont aussi passablement agacé : Tout d’abord, cette obsession qu’a le film d’annoncer son programme, par l’intermédiaire de MJ « le meilleur moyen d’être déçu c’est de trop espérer » une phrase méta petit slip, comme si on appelait en permanence à notre indulgence critique, parce que tu vois c’est dur quand même de faire un film, de remettre une pièce dans la machine et de proposer un truc fou et nouveau. Vos gueules, bordel !

     Ensuite, car il est à l’image de la sensation procurée par le film entier, la scène post générique est incroyablement nulle. J’ai toujours trouvé que c’était merdique ces scènes post génériques, mais au moins parfois il y avait un truc, une idée, un plan, une promesse et parfois sur quelques secondes. Là on nous sert quoi ? Quasiment une bande-annonce pour le prochain opus de Dr Strange. Les mecs, sérieusement, vous avez rien de mieux en stock ?

     De toute façon, le vrai Spiderman, en version multivers, c’est Spiderman, New Generation, de Phil Lord & Chris Miller qui était beau, vertigineux et virtuose. Le seul truc que j’aurais trouvé couillu ici c’est s’ils avaient fait entrer Miles Morales (le Spiderman animé) dans l’équation occasionnant un truc formel hybride façon Qui veut la peau de Roger Rabbit ? Un peu trop créatif sans doute. Et impossible niveau droits, gros sous et sondage de fan-service aussi j’imagine. Bref j’ai trouvé ça globalement gerbant. Mais c’est Spiderman, et donc on passe pas non plus un moment horrible.  

Les éternels (Eternals) – Chloé Zhao – 2021

14. Les éternels - Eternals - Chloé Zhao - 2021Bande à part.

   4.5   Alors c’est donc ça le renouveau Marvel ? On prend une cinéaste en plein essor, récemment oscarisée (mais surtout surcotée) et ça devrait suffire à rendre cette nouvelle histoire différente, plus moderne, comme si le simple fait d’avoir « un auteur » en l’occurrence « une auteur » (et ça prend plus d’importance encore) à la barre était gage de qualité. On est chez Marvel, on imagine que Zhao n’est pas libre de grand-chose sur le produit final.

     Car je n’ai pas vu de changement si évident, moi. Les scènes intimes et les scènes d’action sont les mêmes que dans les précédents Marvel. Il semble qu’il y ait moins de fonds verts, certes et plus de décors naturels, mais l’ensemble reste laid. Les scènes d’action, Zhao ou pas, sont d’une laideur sans nom, décalquées sur ce que studio nous a concocté ici ou là depuis quinze ans.

     Or ce que les premiers films du MCU avaient tout de même réussi c’était de faire rentrer les personnages un par un, de films en films, avant de leur offrir un film, Avengers – puis des suites d’Avengers après les suites de Thor, Captain America, Ant-man et consorts) qui les réunisse tous. C’était quelque chose de complètement bancal mais de construit. Assez beau par moment, notamment dans le feu d’artifice en deux temps que furent Infinity war puis Endgame.

     Là il y a un film qui fait entrer dix nouveaux personnages en même temps. Et qui n’en traite fondamentalement aucun : le premier X-men (Bryan Singer, 2000) s’en tirait nettement mieux, par exemple. La seule obsession de The Eternals c’est son discours inclusif, c’est sa volonté de diversifier – qui est une bonne idée en soi puisqu’il s’agit aussi de faire de ces Eternels les protecteurs et représentants du genre humain – et donc d’intégrer une parité évidente, un enfant, une sourde-muette, un personnage noir homosexuel, des asiatiques, etc. Pourquoi pas. Mais il faut que la mise en scène intègre ça aussi. Là tout est au même niveau, filmé pareil, éclairé pareil, monté pareil, qu’on soit dans le passé comme dans le présent.

     Il faut se coltiner un truc totalement dans l’ère du temps, à l’image de toutes ces blagues débiles autour des smartphones ou de celui qui filme tout. Se coltiner un twist complètement absurde au mitan. Se coltiner un humour toujours aussi lourdingue. Se coltiner deux acteurs de Game of thrones, qui jouaient Rob Stark et Jon Snow, le premier mauvais comme un cochon, le second aussi utile que le petit doigt de pied, même si la scène post générique nous apprend qu’on va le revoir. J’en peux plus de ces scènes post générique toutes pourries, comme si chaque film devait se fermer sur une promesse de suite.

