Archives pour la catégorie Olivier Marchal

Overdose – Olivier Marchal – 2022

12. Overdose - Olivier Marchal - 2022La guerre des doses.

   2.0   « Alors si vous voulez le sortir de la merde, je vous conseille de ranger votre robe d’avocat au placard et d’enfiler une paire de bottes parce qu’il va falloir fouiller profond » : Réplique presque sage dans un film d’Olivier Marchal, mais comme elle nous est offerte par Sophia Essaidi c’est drôle. Miscast parfait tant on sent qu’elle est gênée d’être là, au milieu de mecs qui ne font que des allusions à leurs chibres. Le grand écart pour elle cette année avec son rôle dans Les Combattantes, la petite série TF1 qui coche toutes les cases woke en pleine première guerre mondiale, et son rôle de cheffe de la police des stups dans ce gros truc fasho qui se complaît dans son dégueuli macabre. Elle traverse le film en fantôme. Le reste du casting féminin est réduit à ne jouer que des camées ou des putes, ou les deux.

     Un cru tout aussi beauf que d’habitude, en somme, mais l’aspect fresque joyeusement grandiloquente du maxi best-of qu’était Bronx s’est un peu évaporé au profit d’un récit plus ramassé, glauque à l’extrême, dont on retiendra finalement qu’un visage, celui d’Alberto Ammann, qui joue ici le grand méchant tortionnaire, et qui vient apparemment de la série Narcos. Il fait vraiment froid dans le dos. Pour le reste tout est à l’image de Kenza Fortas (tellement géniale dans Sheherazade) : complètement nul, désincarné, sinistre et déjà vu mille fois chez Marchal qui ne fait que radoter de la merde depuis quinze ans. Overdose porte toutefois bien la patte Marchal, autant qu’il porte bien son nom et cerise moisie sur le gâteau de merde : Le film est dédié à Jean-Paul Belmondo. Au secours.

Carbone – Olivier Marchal – 2017

22. Carbone - Olivier Marchal - 2017Mort d’un pourri.

   4.0   Du Marchal pur jus, avec des « couilles » et des « enculés ». Mais avec beaucoup moins de « couilles » et « d’enculés » que d’habitude : C’est mieux écrit (et pas écrit par Marchal, tiens tiens) ou disons que son récit (grosso modo inspiré de l’affaire de l’arnaque à la TVA sur la taxe carbone) prend le pas sur la nullité habituelle de ses dialogues. Alors il faut quand même se coltiner ce début et cette fin en miroir (avec voix off de merde incluse) et des invraisemblances embarrassantes qui n’ont d’égales que l’issue portnawakesque de ce whodunit improbable. Et il faut oser retrouver le duo Magimel / Depardieu de la série Marseille. Mais Magimel y est excellent, comme souvent. Plus rare : Michael Youn & Gérard Depardieu semblent aussi très investis. Bon voilà, ça fait partie de ce que Marchal a fait de moins pire, on va dire.

Bronx – Olivier Marchal – 2020

11. Bronx - Olivier Marchal - 2020Avis de mistral.

   4.0   Certes, j’étais jeune, mais je me souviens que 36 quai des orfèvres m’avait impressionné lors de sa sortie, en 2004. Son face à face Auteuil/Depardieu, BRI/BRB, sa dimension opératique, son univers à la fois métallique et glauque, ses retournements de situations, sa sécheresse, sa cruauté, ses nombreux personnages secondaires.

     C’était ni du Michael Mann ni du James Gray (que je ne connaissais pas encore) mais il y avait une manière originale de proposer du polar en France, et de brosser le monde de la police, un peu à la manière de Boukfrief, qui la même année, s’était lui aventuré sur le terrain des convoyeurs de fond.  Et puis il y avait quelque chose d’assez excitant et salutaire à voir cet ancien flic débouler dans le cinéma, avec sa patte, cette ambition, cette virtuosité. Le film est ce qu’il est, probablement douteux sur de nombreux points, mais fidèle à lui-même.

     Dans la foulée j’avais rattrapé Gangsters, son premier long, plus confidentiel, plus fauché aussi, qui marquait par son exiguïté topographique, son interprétation survitaminée, son écriture minimaliste et sa brutalité. Un de ces jours je tenterai de revoir ces deux films.

