Archives pour la catégorie Noah Baumbach

While We’re Young – Noah Baumbach – 2015

76Aomr_whilewereyoung_04_o2_8254384_1408558490.jpgGénération rebelle en carton.

   3.7   Le cinéma de Noah Baumbach, plus ça va, moins ça va.  Depuis le très beau Les Berkman se séparent, l’inégal (mais encore beau) Greenberg, le suffisant (mais encore beau, je crois, faudrait que je le revoie) Frances Ha, son cinéma s’est enlisé dans un maniérisme snobinard usant. L’idée me plaisait pourtant avec ce personnage (encore incarné par Ben Stiller) de documentariste idéaliste et loser. Mais rien ne fonctionne, on ne croit en rien. Ni en ce rapprochement « vieux/jeunes » ni en ce que chacun est sensé jouer. Quand le personnage revendique son amour pour le cinéma de Wiseman, ça sonne moins bien que lorsque Ira Sachs convoque, lui, le cinéma d’Avery Willard dans Keep the lights on. Et pourtant il est aussi question d’un personnage documentariste, idéaliste et paumé. Mais le film de Noah Baumbach ne trouve jamais la note juste, coincé qu’il est dans sa représentation arty, entre le cinéma Sundance, celui de Woody Allen et les relents de la série Girls. Et pourtant il y a du beau monde : Naomi Watts, Ben Stiller, Adam Driver, Amanda Seyfried. Mais rien n’y fait, ça sent le vieux, la suffisance, c’est complètement amorphe, glacé. Dommage.

Mistress America – Noah Baumbach – 2016

mistress-americaAll That She Wants.

   2.9   Il y a là-dedans tout ce qui me gênait en mode mineur dans Greenberg et Frances Ha (Deux films que je n’ai pas du tout envie de revoir au demeurant) et qui pouvait parfois m’agacer dans Girls ou les derniers films de Woody Allen. Je ne saurais pas dire quoi exactement. Lola Kirke (qu’on retrouvera parait-il dans le prochain Cruise/Liman) qui est donc la soeur de Jemima Kirke (Jessa, dans la série de Lena Dunham) est mimi comme tout. Quant à Greta Gerwig, elle assure comme d’habitude, on la voit, elle éclipse quasi tout le monde. Mais voilà, à part ça, je ne vois rien sinon un truc cynique et égocentrique. La partie introductive Campus chiant / Rencontre de la vamp est insignifiante, mais ce n’est rien à côté de la grande séquence dans la maison d’architecte, vaudeville insupportable, nul, interminable. Et puis il y a la fin, très jolie. Dans un autre film j’aurais même pu la trouver émouvante mais j’étais tellement ravi que ça se termine qu’elle s’est fondue dans la médiocrité globale. De Baumbach, autant je reverrais bien The Squid and the Whale, mais le reste pas du tout, en fin de compte.

Greenberg – Noah Baumbach – 2010

Greenberg - Noah Baumbach - 2010 dans Noah Baumbach ben-stiller

If You Need A Friend.

   6.1   Si l’on a vu le précédent film du cinéaste (Le très bon Les Berkman se séparent) on sait donc que Greenberg ne sera pas seulement un film qui prouvera une fois de plus le génie comique de Ben Stiller. Greenberg permet de voir Ben Stiller en acteur formidable tout simplement. Deux hommes dans le film se nomment Greenberg, deux frères, l’un père de famille qui part en vacances au Vietnam, et l’autre, célibataire torturé, à qui le premier a confié sa maison durant une quinzaine de jours. Il y a une telle gravité sur le visage de Ben Stiller, je n’avais encore jamais vu ça chez lui. Il est incroyable de tristesse et de névrose enfouies.

     C’est un film sur la solitude d’un homme mais c’est aussi celui d’une rencontre, entre deux êtres paumés. Car il y a cette femme, assistante de la bonne famille, tout aussi perdue, qui caresse le doux espoir de devenir chanteuse, en qui Roger Greenberg va découvrir pas seulement une accompagnatrice de dog-sitting mais aussi quelqu’un à qui parler, quelqu’un qu’il serait en mesure de séduire. Tous deux sont très maladroits, cherchent à combler un manque, ou un vide.

     Greenberg ne ressemble à aucun autre film, il est habité d’un faux rythme, on ne sait jamais où il nous emmène, on ne sait pas ce que le personnage essaye de dire ou de faire la moitié du temps. D’une part je trouve cela passionnant ce personnage presque intouchable (parfois même antipathique) et puis dans le même temps j’ai tendance à me sentir loin. C’est un personnage dans un état dépressif, et comme face à toute dépression, il y a une part de fascination mais aussi une part d’incompréhension. Néanmoins je trouve avec le recul que le film m’a davantage passionné qu’égaré. Et quand il me perdait j’ai toujours chercher à me rattraper aux branches ici et là. Du coup j’ai l’impression d’avoir rater plein de choses, c’est une bonne chose.

     Et puis faut dire que Los Angeles y est magnifiquement filmé. Le film séduit là où l’on ne l’attend jamais : la relation avec l’ami plus complexe qu’elle n’y paraît, celle avec Florence difficile à cerner, lors de cette soirée à confrontation de générations aussi (sublime séquence où l’on entend d’ailleurs Melody de Gainsbourg), ou bien dans ce départ instinctif. C’est la grande force du film à mon sens : son caractère inattendu. Je suis sorti du cinéma quelque peu désarçonné, mais il s’est passé un truc.


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Auteur:

silencio


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