     Passé ces nombreux griefs, je n’ai pas trouvé ça désagréable non plus, c’est toujours mieux que Nomadland. Je ne me suis pas trop ennuyé malgré ses 2h35. J’aime plutôt bien sa narration étoilée, même si l’on ne ressent à aucun moment que ces personnages ont passé sept mille ans sur Terre. Je suis content de pas m’être farci ça en salle.

Black Widow – Cate Shortland – 2021

24. Black Widow - Cate Shortland - 2021Into the past.

   3.5   Vingt-quatrième opus Marvel, celui-ci a aussi la particularité d’ouvrir la phase IV – Quoique pas vraiment, puisque techniquement celle-ci a déjà démarré avec les séries Wandavision, The Falcon & The Winter Soldier puis Loki ; But who cares ? – mais il l’ouvre comme Spiderman : Far From Home fermait la phase III : Il ne sert pas à grand-chose. Encore que ce dernier avait pour lui la promesse d’un multivers.

     Black Widow est un épisode en retard, presque oublié dans un tiroir et s’il sort maintenant c’est uniquement parce que la Veuve noire n’avait pas encore eu son propre film. L’action se déroule juste après les évènements de Civil War. C’est à peu près tout ce qu’il faut savoir. Deux trucs intéressants quand même : J’aime bien l’idée de faire un film sur un personnage qu’on a vu mourir, c’est à la fois une belle manière de le raviver mais aussi de lui dire adieu. Ceci étant, le film en profite pour lui trouver une remplaçante, sa propre sœur. Si on ne reverra probablement plus Scarlett Johansson, il est fort probable que Florence Pugh (Midsommar) devienne un personnage récurrent. Et elle est très bien.

     L’autre truc qui m’a plutôt séduit ce sont les trente première minutes du film. La séquence en enfance, qui m’a un peu rappelé ce chef d’œuvre de Lumet qu’est A bout de course. Puis les deux scènes situés dix-huit plus tard, présentant Natacha puis Yelena avant que leur chemin se croise. C’est tout. C’est d’ailleurs à partir du moment où elles se retrouvent que ça devient nul. Cette scène c’est du ni fait ni à faire.

     La suite est une enfilade de scènes d’action horribles, séquences émotion gênantes et humour beauf. En tant que film d’espionnage le film vise l’efficacité d’un James Bond plutôt que la complexité d’un Mission impossible. Les scènes de bastons sont sur-découpées donc illisibles et totalement copiées collées sur celles des épisodes précédents. Et puis ce qu’il dit de la famille est nulle… ça démarre comme À bout de course et ça ressemble vite à Fast and Furious. Super…

Spider-Man, Far from home – Jon Watts – 2019

07. Spider-Man, Far from home - Jon Watts - 2019La toile des illusions.

   5.5   Homecoming avait offert un vent de fraicheur à cette saga, on y découvrait un parfait Peter Parker, sous les traits de Tom Holland, largement plus jeunes que les précédentes incarnations Tobey McGuire ou Andrew Garfield. On y découvrait un univers de lycée, c’était léger, plutôt cool, pas trop bourrin – deux séquences seulement lâchaient les chevaux, en bien (Le Washington Monument) ou en moins bien (le ferry). On ne retrouvera pas cette fraicheur ici, sans doute parce qu’Endgame est passé par là, mais pas seulement, tout est plus lourd, dans l’action, dans les blagues, mais aussi dans la (triple) partie romcom. Ce qui est plutôt touchant et réussi, c’est paradoxalement ce qui dessert le film en tant qu’opus Spiderman. C’est plutôt un nouvel Iron man, en fait. Un Iron man post scriptum, un Iron man sans Tony Stark. Il n’est plus là mais il est partout, dans le masque de tristesse arboré par Peter Parker, dans l’imposante présence d’Happy Hogan, dans le McGuffin que joue l’apparition des lunettes EDITH et forcément dans le méchant, qui vient pour s’en emparer. L’idée c’est aussi de trouver un héritier à Iron Man. Et cette partie-là est plutôt bien agencée, entre l’initiation de Peter et ses doutes, sa relation avec Mysterio. Ensuite, dès l’instant que les masques tombent, le film est plus évasif dans ce qu’il tente. Les divers affrontements – à Venise, Prague ou Londres – sont pas hyper bien chorégraphiés. Mais parmi ces déceptions il y a tout de même une scène ahurissante, un truc complètement dingue, vertigineux, osé – comme si d’un coup le MCU se fichait de plaire à tout le monde : Peter Parker est balloté dans les illusions du méchant, affronte d’autres Spiderman, voit Stark sortir de sa tombe, avant de percuter un train. Franchement, c’est sans doute aussi bordélique que les scènes multidimensionnelles dans Docteur Strange mais moi ça m’a surtout fait penser à la séquence du tunnel dans le Vice Versa, de Pixar, à l’intérieur duquel les personnages deviennent des aberrations cubistes. Vraiment, à cet instant-là, je me suis demandé ce qui traversait les méninges de mon fils, assis à côté de moi, mi éberlué mi interloqué. C’est pas grand-chose, ça dure pas longtemps d’ailleurs, mais dans un circuit aussi mainstream que le MCU, ça surprend. Bref, j’ai trouvé le film plutôt attachant dans l’ensemble, mais aussi un peu trop dans la facilité, comme en témoigne la relation entre Ned & Betty. Je regrette qu’on nous tease sur le multivers (Fury qui annonce à Parker que Mystério vient d’une autre Terre) pour ne rien en faire sinon offrir cette petite friandise finale qui cite la trilogie de Sam Raimi. Enfin j’imagine qu’on va y venir, qu’on a évoqué le multivers pour le développer plus tard, comme on avait évoqué la physique quantique dans Ant-man (qui clôturait la phase II) pour l’exploiter en phase III. On verra.