     Puis après ça, plus rien. Soudain tout était nul, des produits décalqués de ces deux films, avec tout l’attirail en trop : flingues, noirceur, burnes, dialogues, gueules cassées, travellings sans intérêt. Tu croyais découvrir un nouveau Corneau, mais en fait c’était un Arcady. Films et séries comprises. De MR73 aux Lyonnais, en passant par Braquo et Section zéro.

     En 2020, Marchal sort Bronx. Sur Netflix. En fait, au départ le film appartenait à Gaumont qui devait le sortir en salle, avant de le céder finalement à la plateforme because Covid. C’est sans doute pas plus mal. Enfin moi je serais jamais allé voir ça en salle, donc peu m’importe, mais vraiment je trouve que c’est un produit de télévision, que ça doit se consommer ainsi. Je ne vois vraiment pas l’intérêt de sortir ça en salle.

     Bronx s’appuie sur un fait réel, pour mieux s’en débarrasser ensuite : La tuerie du bar du téléphone, survenue dans le 14e arrondissement de Marseille, en Octobre 1978. Il l’injecte dans sa fiction en tant que point d’ancrage, pour ne produire encore et toujours qu’un affrontement entre deux services de police, avec ses entités loyales et ses agents corrompus, pris en tenaille dans la guerre des gangs, entre corses et caïds du quartier nord. Rien de neuf si ce n’est qu’il est troublant de voir Marchal emprunter une lumière si vive et un Marseille doux, solaire, minimaliste, en contraste avec la violence permanente qui s’y joue.

     Le film dissémine menaces bien grasses et sommes de cadavres. Il s’ouvre sur le flashforward d’un suicide – de Stanislas Mehrar, qu’est-ce qu’il fou là ? – et se ferme sur une somme de petits règlements de compte. Car quand le film semble fini, Marchal libère une dernière cartouche et tue tout le monde. Chaque survivant fragile que le film déploie. Tous. Un par un. C’est évidemment Le Parrain (avec une surprise de taille : Une godmother en haut de la pyramide, incarnée par… Claudia Cardinale, enfin ce qu’il en reste) qu’on vise, mais n’est pas Coppola qui veut. Et ces minutes ne dégagent rien, aucune puissance, aucun intérêt. C’est totalement gratuit.

     Et en matière de répliques beaufs, on est bien servis une fois de plus. Avec tout plein d’insultes et de proverbes, c’est très drôle. Deux parmi d’autres, signées d’un habitué du cinéma de Marchal, Alain Figlarz, dit « le gros » ici :

« A force de fréquenter les cadavres, tu vas finir par te marier avec un cercueil »

« Si je peux te donner un conseil, tu te casses d’ici avant que je te fasse arracher les yeux et les couilles et que je les donne à bouffer à mes chiens »

     Au rayon références, Marchal sort l’artillerie lourde. D’entrée combat de joutes verbales entre Lanvin & Gautry sur Anna Karenine, de Tolstoi. Oklm. Puis Bronx tente une scène à la Seven, celle de la course-poursuite, sans la pluie mais avec un type à poil. Puis c’est Michael Mann qu’on entrevoit ci et là, encore et toujours. Et bien sûr, Le parrain, pour finir. Accompagné par Immortels de Bashung. On sent que Marchal se donne les moyens pour avoir de la classe. Ça ne fonctionne pas, mais il faut saluer la tentative. Un peu à l’image de la séquence de la fusillade à l’aube sur la plage : On ne voit strictement rien, on ne comprend rien. Et ça vaut pour chaque scène d’action du film, tout est raté.

     Bref, la recette Marchal est toujours la même. Du polar, qui tâche. A chaque fois néanmoins, il ajoute un peu de gras.  Bronx est donc un nouveau maxi best of, condensé en deux heures : Quelque part il vaut mieux se farcir celui-là que les huit heures de Section zéro ou  celles de la série Marseille, qui ressemblait déjà beaucoup à du Marchal et à laquelle on pense beaucoup devant Bronx. Il y a une vraie ambition de fresque policière, quoi qu’il en soit.

     Je suis prêt à parier que Marchal abreuvera la plateforme tous les ans, maintenant. Il est bien chez Netflix. Il a posé son cul sur les sièges rouges, ses verres de whisky sur les tables en chêne massif, ses flingues sur les étagères en marbre, sa plaque d’ancien inspecteur de la PJ dans un cadre à moulures dorées, et il peut tranquillement dire à tout le monde, cigares Montechristo entre les lèvres, d’aller se faire enculer.

