Archives pour la catégorie Neil Marshall

Centurion – Neil Marshall – 2010

centurion-078   0.7   Neil Marshall c’est le gros mystère. Le mec c’était fifty/fifty jusqu’ici. Un chef d’œuvre (The descent) et une daube (Doomsday). Le capital daube vient de prendre un peu d’avance avec ce nanar de haute volée filtrée bleu turquoise, qui gicle rouge fluo dans chaque plan.

The Descent – Neil Marshall – 2005

the-descent-01La grotte des rêves perdus.

   8.5   Qui se demande s’il doit tenter ou non la spéléo ne doit pas regarder The Descent, auquel cas il serait vite fixé! Neil Marshall annihile toute envie ou curiosité, son film est tout simplement l’un des plus éprouvants de ces dernières années, aux côtés de La colline a des yeux remake du Craven par Alexandre Aja, Eden Lake de James Watkins ou encore Martyrs de Pascal Laugier.

     The Descentc’est un sujet en or, pas au sens facile (quoique ?) mais au sens où l’on se demande comment personne n’avait pu y penser plus tôt. Faire un film d’horreur en dessous la surface de la terre. Evident. Le climat est propice au genre, car obscur, inconnu, claustrophobique, et c’est un lieu qui intensifie nos angoisses car on ne le connaît pas, un peu comme si nous étions en pleine mer (Open Water) ou dans l’espace (Alien). D’un point de vue de l’image donc ça fonctionne à merveille, on a les jetons toutes les cinq secondes ! Mais ce qui marche encore davantage, ce qui fera à l’avenir The Descent comme un étalon du genre, c’est le travail sonore. Cette ambiance poisseuse, très humide, caverneuse incroyablement bien rendu, où l’on a cette impression d’être plongé dans les ténèbres (alors que peu avant nous étions dans une forêt en plein jour, bref bien sur la Terre !), un lieu qui prendrait une apparence humaine intérieure, un lieu fait d’organes, de boyaux, d’eau et de sang. Une descente dans les enfers, les entrailles de l’âme. Un ‘désacouchement’.

     En guise d’entrée, le cinéaste nous sert trois séquences intéressantes, quelque peu détachées du film, mais qui ont une importance : Tout d’abord back to The river wild (with Meryl Streep) où l’on découvre six femmes dans un rafting affrontant vagues et courants sans défaillir. Le montage est syncopé mais l’idée de montrer un groupe d’amies soudé et fédérateur est bien présente. Une seconde scène, cette fois on semble s’intéresser tout particulièrement à la jeune femme blonde, Sarah, dans la voiture avec son mari et sa fille. La petite famille est pleine de vie, dynamique, banal retour ? Non, moment d’inattention, accident, que l’on sait d’emblée mortel pour l’homme, un truc en ferraille lui ayant traversé le crâne. Première scène d’horreur, très forte, Marshall donne le ton. Dans la suivante, la jeune femme est à l’hôpital, elle est sonnée, peut-être à moitié folle, et apprend que sa fille ne s’en est pas sortie non plus. Dramatisation poussée avec gros plans sur les yeux, les larmes de ses amies, ce n’est pas génial mais ça fait son effet, et surtout ça a le mérite de ne pas s’éterniser. Un prologue rapide, de cinq minutes, qui pose les bases. Un an plus tard les six jeunes femmes sont reparties, cette fois ci pas pour affronter les courants, mais les grottes souterraines. Voyage dans Les Appalaches qui semble surtout être destiné à guérir les maux de Sarah qui ne s’est apparemment jamais remise des évènements. Certains prendraient du valium, d’autres s’évaderaient sous les cocotiers, nos six casse-cou partent en spéléo !

     Dans la première partie de cette aventure spéléologique exclusivement féminine, le cinéaste installe une tension par certains sursauts classiques et d’autres peurs primaires que le genre connaît. Mais nul besoin d’en faire des caisses car l’endroit suffit à nous rendre nerveux, on sait que ça peut s’ébouler à tout moment pourtant une par une les filles passent dans les endroits les plus étroits, on sait qu’on ne sort pas de là-dessous comme ça, qu’il y a des codes à respecter, qu’il faut beaucoup de patience, de sang-froid. Bref, rien de pire pour stimuler nos nerfs. Voilà nos six amies progressant dans les tréfonds terrestres, qui s’éclatent et s’envoient des vannes. Et Marshall qui fait des plans de dingue. Certes il abuse de la lumière intempestive mais elle n’est pas grandiloquente, on ne s’en rend pas compte la première fois, c’est lors de la seconde vision qu’on se demande parfois d’où proviennent certaines sources lumineuses. Enfin le début, on a l’impression d’y être. Puis Sarah commence à voir quelque chose d’anormal, une présence qui se fond dans les couleurs murales. Est-ce vrai ou bien est-ce son esprit qui lui joue des tours ? Inutile d’avancer que ses camarades ne la croiront pas tout de suite – Sarah reste Sarah, la fille traumatisée – retardant encore davantage leur éventuelle sortie.

     C’est dans la deuxième partie que le tour de force du cinéaste atteint son apogée. Le trouillomètre est alors à son maximum et pourtant il nous a fait flipper pendant 45 minutes avec rien. Je ne préfère pas dévoiler des clés importantes de l’intrigue, diminuant du même coup certains effets émotionnels, mais disons qu’entre trahison, sacrifice, achèvement, accident, violence musclé, perforations, éclats de chair, effusion de sang… on est servis, Neil Marshall s’en est donné à cœur joie. Les effets spéciaux sont d’ailleurs excellents. C’est un film très fort, très tendu jusqu’à son générique, vraiment, très éprouvant – on en sort avec des suées -, extrêmement physique, qui oscille entre situations de gore ultime et longs moments de silence, unique arme pour faire face à des monstres aveugles. Avec en prime cette femme sonnée depuis un an, dont on ne sait si les visions/souvenirs/rêves vont l’aider à s’en tirer ou tout le contraire.


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Auteur:

silencio


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