Captain America, Le soldat de l’hiver (Captain America, The winter soldier) – Joe & Anthony Russo – 2014

34. Captain America, Le soldat de l'hiver - Captain America, The winter soldier - Joe & Anthony Russo - 2014Bucky, bras d’acier.

   6.5   Je ne m’attendais pas à ce gigantesque clin d’œil à GoldenEye. Les frères Russo doivent avoir un profond attachement pour ce dix-septième épisode de James Bond, c’est pas possible autrement – Et ça me va puisque c’est celui avec lequel j’ai grandi, autant dire que c’est un peu mon préféré (avec L’espion qui m’aimait) voilà pourquoi la référence me semble évidente. Déjà, il s’agit d’une retrouvaille entre de vieux amis, aussi anciens collègues de travail, qui vont devoir s’affronter, puisque l’un d’eux est passé du côté obscur on va dire. C’était Alec (Sean Bean, qui meurt, comme d’habitude) qui affrontait James (Pierce Brosnan, que j’ai toujours trouvé parfait pour ce rôle, mais passons, ce n’est pas le sujet) c’est ici Steve qui recroise Bucky. Tous deux – James & Steve – ont en commun qu’ils pensaient leur ami mort. Mais surtout, là où le film rejoue clairement une séquence, en écho au final du film de Martin Campbell : L’action se déroule sur les passerelles d’un bâtiment (La tour du Triskel abritant le SHIELD / L’antenne radio télescopique de la base de Janus) qui s’effondre. L’espace d’un instant j’ai pensé qu’ils iraient jusqu’au bout, que Bucky, sur le point de tomber, dirait « Pour l’Amérique, Steve ? » et que Rogers lui répondrait « Non, pour moi » mais ils ne sont pas allés jusque-là, heureusement. Ils ont fait mieux, la fin de la scène est très belle et scelle le retour du vrai Bucky. C’est un épisode qui par ailleurs, soigne bien ses scènes d’action. On sent qu’il a tout plein de modèles, de Heat à Mission impossible, de GoldenEye à The dark night. Qu’elles se déroulent à l’horizontal – la poursuite centrale est vraiment puissante – ou à la verticale – Revoir la scène magistrale de l’ascenseur en sortant d’Endgame, ça fait son petit effet il faut bien le reconnaître – on en sort chaque fois un peu lessivé et admiratif. Et on comprend, avec ce film, pourquoi les Russo ont réalisé tant d’épisodes ensuite : Il y a quelques chose de très grandiose mais aussi de très ramassé dans leur façon d’aborder le récit, la scène. On sent que tout est parfaitement à sa place, c’est vraiment impressionnant. Je suis certain qu’ils pourraient faire un excellent James Bond. Comment je retombe sur mes pattes, là, c’est beau.