Section zéro – Saison 1 – Canal + – 2016

13096159_10153648320337106_546780349205085074_n Noir c’est noir…

   1.5   C’est mauvais. Archi mauvais. Les dialogues chez Marchal ont toujours été un problème mais ici on tourne quasiment à la caricature. Ils sont tous affreux, involontairement drôles à se pisser dessus. Les acteurs en font des tonnes sans rien faire, on a l’impression qu’ils sont tous constipés. Et niveau esthétique j’imagine que ça voudrait emprunter à NY 97 ou à Mad Max mais ça refait du MR73 en version apocalyptique. Après on ne pourra pas lui enlever le fait que c’est archi violent. C’est parfois même d’un goût douteux tant ça assimile carnage et paillettes. Bref, c’est un bon gros dégueulis visuel, archi prévisible et sans aucun autre intérêt narratif que son affrontement flic ripoux / bons flics. La recette habituelle.

Borderline – Olivier Marchal – 2015

ob_8ba983_borderline-bd-2871 Sobriété relative.  

   3.0   La recette Marchal est toujours la même, zéro surprise, on voit tout venir et les dialogues sont toujours aussi gracieux et le climat est d’une noirceur à faire flipper la nuit. Néanmoins c’est moins pire que d’habitude, sans doute parce qu’on en reste au stade du téléfilm et que du coup il se lâche moins dans ses effets. Le film est en effet très sobre à ce niveau-là. Bon, ça reste hyper ampoulé hein, avec des grimaces pas possibles, des gueules fendus en veux-tu en-voilà, des êtres torturés, des flics damnés, bref, RAS.

Braquo – Saison 2 – Canal+ – 2011

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Truands.  

   1.0   La troisième saison se fera sans moi. J’ai trouvé ça nul. Je n’étais déjà pas très attaché à la première mais celle-ci fait encore plus fort. Les personnages sont tous exécrables. On dirait presque une parodie des films de Marchal, pas facile à faire j’en conviens. Nombreux dialogues m’ont fait éclaté de rire tant ils sont ridiculement sur-écrit et mal joués. Et cette image… Rien à sauver. Heureusement que je matais la sublime quatrième saison d’Engrenages en parallèle car c’est à te dégouter des séries policières françaises.

Les Lyonnais – Olivier Marchal – 2011

34_-les-lyonnais-olivier-marchal-2011Des couilles !

   2.0   Du Marchal pur jus. Du jus qui commence vraiment à sentir fort. Plus ça va, Marchal, plus c’est absolument n’importe quoi. Avant il travaillait un peu l’espace, avec Gangsters. Ensuite ce fut le tour de la narration éclatée sous forme de mélo dans 36 quais des orfèvres. C’était déjà des machins d’hommes hyper couillus, mais ça passait encore. Puis il y a eu MR73, l’horreur absolue. Le dernier est tout aussi mauvais mais beaucoup moins désagréable tant il tire vers le nanar suprême. Même la photo tend vers l’auto caricature avec cet intérêt grandissant pour le gris. Gris chinchilla ou gris ardoise suivant la tension. C’est un film tout gris, tout sombre, tout flou. Sorte de Romanzo Criminale du pauvre. Histoires d’honneur à tout va, flash-back ridicules (couleur gris taupe) incessants, les gueules grimacent et les phrases sont cinglantes (c’était le gros défaut de l’honnête série Braquo, dont on peut penser que la relative réussite appartient à Schoendoerffer) du genre : « Quand je me fais enculer, j’aime bien jouir, chaton de mes deux ! » ou « Depuis que Serge m’a enculé, chaque fois que je m’assois sur quelque chose de dur je pense à lui » bref tout un programme, ces enculades métaphoriques. C’est à se pisser dessus tellement c’est aberrant de bêtise. En fait, ils se font leur auto-promo, leur auto-critique. « Ces Lyonnais sont des orfèvres de la sodomie ! » punchlinerait un Télérama débridé. Quelque part j’ai pensé de loin aux films de Arcady (qui est plus attachant cela dit) avec ces répliques improbables et ce montage à la truelle. C’est moins innocent et surtout c’est un cinéma gay refoulé, ça saute aux yeux – Audiard à côté est hétéro inébranlable – il suffit de voir le nombre de séquences où les personnages se touchent, s’enlacent ou se frictionnent. Les chemises transpirent le cul, dommage que Marchal n’en fasse rien.


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silencio


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