Archives pour la catégorie Michael Bay

The rock – Michael Bay – 1996

24. The rock - Michael Bay - 1996« J’ai l’estomac qui fait du yoyo autour de mon trou de balle »

   6.0   Il faudra que je revoie l’autre mais je crois pouvoir dire que The rock et Les ailes de l’enfer (Deux prod. Bruckheimer à 75M) sont mes deux plus gros plaisirs coupables, un peu inavouables – Nic Cage aime ça. Enfin ils sont attachés à mon enfance, disons. En partie grâce à leurs répliques qu’il peut encore m’arriver d’utiliser dans mon langage courant. Voilà, c’est dit. Et donc j’ai revu The rock. Non sans craintes, au lancement. Pourtant, c’est sans appel, j’aime toujours.

     Le mauvais goût couplé à la générosité de Bay trouve avec ce deuxième film (dans la foulée de Bad boys) une pleine mesure – d’équilibre et de stimulation, de bourinade et de savoir-face dans le timing comique – qu’il ne réitèrera plus, d’abord par la gestion de son ample casting improbable, son scénario malin (et qu’importe ses incohérences), ses punchlines à gogo, sa démesure d’action movie et son ancrage géographique – Ici, Alcatraz – et sa volonté de le détruire.

     En réalité, de par sa finesse légendaire, il rate ce qui se joue autour. C’est la musique pompière et omniprésente de Hans Zimmer. C’est son nombre considérable de plans, qui la plupart du temps (la poursuite dans les rues de San Francisco, notamment, qui a tout du climax parfait mais qui s’avère insupportable d’illisibilité) brise les accélérations. Et c’est paradoxalement ce qui me fascine dans le cinéma de Bay : Il tente des plans souvent hallucinants mais leur force est systématiquement noyée sous le poids de leur extrême brièveté.

     C’est donc un film épuisant certes, mais il y a une certaine virtuosité, séduisante par sa pyrotechnie généreuse, son rythme incroyablement soutenu et sa façon de ne jamais s’appesantir, son cachet de parfait film-défouloir, l’humour irrésistible d’un Sean Connery en super-espion aussi dangereux que touchant, qui le place dans le haut du panier de ces films de genre à la solde de Jerry Bruckheimer. Et il y a Nicolas Cage. 

Six underground – Michael Bay – 2019

16. Six underground - Michael Bay - 2019No gang no bang.

   5.5   Je n’avais pas vu un film de Michael Bay depuis au moins dix ans. J’aimais bien Rock, quand j’étais gamin. Bad boys, Pearl Harbor & Armageddon beaucoup moins, déjà. Qu’il réalise ensuite un Transformers (l’une de mes pires « expériences » de salle, quand j’y repense) pourquoi pas, c’est parfois touchant les caprices. Mais cinq ? On va dire que ça a eu raison de ma curiosité. Mais Six underground m’interpellait. Son curieux casting aidant, probablement.

     Et c’est un peu au-delà de ce que j’en attendais : Une sorte de plaisir coupable, joyeusement régressif, absolument idéal. Quelque part entre les meilleurs opus de Fast & Furious (5&6), la saga Ocean’s (la dernière réplique de Six underground sera d’ailleurs : « Pourquoi on ne s’est pas contenté de braquer un casino ?) et l’horizontalité d’un Wanted (le truc barré avec Angelina Jolie) / la verticalité d’un Skyscraper (le truc paresseux avec  Dwayne Johnson).

     Ça relève toujours d’un certain défi rétinien, le cinéma de Michael Bay. Celui-ci n’y échappe certes pas, pourtant il m’a semblé qu’il n’avait jamais été aussi homogène et limpide dans ses enchainements. Le film serait-il plus digeste sur plateforme qu’en salle ? Tiendrait-on enfin le parfait film Netflix ? Je plaisante qu’à moitié, j’ai pris plaisir à faire des pauses afin de reposer mes yeux et mes oreilles. Alors que ça me semblait tout à fait aberrant avec le dernier Scorsese, par exemple. 

     Quoiqu’il en soit, j’ai trouvé le film super drôle. Il pourrait simplement regarder ses cascades et ses explosions mais ses excès pyrotechniques sont sans cesse désamorcés par son humour omniprésent, un peu beauf évidemment, un peu méta surtout tant il cite à outrance (du cinéma comme de la série) ce qu’on pourra toujours trouver lourdingue (au même titre que les placements produits volontairement ultravisibles) mais qui moi m’a semblé parfaitement en phase avec l’esprit récréatif et gras du film.

     Et puis c’est cru, ça fait plaisir. Bourrin et cru : On y voit beaucoup de sang, des corps martyrisés, du déchiquetage au ralenti. Et le film s’appuie sur trois gros morceaux de bravoure, étirés dans trois lieux différents : En Italie, en Chine puis dans un pays imaginaire – comme si Bay nous disait : Même ça j’en n’ai plus rien à carrer. Il y a d’abord une gigantesque course-poursuite, l’assaut du dernier étage d’un gratte-ciel et un affrontement sur un yacht de luxe, avec chaque fois une idée, ici la piscine, là une histoire d’aimant géant.

     Il y a des baisses de régime, entre ces trois gros morceaux, des moments où l’on décroche et où on a envie de faire autre chose, mais dans l’ensemble c’est un divertissement du dimanche soir tout à fait séduisant, à consommer puis à oublier. Les acteurs s’amusent. Bay s’éclate car il a carte blanche et ça se sent. Et la récréation coute tout de même cent-cinquante millions de dollars.


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