Captain America, First avenger – Joe Johnston – 2011

01. Captain America, First avenger - Joe Johnston - 2011Le cul de l’Amérique, prémisses.

   6.0   C’était le seul opus des Captain America que j’avais déjà vu, quelques mois après sa sortie je crois. J’avais évidemment détesté. En fait c’est vachement bien. Déjà parce que c’est Joe Johnston aux commandes et qu’il imprime sa personnalité, on y retrouve nombreux de ses fétiches motifs : La machine à déformer la matière (Le Dr Zola est la version nazie de Wayne Szalinski, le gentil papa de Chérie j’ai rétréci les gosses), la rupture temporelle (Il y a du Jumanji, là-dedans), le loser héroïque et la comédie romantique. Mais aussi car c’est un beau récit de héros qui n’a d’abord rien d’un héros, la crevette de l’armée qu’on choisira de transformer en super soldat pour ses velléités courageuses et sacrificielles. Le film est passionnant aussi parce que la majorité de l’action se déroule en temps de seconde guerre mondiale – Ce qui restera inédit dans l’univers Marvel – et qu’il faut affronter un super vilain nazi tellement super vilain qu’il opère en marge des directives d’Hitler dont il était d’abord le bras droit. Evidemment tout est probablement dans les bouquins mais c’est une belle idée que Johnston exploite bien, d’autant qu’après avoir endossé les traits d’Hugo Weaving – visage à jamais associé à La Matrice – Crâne rouge devient physiquement une sorte de fusion entre Voldemort et Dark Maul. Bref, il est flippant. Dans mon souvenir le film masquait mal son ultra patriotisme, mais c’est plutôt le contraire, tant il n’est pas si tendre avec l’Amérique (Beaucoup moins que dans Iron man, par exemple) qui considère le spectacle de propagande comme le plus importants des fronts – C’est d’abord là qu’on envoie le nouveau Steve Rogers : Promouvoir les obligations de guerre lors de show ridicules où il devra jouer « Captain America ». Et puis je le disais, le film glisse souvent vers la romance – Comme c’est le cas dans chacun des films de Joe Johnston, c’est une constante dans son cinéma de grand romantique – jusque dans ce coup de fil quasi final entre Steve Rogers (avant le crash) et Peggy Carter – Et quand tu revoies ça en sortant d’Avengers Endgame, ça fonctionne à plein régime : « You know, I still don’t know how to dance ». Emouvant, forcément.

Iron man 2 – Jon Favreau – 2010

09. Iron man 2 - Jon Favreau - 2010Le MCU s’en va-t’en guerre.

   3.0   Si l’indulgence soudaine que je voue à cette saga répond très probablement au lâche mépris que j’avais pour elle depuis dix ans, il faut savoir aussi reconnaître quand c’est mauvais (Thor, le monde des ténèbres) ou raté (Docteur Strange) même si on se prend d’attachement pour l’univers en général. Et parfois c’est aussi mauvais que raté, c’est le cas d’Iron man 2. Je sauve néanmoins quelques trucs. Rourke, avec son accent russe, son perroquet et son cure-dent – mais aussi la scène sur le circuit de Monaco. Pepper Potts, la confirmation. Et bien entendu Scarlett Johansson. Même si les personnages de l’un comme l’autre sont ici totalement bâclé, à l’image du reste : Il suffit que chacun fasse son petit numéro de cabotin – Grand vainqueur à ce petit jeu : Sam Rockwell, ça vous étonne ? – et qu’on nous balance la traditionnelle séquence de destruction massive finale ici réduite à un fourre-tout explosif indigeste. Et le tour est joué.

L’incroyable Hulk (The incredible Hulk) – Louis Leterrier – 2008

04. L'incroyable Hulk - The incredible Hulk - Louis Leterrier - 2008De l’influence des rayons gammas sur le comportement d’un scientifique.

   4.0   C’est assez faible. Enfin disons plutôt que le film gâche ses promesses de départ. En effet, le choix de faire table rase des origines du personnage en balançant les grandes lignes de sa première transformation en géant vert qui fit un carnage dans le générique introductif a tout de l’idée payante. On peut même le voir comme une suite du film d’Ang Lee, qui s’arrêtait lors de la fuite de Banner vers l’Amérique du sud. Le choix de suivre ce personnage dans sa nouvelle vie-cavale dans laquelle il souhaite juste qu’on le laisse tranquille et cherche par tous les moyens l’antidote à sa schizophrénie monstrueuse permet une moitié plutôt prometteuse.

