Archives pour la catégorie Mike Flanagan

The life of Chuck – Mike Flanagan – 2025

01. The life of Chuck - Mike Flanagan - 2025Voyez comme on danse.

   3.5   Se cache dans Life of Chuck un très beau court métrage : la première partie, l’acte 3 – puisque la construction du film est rétro-chronologique – qui s’étire grosso modo sur vingt-cinq minutes. C’est un récit catastrophe se déroulant dans un futur proche, durant lequel le monde s’effondre. Mais c’est une approche douce de l’apocalypse, une chronique de fin du monde complètement éloignée des clichés du genre, qui m’a un peu rappelé le très beau Perfect sense. Il n’y a pas de panique général. On voit les catastrophes diverses (dans le monde entier) au travers des écrans. Mieux, la catastrophe est principalement indexée sur la disparition d’Internet. Mais ce choc s’est déjà joué, on entre ici dans un monde résigné, dans l’attente de sa finitude, au crochet d’un enseignant qui continue de donner des cours sur Walt Whitman et qui va tenter de renouer avec son ex-femme.

     Il y a déjà une approche philosophique, un discours métaphysique – sur la poussière que constitue l’être humain dans l’univers, aussi bien son immensité physique que temporelle – mais ce prologue le dissémine de façon assez brillante, sans les artifices empesés (ces monologues sentencieux, au secours) et mièvres qui suivront ensuite. Vingt-cinq belles premières minutes d’autant plus belles qu’elles sont pleine de promesses. Que nous réserve le film, par la suite ? Que contiendront les deux parties (manquantes) à venir ? Et dans le même temps comment se relever de la fin de cette partie ? Comment faire suite à un champ d’étoiles qui disparait ?

     Je pense que la suite du film, dans son ensemble, m’a autant ennuyé et agacé qu’il m’avait séduit au préalable. Rarement ressenti un écart aussi grand, dans un même film. C’est simple, je trouve tout ce qui suit complètement nul, aussi bien cette horrible voix off que cette musique de fond, cette construction façon jeu de piste que ce banal mélo familial, ce personnage insipide de Chuck que cette danse ou cette pièce secrète. Je n’aime plus rien. J’ai l’impression d’assister à une enfilade de tout ce que je déteste au cinéma, que j’ai pu voir chez Charlie Kauffman (Je veux juste en finir) ou Darren Aronofsky (The Fountain). Eu l’impression d’assister à une relecture de Soul (Un Pixar que j’aime assez peu, par ailleurs) qui se dégonfle de minutes en minutes jusqu’à cette ultime scène (attendue) qui semble espérer qu’on chiale mais qui m’a juste fait lâcher un : Tout ça pour ça !

     Je lui en veux beaucoup en fin de compte. J’aurais adoré être ému par la suite de ce début de film qui m’avait séduit. Et j’ai trouvé que c’était de pire en pire. Je redoutais presque l’acte 0 tellement il m’agaçait. J’adore le côté énigmatique de cette première partie. J’ai hâte de revoir ces personnages (l’enseignant, l’ex-femme, le voisin, la fille en rollers, les parents d’élèves, qu’importe) dans la partie suivante, enfin précédente, du coup. Mais non, personne. Déjà, le film se fou un peu de ma gueule, je trouve.

     Mais cette énigme se brise justement dès la fin de cet acte 3 dans la mesure où le film vend la mèche sur ses velléités métaphysiques. Il s’agit donc de dire que l’humanité est une poussière dans l’univers. De citer Karl Sagan, l’astrophysicien qui explique que si l’on ramène l’histoire de l’univers à une année calendaire, l’humanité apparaîtrait à 22h30 le 31 décembre. Et pourtant le film finira par vanter tout l’inverse à savoir que lorsqu’une vie s’éteint c’est tout l’univers qui s’effondre. Désolé mais non, c’est une vision qui me semble complètement ridicule et anthropocentrique.

     Je crois que le film perd de sa force à cause de sa structure. Le troisième acte il doit être à la fin, pour moi. Car après l’apocalypse il ne reste rien. C’est difficile de revenir en arrière après ça. Alors oui l’effet de surprise de « la fin du monde est indexé à la mort d’un individu » ne fonctionnerait pas si le film était structuré de façon chronologique. Que tout résonne avec cette idée de contenir des multitudes, le fait que tous ces personnages sont finalement des projections de son subconscient associés à ses souvenirs.

