Archives pour la catégorie Patrice Leconte

Viens chez moi, j’habite chez une copine – Patrice Leconte – 1981

20. Viens chez moi, j'habite chez une copine - Patrice Leconte - 1981Trop chèvre, le boulet.

   6.0   Revu ce film de Patrice Leconte avec beaucoup de plaisir. Les dialogues, écrits par Michel Blanc, sont ciselés à merveille. Et les diverses rencontres (pas mal d’acteurs du Splendid) qui jalonnent le quotidien de notre couple accompagné de leur boulet, sont les plus belles idées du film. C’est aussi un très beau document sur le Paris 80’s, certes Leconte aurait pu encore mieux le filmer, mais on prend plaisir à traverser la ville de long en large. Sur les appartements parisiens aussi, que tu pouvais habiter en étant serveuse chez Mc Do et déménageur, apparemment. Giraudeau était un putain de beau gosse là-dedans. Et Liotard y est sublime. Gros bémol que j’y vois depuis toujours, ce qui m’empêche d’aimer le film autant que d’autres comédies dans cette veine : Je ne crois pas au personnage incarné par Michel Blanc, surtout je ne crois pas que ses potes l’aient pas laissé tomber plutôt que de continuellement lui faire comprendre qu’il est un boulet, égoïste, lâche et goujat. Dans La chèvre, de Veber, ça fonctionne (Campana doit se coltiner Perrin) puisqu’il faut retrouver la petite Bens et qu’on est dans la comédie d’aventures, mais là, dans un moule aussi réaliste, ça crée un déséquilibre il me semble. Ça manque de nuance. Car autant je trouve le film hyper cohérent dans ses enchaînements, sauf ce qui touche à Michel Blanc (qui par ailleurs est absolument génial, littéralement à baffer) problème est qu’il est de quasi chaque plan. C’est la grosse limite du film à mon goût, que j’aime par ailleurs beaucoup tant il me suit (et ses moult diffusions télévisées) depuis longtemps.

Les bronzés font du ski – Patrice Leconte – 1979

16463873_10154387352102106_5996913839371342252_oVin chaud et planté de bâton.

   7.5   Difficile d’être objectif sur un film que l’on connaît à ce point par cœur mais je tiens juste à dire que toutes les situations sont drôles parce que bien écrites et même si tous les poncifs de la comédie sont réunis (sketchs, running gag, calembours…) le film respire cent fois mieux que toutes les comédies populaires éculées que l’on croise dans nos salles aujourd’hui.

     On a beau le connaître par cœur, chaque scène, chaque réplique, chaque enchaînement, on rit encore grassement, on ne voit pas le temps passer. Mais on le connaît par cœur, c’est un fait. Ce qui ne trompe pas ce sont les choses le plus anodines, un mot, un nombre, un objet. Par exemple, on sait que dans le village de montagnards, pendant la diffusion des chiffres et des lettres, le mot de 8 lettres c’est Blumaise. Tout aficionado des Bronzés sait ça. On sait aussi que Jean-Claude Dusse a la chambre 14 avant d’hériter de la 89. Que les skis de Bernard & Gilbert sont des Cut 70 au design bleu/rouge. On sait que Jérôme fait 67’22 alors qu’il pensait les piler au critérium après son 45’8 à l’entraînement. Que le refuge se trouve dans le massif de la coulée du grand bronze, que le cochon s’appelle Copain, le chien Pépette. Que la fausse adresse donnée par Bernard à Popeye c’est le 10 rue Montmartre. Qu’on voit dans le dernier plan du film la moonboot de Popeye et qu’elle est rouge. Bref des trucs parfaitement inutiles. Pourtant, j’ai découvert un truc qui ne m’avait jamais frappé avant : La crêperie de Gigi c’est « Aux trois petits pots de beurre ». Tu t’en tapes, hein ? Et bien pas moi. J’avais l’impression qu’on m’avait, jusqu’à aujourd’hui, caché ce plan.

     D’autant que ce n’est pas le seul inédit puisque pour la première fois je voyais Les bronzés font du ski au cinéma. Et bah « ça ramone les poumons, hein » franchement. La salle était quasi pleine, tout le monde semblait le connaître par cœur, on riait tous franchement. C’était cool.

