Archives pour la catégorie Mervyn LeRoy

Le petit César (Little Caesar) – Mervyn LeRoy – 1931

11. Le petit César - Little Caesar - Mervyn LeRoy - 1931La lune ou le caniveau.

   7.5   Un an avant le Scarface de Hawks, qui s’est imposé en mètre étalon du genre, il y a avait aussi du rififi chez les affranchis de Mervyn LeRoy, qui fait partie de ceux qui ont ouvert la voie à ce type de polar, racontant l’ascension d’une petite frappe au rang de grand caïd, jusqu’à sa chute brutale – inspiré de la vie d’Al Capone. Séminal, Le petit César l’est malgré son approche, sa brièveté, sa quête de l’essentiel : 1h19, pas un bout de gras, jusque dans son casse central, dont on sent qu’il manque cruellement de budget.

     Si le film est relativement classique dans sa forme car dévoué à son personnage principal, il tente parfois des plans forts, comme lorsque Otero observe Rico en train de se regarder dans le miroir. Le plan est dingue car Rico est comme élevé dans un tableau, mais il ne cesse de vouloir briser les contours du cadre, de s’en extirper. La fin aussi est une merveille du genre, ironique et morale, quand Rico se meurt derrière l’affiche promotionnelle du spectacle de son ami danseur.

     Incroyable de constater à quel point Edward G.Robinson a cette démarche, ces grimaces siciliennes, ce parlé mitraillette, cette façon de jouer des épaules, cette brutale imprévisibilité, qui en font un gangster aussi sympa qu’effrayant, ressemblant à s’y méprendre aux Joe Pesci et Harvey Keitel, croisés longtemps plus tard chez Scorsese, dans Mean streets ou Les affranchis.

     Bref, la sècheresse de son style, la concision de son récit permettent au film de garder un rythme soutenu tout du long. C’est un beau film de rue, un beau film de gangsters, réalisé en pleine Grande Dépression et dont l’ambition première est de raconter l’autre face du rêve américain, en suivant les arrivistes sans scrupules qui refusent que la société les laisse dans le caniveau.

Prisonniers du passé (Random harvest) – Mervyn LeRoy – 1947

30. Prisonniers du passé - Random harvest - Mervyn LeRoy - 1947Amour et amnésie.

   4.5   Premier Melvyn Leroy que je voie. Soyons clair, j’adore les mélodrames et Prisonniers du passé a tout du parfait mélo, saupoudré d’amour impossible, pas si loin de Lettres d’une inconnue (chef d’œuvre) de Max Ophuls. Le problème avec le mélo c’est ce qu’il faut y croire pour que ça fonctionne, ce qui est loin d’être le cas ici, la faute à un scénario fort de café qui mise sur une double amnésie : Une femme rencontre un officier de la première guerre, amnésique échappé d’un asile. Ils s’enfuient et se marient. A défaut de recouvrer sa mémoire d’avant-guerre, l’homme retrouve toutes ses capacités intellectuelles. Mais un jour il est renversé par une voiture. Je vous le donne en mille : Il oublie tout ce qu’il a vécu après-guerre mais recouvre sa mémoire d’avant. Je veux bien que l’amnésie soit un ressort romanesque idéal, mais ici ce n’est plus un ressort mais un moteur et comme on n’a du mal à y croire, il ne reste pas grand-chose à quoi se raccrocher. Et le film est beaucoup trop long. Mais peut-être étais-je mal luné, c’est tout à fait possible, aussi.


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