     Mais du coup c’est une impasse, pour moi. Je ne sais pas ce qu’il en est dans la nouvelle de Stephen King, dont le film est l’adaptation. Est-ce que cela fonctionne mieux à l’écrit ou non ? La mise en scène m’a semblé bien fonctionnelle d’ailleurs. Très loin de ce qui avait été proposé par Flanagan dans The Haunting of Hill House. Et si j’aime cette première partie dans le même temps je ressens un peu le Melancholia passée à la moulinette du film Deauville. Un peu à l’image de sa scène de danse. Oui, elle est jolie (et joliment chorégraphiée) mais pareil je ne ressens rien devant. J’ai l’impression que c’est la scène d’un autre film qu’on me propose. Une belle scène de danse peut me faire chialer par sa beauté, moi, suffit de citer l’ouverture de La La Land ou celle de 35 rhums, pour citer deux séquences dansées tout à fait opposées. Là rien. Petit calvaire global.

Jessie (Gerald’s game) – Mike Flanagan – 2017

39. Jessie - Gerald's game - Mike Flanagan - 2017Détache-moi.

   3.0   La formidable série Haunting of Hill house m’aura permis de faire connaissance avec le cinéaste Mike Flanagan, qui avait créé et réalisé l’intégralité des dix épisodes. Il me tardait de découvrir l’un de ses long-métrages. Avant de me pencher sur Doctor Sleep, commençons par Jessie, adapté aussi du roman éponyme de Stephen King.

     Le pitch est aussi prometteur que casse-gueule pris dans l’écrin cinématographique : Un couple part en week-end à la campagne, dans une maison isolée. Durant leurs ébats, le mari attache sa femme au lit avec des menottes mais soudain il a une crise cardiaque et s’effondre. Sa femme reste attachée, livrée à elle-même.

     Et c’est une déception. Il y a une installation intéressante, avec le couple, la maison, le lac, le chien, le twist, la durée, la nuit, la crainte de l’extérieur. Le film est minutieusement cadré (on sent que Flanagan soigne chacun de ses plans), quelques situations font grimper la tension et une scène va s’avérer bien sanglante. Mais c’est tout. Le film n’est qu’un aveu de faiblesse permanent, révélant l’inadaptabilité du roman.

     Très vite l’ennui gagne. Et comme si Flanagan s’en rendait lui-même compte, il va alors utiliser des hallucinations bien pratiques. Et pire plus tard lorsque les flashbacks prennent le relais, via des rêves en forme de souvenirs nullissimes qui vont recoller chacun des morceaux, faisant office de storytelling de bas étage. On est donc plus proche d’un 127 heures que d’un Frozen, malheureusement.

The Haunting of Hill House – Netflix – 2018

19. The Haunting of Hill House - Netflix - 2018« The rest is confetti »

   8.5   C’est un grand récit de maison hantée doublé d’un énorme mélodrame familial. Du This is Us, l’humour en moins, les fantômes en plus, en somme. La mise en scène vertigineuse (entièrement opérée par Mike Flanagan, son créateur) est d’une beauté et d’une maîtrise ahurissantes. L’épisode 6 « Les deux tempêtes » est l’un des plus beaux épisodes de séries que j’ai pu voir. Une grosse baffe formelle. Quant à la fin du précédent, c’est bien simple : c’est un choc total, terrifiant, déchirant qui hante pour longtemps. Et la série est tellement réussie qu’elle parvient néanmoins à exister, émouvoir et terrifier (Car oui c’est vraiment ultra flippant) au-delà de ces deux points d’orgue. Et jusqu’à cet ultime épisode hyper fort. Je ne connaissais pas Flanagan. Du tout. Très hâte de découvrir ses films : Jessie, Pas un bruit, Doctor Sleep. Ainsi que les deux autres séries qui ont suivi : The haunting of Bly Manor, second volet de l’anthologie. Puis Midnight mass. Au boulot !


Catégories

Archives

décembre 2025
L Ma Me J V S D
« nov    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche