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Le grand jeu – Nicolas Pariser – 2015

02. Le grand jeu - Nicolas Pariser - 2015L’écrivain dans l’ombre.

   6.5   C’est un premier film très réussi. Il y a une vraie ambition politique, déjà, ce qui est plutôt rare dans le cinéma français. Avec un soupçon de film d’espionnage / thriller paranoïaque. Toute proportion gardée, on pense même beaucoup à The ghost writer. Une scène relativement anodine fait d’ailleurs écho au tout dernier plan du chef d’œuvre de Roman Polanski.

     Le film est ciselé en deux parties bien distinctes. La première raconte la fabrication d’un « faux » livre destiné à orienter l’opinion publique. Moitié de film passionnante, aussi riche et intense que le film de Garenq sur l’affaire Clearstream, vraiment. La seconde est puissante car tellement inattendue : C’est comme si on couplait les parties de cache-cache de La mémoire dans la peau, l’angoisse latente de Night moves et l’émancipation campagnard de L’avenir. Le tableau dressé d’activistes écolos reclus dans une ferme hors du monde saisit par sa richesse, son déploiement dramatique et l’empathie qui s’en dégage.

     L’histoire est celle d’un ancien gauchiste aux ambitions enterrées, écrivain presque raté puisqu’auteur d’un seul livre paru quinze ans plus tôt, qui reçoit la commande d’un homme d’abord mystérieux qui se révèle fin tacticien politicien : Ecrire un livre d’appel à l’insurrection, en l’échange d’une importante somme d’argent. Dans le but de détruire le ministre de l’intérieur, tout en faisant tomber un groupe d’extrême gauche – Celui qui abrite d’anciens amis de sa période poing levé.  

     Bien que ce ne soit jamais précisé, il y a de l’affaire de Tarnac là-dedans. Et la grande réussite du film à mes yeux, c’est moins la richesse du matériau que l’écriture très personnelle que sont ses lignes de dialogue. Quel plaisir de voir une écriture aussi riche, fine, intelligente. Sur deux séquences notamment, deux rencontres, puisque l’exceptionnel dialogue nocturne entre Poupaud et Poesy répond clairement au dialogue inaugural entre Poupaud et Dussollier.

     Ça manque sans doute d’un peu de mise en scène, qui serait moins froide que le cadre qu’elle dépeint. Mais il y a une force romanesque, une ambiance qui fait qu’on ne veut pas décrocher. Encore une fois, avoir The ghost writer en tête ne l’aide pas tellement. Quoiqu’il en soit j’ai trouvé ce « film d’espionnage » particulièrement passionnant, surprenant, ample. Il me semble qu’il adopte un regard singulier et parvient à saisir les troubles de son époque. Réalisateur à suivre.


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silencio


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