Archives pour la catégorie Oscar du meilleur film



Le discours d’un roi (The king’s speech) – Tom Hooper – 2011

le-discours-d-un-roi-de-tom-hooper-10370320momswSur la voie.    

   5.0   Le titre ne ment pas sur la marchandise, c’est bien d’un discours qu’il est question, de la parole d’un monarque, juste de cela, d’un combat contre une voix. Ce n’est pas une reconstitution historique et bien qu’il y ait un soin apporté aux évènements (la mort d’un roi, l’échec d’un autre, la prise de pouvoir d’Hitler, la déclaration de guerre) les lieux sont très peu filmés, les personnages sont très théâtraux (la moue sympathique de Churchill, la marginalité de l’orthophoniste de génie fou de Shakespeare, la nonchalance d’Elizabeth…) on est propulsé, et on le sait assez vite, dans une machine à décrocher des oscars : Classicisme de la mise en scène, de la progression du récit, interprétation proche de la performance, musique d’accompagnement en permanence et un zeste de fantaisie bon enfant avec ces séances de diction singulière, entre insultes compulsives, gesticulations rigolotes et un retour difficile sur les traumatismes et souffrances d’une enfance que l’on cherche à oublier. Tout le gratin du film oscarisable oscarisé est là, ce pourrait être joliment atroce, et pourtant.

     La première partie du film, qui voit le futur roi affronter ce bégaiement (devant le stade de Wembley, face à son frère, en racontant une histoire à ses enfants, aux côtés des différents médecins) vécu comme un cauchemar, qui l’empêche de croire en son statut majestueux, alors qu’il cherche à tout prix une personne qui l’aidera à s’en sortir, n’a pas grand intérêt, enfin disons que c’est lourd de mièvrerie, c’est hyper musical et on s’en fiche pas mal d’ailleurs. C’est ensuite que le film prend un nouveau départ, dans cette rencontre avec cet orthophoniste aux méthodes particulières, n’hésitant pas à emmener son client vers des retranchements inconnus. Petit à petit le roi surmonte ce problème, mais au prix d’une bataille féroce qui l’oblige à libérer son esprit de souvenirs malencontreux lié à l’enfance, alors qu’il a d’abord refusé de parler de vie privée avec cet homme, qu’il juge en dessous de lui. Le portrait qu’en fait Hooper est plutôt intéressant parce qu’il est dans l’Histoire censé être l’un des rois les plus aimés d’Angleterre, mais pendant une bonne partie du film je l’ai trouvé carrément insupportable. C’est dans le processus de guérison que l’on commence à avoir de l’empathie pour cet homme, en guerre contre sa diction. Ce n’est que ça. Il n’est pas vraiment sympathique mais il est touchant. Et puis je trouve qu’Hooper ne s’est pas trop attardé sur le possible traumatisme de l’enfance, c’est évoqué mais jamais surligné, reste à l’imaginer.

     Le film restera ce qu’il est, rien de plus qu’un joli biopic tire-larmes classique, mais il met rarement les deux pieds dans le plat, il reste bizarrement sobre (certains diront chiant), il progresse timidement, sans que l’on perçoive l’évolution réelle de cette voix. Avoir choisi de laisser la durée du discours final dans son intégralité, même s’il est accompagné par Beethoven, et surtout qu’il s’amuse à rencontrer les visages de (pour ainsi dire) toute l’Angleterre, suspendue à sa radio, avec cette peur de basculer dans le ridicule à cause de ce roi bègue qui prononce un discours d’une importance phénoménale puisqu’il évoque l’entrée du pays en guerre contre l’Allemagne, est un parti pris très osé, surtout jusqu’à ce ouf final symbolisant la réussite du roi, lessivé mais comblé, et ces applaudissements qui supplantent cette tristesse solennelle, et achèvent de faire de ce film et de cet homme le tableau ironique (car minuscule) de l’Histoire en marche, justement parce qu’il ne parle pas vraiment de l’Histoire, mais d’un combat intérieur, du courage d’un homme, de la naissance d’une amitié. J’étais à la fois très gêné et très impressionné. Et en définitive j’ai trouvé ça plutôt émouvant.

No country for old men – Joel & Ethan Coen – 2008

No country for old men - Joel & Ethan Coen - 2008 dans Joel & Ethan Coen no-country-for-old-men

   7.5   Voilà des mois que je voulais le revoir. Se le mater après A serious man n’est pas un hasard, il fallait que je me décrasse. Ce n’est que mon second visionnage mais mince, quelle merveille ce film ! Il y a une science de l’absurde mélangée au western moderne qui est remarquable. C’est très bien dosé. On a le sourire aux lèvres et en même temps le climat est des plus tendu. On a donc envie d’y croire comme rarement chez les Coen.

     On pourrait le voir comme un film choral, très proche d’un Fargo, ou d’un Blood simple. Cette façon si singulière qu’ils ont de s’occuper de leurs personnages. Ainsi nous ne verrons pas Tommy Lee Jones tout de suite. De la même manière Javier Bardem est très présent mais rarement dans le cadre. Et puis il y a Woody Harrelson que l’on voit peu mais son apparition me suffit à dire que c’est mon personnage préféré du film. Il est à l’image de No country for old men. C’est le doseur. Il m’effraie autant qu’il me fait marrer. Là ce n’est pas un film séquentiel. Chaque moment est plus ou moins dépendant d’un autre. Il y a une linéarité qui me plait énormément.

     On est en plein Texas, dans les années 80. Un modeste chasseur trouve malgré lui une mallette de billets que deux groupes de trafiquants mexicains n’ont pas réussi à se départager. Il décide de la garder. John Chigurgh, un gars qui fait flipper avec une coiffure de palymobil, est un personnage bien curieux, sorte d’électron libre, dira quelqu’un dans le film, qui recherche cette fameuse mallette, qui contient un transpondeur. Et il y a le vieil homme, ce policier qui ramasse les miettes derrière.

     Je ne pense pas qu’il y ait de grande réflexion à tirer de ce film fabuleux. Comme il n’y en avait pas dans les western spaghetti de Léone. C’est une chasse à l’homme. Avec très peu d’émotion. Il y a les grands espaces naturelles désertiques le jour. Et une ville dépeuplée la nuit. Sur les trois personnages majeurs, l’un ne parle pas beaucoup, il tente de s’en sortir. Le second joue la vie de ses rencontres à pile ou face, remplace l’arme à feu par une bombonne d’oxygène et semble tout droit sorti d’une autre planète. Le troisième, le vieil homme, constate qu’il est dépassé. Il pense que les choses ont trop changé, qu’aujourd’hui n’est plus comme avant, que l’ère est mauvaise. Un ami, en fin de film, lui dira que ce n’est que vanité de penser cela. Qu’un homme de son âge, il y a cent ans, dirait la même chose. Il se rend compte alors qu’il n’est pas que dépassé, il est vieux tout simplement.

Slumdog Millionnaire – Danny Boyle – 2009

Slum5_LDreams on fire.    

   3.5   J’ai vu mon premier Bollywood movie! Plus sérieusement, sans connaître le cinéma indien, mais vraiment que dalle de chez que dalle, Danny Boyle m’aura permis d’en saisir un peu la trame, la logique étant donné qu’il nourrit son film de lourds sentiments, de paillettes, de scènes mélodramatiques à foison et qu’il nous réserve pour le générique final une sympathique chorégraphie sur un quai de gare. L’histoire assez nunuche et réberbative est celle d’un jeune gars des Bidonvilles de Mumbai qui se retrouve – et on sera plus tard pourquoi car d’emblée c’est le comment il s’y démerde qui nous intéresse – dans l’émission « Qui veut gagner des millions? ». Aussi, l’on sait tout de suite qu’il a raflé le pactole. Le but étant de montrer à chacune des questions ce pourquoi il connait ou non la réponse. Donc, quand on lui demande le nom d’une vedette de cinéma hop un retour en arrière afin que l’on comprenne comment Jamal a connaissance du sujet. Quand c’est une question de religion c’est un évenement tragique de sa vie qui lui permet de répondre correctement. Et ainsi de suite. C’est comme ça tout le temps. Parfois pénible et prévisible.     Durant toute une partie du film c’est bien l’industrie Hollywoodienne qui prime. ça pue la thune, la mise en scène est ultra speedée, très fatiguante mais qui a au moins le mérite, comme souvent chez Boyle (The Beach, Sunshine, Trainspotting…) d’être énergique et sans temps morts. La fin c’est Bollywood à fond, enfin j’imagine. Je ne raconterai rien mais soyez-en sur, ça vaut le détour! En fin de compte, sans doute m’étais-je préparé à voir exactement ce que j’ai vu, mais ce n’est pas du tout la daube que j’en attendais. Les personnages sont tout mimis, il y aussi plein de gens pas gentils, ça flashbackise un max, mais c’est finalement très attachant. Et puis hein cette petite actrice, avec ses yeux miel, à elle seule ça vaut le coup d’oeil!

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silencio


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