     Toujours est-il qu’il est agréable de revoir notre petite bande de beaufs à Val d’Isère. Alors qu’ils sont tous un peu détestables ou ringards dans le fond. Ce qui fait qu’on les aime c’est probablement qu’ils sont tous un peu looser : Les couples sont souvent sur la brèche, curieusement assortis ou réfugiés dans la colère ; Les célibataires sont pas prêts de ne plus l’être, ils sont un peu tristes et risibles, Dusse autant que Popeye. Et le groupe est fragile et explosif sitôt qu’on le perd dans sur les hors pistes de haute montagne. Ils sont beaucoup trop simplets ou trop méchants ou les deux. Et on les aime comme ça. Médiocres. Touchants et dégueulasses. Leconte et sa bande auront réussi à trouver cet équilibre parfait. Ainsi qu’à trouver des situations géniales autant dans leur banalité (Essayage de chaussures, cours de ski), leur jonglage avec les clichés pour les transcender (Les skis qui s’affaissent, le télésiège qui ferme, la crêpe au sucre), leur glissement vers l’extraordinaire (Le refuge avec les italiens, la double dégustation chez les montagnards : Les deux meilleures séquences du film).

     Le film joue sur plusieurs registres d’humour et notamment le running-gag avec Bernard & Gilbert, qui ont les mêmes skis « Eh ouai t’as les mêmes sauf que les tiens ils sont vieux », la même caisse, se croisent au tire-fesses et sur leur parking. On se délecte des promesses de Jean-Claude auto persuadé qu’il va conclure, avec la réceptionniste de l’hôtel, une nana qu’il a renversé en ski, Anne Laurencin, Gigi & Nathalie quand il imagine que la fin est proche, au moment du départ avec Christiane. On aime Jérôme persuadé qu’il va remporter le critérium grâce à ses skis qui ont fait deuxième à Crans-Montana. On adore la blague de Marius qui fou du fil dans la fondue, le gros bâtard. On aime la délicieuse apparition de Roland Giraud ou celles du cousin de Martine, la femme de Popeye. On aime la boucle sur Madame Schmitt, le moniteur de ski, la liqueur d’échalote. 

     Et puis Les bronzés font du ski c’est forcément une palette d’expressions entrées dans mon langage courant :

 « J’t’expliquerai »
« Dusse, avec un D comme Dusse »
« La trouille sans doute ? »
« Ecoutez c’est formidable on est l’16 »
« On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher »
« Quelqu’un veut de mon Bordeaux ? »
« Je vois pas pourquoi je devrais supporter cette croûte »
« T’es mauvais, t’es mauvais »
« Dans dix minutes je nous considère comme définitivement perdu »
« J’me suis senti à l’aise »
« Ça tombe bien mon frère est gendarme »
« D’ailleurs on t’a pas reconnu »
« Lui dès fois j’te jure il a un humour pénible »
« On a fait un détour simplement parce que c’est joli »
« J’y vais mais j’ai peur »
« Vous l’faites, moi j’le fais pas »
« Comme quoi y a de belles balades dans le coin »
« Oh là là qu’est ce que c’est qu’c’travail »
« J’ai l’impression qu’il va faire beau »
« J’crois qu’j’vais dormir comme une masse »
« Et bonne chance surtout »

Bref, c’est sans fin. Un puits inépuisable.

Une heure de tranquillité – Patrice Leconte – 2014

Une heure de tranquillité - Patrice Leconte - 2014 dans Patrice Leconte uneheure01Un con et une ordure.

   2.0   Au-delà du fait que le film est assez navrant et prévisible dans ses enchaînements, c’est dingue de constater la paresse narrative qu’il charrie. Leconte n’a certes jamais été un cinéaste mais certains de ses films (Monsieur Hire ou Les bronzés, pour ratisser large) développent un climat et/ou un humour plutôt stimulant dans le paysage populaire. Ici, il ne reste plus rien. Il y a dix ans déjà, Leconte donnait suite à ses bronzés et leur offrait tout pareil en moins bien et en vieux. Ici il tente de convoquer Poiré et Veber en limitant l’action dans un appartement et en espérant que ça donnera une réussite similaire. Et le plus drôle c’est qu’il fait vraiment un mix entre Le père noël est une ordure et Le dîner de cons. Sans scrupule. Pêle mêle, on citera une séquence de panne d’ascenseur, un voisin polonais et une hystérie générale entre étages et paliers ; Un adultère, un con, un bon bordeaux et un tour de rein. Je ne parle même pas du sort réservé aux personnages secondaires, certes on n’est plus à ça près lorsqu’il s’agit d’évoquer la femme zombifiée (Carole Bouquet, fantomatique) ou le voisinage ; ça l’est un chouïa davantage lorsque Leconte tente grossièrement de faire évoluer sa comédie boulevardière vers le film social car là ça va très loin : La femme de ménage qui renifle sans cesse (jouée par Rosie De Palma) ou le maçon polonais mais en fait portugais (joué par Arnaud Henriet) ou la petite famille thaïlandaise, forcément cul cul la praline hein, qui est hébergé par le fiston, coeur altruiste de la maison. Quand avec tout ça, Leconte tente, dans une dernière pirouette ridicule de rendre touchant ce bourgeois gerbant et condescendant, on touche le fond, définitivement. En fait, avec Bon rétablissement, de Jean Becker, ils font la paire.


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