     Le semblant de raccrochage à la romance impossible aussi : En gros, Bruce Banner fuit doublement celle qu’il aime puisqu’il ne veut pas lui faire de mal, mais aussi parce qu’elle est la fille du général de l’armée américaine, soit celui qui est à ses trousses et voudrait utiliser son sang pour créer un nouveau soldat invincible – Idée relativement similaire à celle qui traverse Iron man, avec ce désir pour certains de créer cette armure d’acier à la chaîne pour qu’elle devienne l’arme de guerre ultime.

     Le film se suit bien, notamment dans sa partie favelas au Brésil, réussit la séquence de la première transformation de Banner  (la scène est bien troussée, techniquement) et promet dans son évasion à travers le Guatemala et le Mexique pour trouver ce fameux Mr Blue qui détient peut-être son sérum miracle. Sauf que dès lors tout devient lourd, ses scènes d’action aussi laides que prévisibles, son méchant n’a absolument aucun intérêt, l’abomination qui le supplante est par ailleurs super moche, sans relief, franchement il aurait mieux fallu ne pas le montrer. Quant à la bataille finale, elle est vraiment mal fichue. Dommage.

     Et puis je ne trouve pas le film indispensable au sein de la saga, j’ai même l’impression qu’il ne sert à rien. D’ailleurs, que devient Betty Ross, la petite amie de Banner ? Ce n’est jamais exploité par la suite. J’ai un peu l’impression qu’on ne creuse pas très bien le cas Hulk-Banner dans le MCU. Ensuite, concernant l’acteur, c’est un peu problématique. Enfin ça ne devait pas l’être avant, mais aujourd’hui Banner c’est Ruffalo, quoi. Il est génial dans ce rôle. Norton est bien mais comme souvent il est un peu trop dans l’emphase pour incarner à la fois la fragilité et l’intelligence de Banner. Ceci étant, ça se regarde, hein.

Iron man – Jon Favreau – 2008

07. Iron man - Jon Favreau - 2008Cas de conscience.

   5.5   En sortant d’Avengers Endgame, la moitié de la salle – J’en faisais parti – restée durant l’interminable générique de fin, se désolait de n’avoir aucune scène post générique à se mettre sous la dent – Friandise dont la saga s’est faite une habitude d’offrir. Restait ce bruit de marteau, lointain, comme étouffé. C’est tout. Grâce aux écumeurs geeks, on apprit rapidement d’où il provenait et l’hommage qu’il rendait. Il fallait revenir à Iron man : Ces coups de marteau sont ceux que l’on entend dans la grotte afghane lorsque Stark se fabrique sa toute première armure. C’est pas grand-chose, certes, mais justement, pour une saga qui ne s’est jamais fait le chantre de la subtilité, c’est assez surprenant. Je trouve ça même assez beau, en fait. C’est une belle idée de boucle – Rappelons qu’Iron man est le premier volet du MCU – aussi symbolisée par la présence discrète (dans la quasi scène finale de « tous les visages ») de Jon Favreau, réalisateur du premier opus donc, qui joue aussi Happy Hogan, le garde du corps de Stark.

     Ce premier film n’a rien de transcendant et semble être très fidèle aux comics tant la mise en scène est relativement anecdotique, passe-partout. Iron man aurait pu être réalisé par un autre yes man qu’on y aurait vu que du feu. Le film repose entièrement sur l’écriture de Lee & Kirby, et surtout sur la présence de Robert Downey Jr. qui aura créé un tel personnage qu’on ne voit vraiment pas aujourd’hui qui d’autre que lui pouvait à ce point l’incarner. Malgré tout, la première partie est sombre, l’humour inhérent au personnage n’est pas encore de mise, il faut attendre son retour d’Afghanistan et la transformation du faiseur de guerre en sauveur pour que le ton de la saga se mette en place, au détour de la relation entre Stark et Pepper Potts (Gwyneth Paltrow, sublimissime là-dedans) mais aussi de la relation de proximité que le personnage entretient avec son spectateur puisqu’on est souvent dans son casque, avec sa nonchalance et ses blagues. La trame est très classique et on voit tout venir à des kilomètres – notamment car Jeff Bridges est aussi subtil que l’était Nick Nolte dans le Hulk de Ang Lee – mais il y a un plaisir certain, ici parce que l’action est relativement lisible, là parce que les saillies burlesques sont bien disséminées et canalisées. Comme d’habitude, le final verse trop dans la prouesse pyrotechnique, en revanche la séquence d’évasion en Afghanistan est encore géniale aujourd’hui.

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