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Bébé part en vadrouille (Baby’s day out) – Patrick Read Johnson – 1994

25. Bébé part en vadrouille - Baby's day out - Patrick Read Johnson - 1994Maman, je me débarrasse des kidnappeurs.

 5.0   Difficile de parler objectivement de Bébé part en vadrouille, étant donné que j’ai plus ou moins « grandi » avec. Ce qu’on a pu se faire comme répliques avec le frangin – et encore aujourd’hui, sans savoir que ça vient de là, parfois – ça m’a fait halluciner, du style : « Si vous vous limitez à deux rôtis de porc mayonnaise par jour, peut-être que ça irait mieux, vous croyez pas ? » ou « C’est un méchant singe » ou « Et à chaque fois on est vraiment à deux doigts, hein » ou « Et si t’essayais un peu dans l’autre sens, pour voir »… Bref ça m’a rappelé de bons souvenirs, déjà. D’émouvants souvenirs, même. J’aime toujours beaucoup l’idée que le film utilise un livre pour enfant à l’intérieur de son scénario, que le film qu’on regarde se cale sur l’histoire favorite du bambin, que son périple suive celui du bébé dans son livre, dans un bus, un taxi, au zoo ou dans un immeuble en construction. Le générique sur les pages de ce bouquin j’ai trouvé ça vraiment beau, dans l’esprit de ce qu’avait fait Chérie j’ai rétréci les gosses, quelques années plus tôt, finalement.

     Il faut le voir comme un film strictement réservé aux enfants. Et en l’état il fonctionne (encore) admirablement. Déjà, il est bien fichu techniquement. On sent l’équipe d’ILM derrière les effets spéciaux, les incrustations sont parfaites : On a l’impression de voir le bébé traverser un boulevard, faire l’équilibriste sur une planche entre deux immeubles ou bien faire des câlins avec un gorille. Le gros problème, mais qui découle de la cible du film, c’est l’interprétation des kidnappeurs. Ils en font quinze tonnes. En fait, ils font comme ceux de Maman j’ai raté l’avion – Mon fils m’a très vite dit que les deux films se ressemblaient, j’étais fier, même si c’est davantage au second auquel on songe, New York, la dimension cartoon plus imposante et l’immeuble en construction final aidant – mais ils sont moins bons que David Stern & Joe Pesci. On sent que l’objectif c’est clairement de faire marrer l’enfant de sept ans – Et ça a bien fonctionné sur le mien – donc leur jeu est volontiers exagéré, leur débilité hautement prononcé.

     Certes on pourra se dire, à l’instar du film auquel il se réfère, que Bébé part en vadrouille est quasi reaganien, dans sa façon de montrer qu’à l’intérieur de ce beau tableau bourgeois rien n’entrave l’amour familial, sans compter son triomphe in-extrémis des vétérans de guerre, chez qui le bébé finit par échouer providentiellement. C’est vrai. Mais on pourrait tout aussi bien dire que c’est un peu faux, puisque si les méchants sont arrêtés à la fin ce n’est que par l’intervention improbable de ce bambin qui pousse les flics à retrouver son livre-doudou chez ses ravisseurs. Et puis d’ailleurs, le fait que le film copie un livre pour enfants vantant le mérite familial l’exonère in fine de tout message politique. C’est le livre qui est politique ou bien l’éducation que cette famille offre à son bébé, en lui lisant chaque jour ce livre, le film, lui, s’en tient à son dispositif de « bébé qui s’occupe des méchants ».

     Il est certain que moi, aujourd’hui, je suis forcément davantage touché par un film de voisinages avec petites familles modestes plutôt que par ces histoires se déroulant dans des châteaux. Car c’est aussi ce que j’aime dans le cinéma, aussi enfantin soit-il : l’ancrage dans une famille où l’argent s’avère sinon problématique très présent : Chérie j’ai rétréci les gosses, Allo maman ici bébé, Les goonies, mais aussi Kramer contre Kramer, dans un autre niveau, qui est l’un des meilleurs exemples de films familiaux prenant tout particulièrement en compte la dimension financière. Dans Bébé part en vadrouille on se dit que de toute façon la riche famille peut filer sans sourciller cinq millions de dollars de rançon aux kidnappeurs. C’est un détail, on s’en fou un peu, mais tout de même.

     Bébé part en vadrouille n’est donc qu’un produit dérivé de Maman j’ai raté l’avion. John Hugues produisait ces machins-là à la pelle, à l’époque. C’est un cinéma bien ancré dans les années 90, avec lequel j’ai grandi, donc qui m’est particulièrement cher. Le réalisateur n’est certes pas un yes man aussi efficace que le futur réalisateur de Harry Potter, néanmoins le film reste chouette, rythmé, plutôt bien équilibré.


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